Safeway, un prototype grenoblois de boîtier Bluetooth pour faciliter la distanciation sociale

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FIL INFO — Des étudiants de l’École polytechnique de Grenoble sont en train de mettre au point le prototype Safeway : un boîtier Bluetooth avec émission de signal sonore pour faciliter la distanciation sociale. Une alternative à l’application de traçage StopCovid envisagée par le gouvernement pour lutter contre la propagation du coronavirus ?

 

 

C’est un pro­to­type qui risque de ne pas plaire à tout le monde. Alors que le pro­jet d’ap­pli­ca­tion StopCovid fait d’ores et déjà polé­mique, des étu­diants de l’École poly­tech­nique de l’Université Grenoble Alpes planche sur un « boî­tier » alter­na­tif. Ou, plus pré­ci­sé­ment, un « dis­po­si­tif de dis­tan­cia­tion sociale contre le Covid ». En recherche de sou­tiens, les étu­diants ont créé une vidéo YouTube pour pré­sen­ter leur créa­tion.

 

 

Le constat dressé par les étu­diants ? Les appli­ca­tions envi­sa­gées pour lut­ter contre le coro­na­vi­rus risquent de ne pas être effi­caces. D’une part, des ques­tions tech­niques se posent pour ceux qui n’ont pas de smart­phone ou ne savent pas par­fai­te­ment s’en ser­vir. D’autre part, « la régle­men­ta­tion fran­çaise concer­nant la vie pri­vée et la réti­cence d’un cer­tain nombre de Français sur ce point risquent d’être [des] frein[s] à l’a­dop­tion d’une approche basée sur le tra­cking ».

 

 

Safeway émet un signal sonore pour préserver la distanciation sociale

 

La réponse repo­se­rait donc, selon les Grenoblois, sur un dis­po­si­tif qui écarte l’i­dée de “tra­cking”, ou tra­çage en bon fran­çais. Il pren­drait la forme d’un boî­tier Bluetooth atta­ché sur soi à l’aide d’une sangle, bap­tisé Safeway. Capable de se connec­ter aux autres boî­tiers simi­laires, mais aussi aux smart­phone équi­pés d’une appli­ca­tion anti-Covid, ce boî­tier « informe[rait] du risque de conta­mi­na­tion vis-à-vis des autres usa­gers dans sa proxi­mité immé­diate ».

 

le boîtier Safeway s'attache au bras à l'aide d'une sangle. © Safeway

Le boî­tier Safeway s’at­tache au bras à l’aide d’une sangle. © Safeway

 

Deux prin­cipes entrent en ligne de compte : le boî­tier indique, via un signal sonore, si la per­sonne à proxi­mité a elle-même croisé plus de cin­quante per­sonnes aupa­ra­vant. Mais il offre aussi la pos­si­bi­lité de se signa­ler comme por­teur du virus. Là encore, un signal sonore reten­tit si le boî­tier se trouve à moins de deux mètres d’une per­sonne décla­rée por­teuse. Soit une ver­sion 2.0 de la cré­celle du moyen-âge ?

 

Les concep­teurs insistent sur la dimen­sion volon­taire du pro­to­type Safeway : une per­sonne posi­tive au coro­na­vi­rus peut choi­sir ou non de se signa­ler comme telle. De plus, le dis­po­si­tif ne pré­voit pas de tra­çage, et ne se connecte à aucun ser­veur : toutes les infor­ma­tions col­lec­tées sont conser­vées dans le boî­tier. Reste à savoir si le concept d’un appa­reil Bluetooth accro­ché à son bras sau­rait vrai­ment séduire les réfrac­taires à une appli­ca­tion de tra­çage sur smart­phone.

 

Florent Mathieu

 

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Commentaires 2
  1. Si les objets connec­tés en matière de santé et sécu­rité au tra­vail recèlent de nom­breuses poten­tia­li­tés oppor­tunes, ils engendrent aussi des risques nou­veaux plus dif­fi­ciles à appré­hen­der dont la ges­tion est com­plexe et encore incer­taine, car cer­tains sont liés aux fac­teurs humains et à l’analyse com­por­te­men­tale : La fuite de don­nées per­son­nelles et leur exploi­ta­tion abu­sive sus­cite des craintes, mais le déve­lop­pe­ment des objets connec­tés sou­lève aussi de nom­breuses ques­tions rela­tives aux fac­teurs psy­cho­lo­giques d’acceptabilité : crainte d’intrusion dans la vie per­son­nelle et d’atteinte à la vie pri­vée, inquié­tude sur la sur­veillance constante et minu­tieuse de la pré­sence : http://www.officiel-prevention.com/sante-hygiene-medecine-du-travail-sst/appareils-de-mesure/detail_dossier_CHSCT.php?rub=37&ssrub=152&dossid=576

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  2. Peut être faut il leur expli­quer que un smart­phone dis­pose d’un blue­tooth et d’un haut par­leur : donc pas besoin de réin­ven­ter la roue ?

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