Un 1er mai à Grenoble : plusieurs arrestations et verbalisations de manifestants

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REPORTAGE VIDÉO – Ce 1er mai 2020, jour de la fête du Travail, n’a décidément ressemblé à aucun autre. Toute manifestation étant interdite en raison des règles de confinement, les syndicats appelaient les Français à « manifester aux balcons » et sur les réseaux sociaux. Ce qui n’a pas empêché certains de perpétuer la tradition syndicale en organisant de modestes rassemblements à Grenoble.

 

 

Une banderole accrochée à des fenêtre ce 1er mai 2020. © Anissa Duport-Levanti

Une ban­de­role accro­chée à des fenêtre ce 1er mai 2020. © Anissa Duport-Levanti – Place Gre’net

Un 1er mai sans mani­fes­ta­tion ni qua­si­ment de brins de muguet au coin des rues… De mémoire de Grenoblois, cela ne s’é­tait jamais vu. Confinement oblige, tout ras­sem­ble­ment était en effet inter­dit au nom de la lutte contre le virus Covid-19, à Grenoble comme par­tout ailleurs.

 

Dans ce contexte inédit, syn­di­cats et par­tis poli­tiques ont dû chan­ger leur fusil d’é­paule. Certains appe­laient ainsi leurs mili­tants à une mobi­li­sa­tion en ligne et aux bal­cons « pour rendre leur colère visible ». Mais, vu la dis­per­sion des ini­tia­tives, dif­fi­cile d’é­va­luer si les citoyens ont mas­si­ve­ment suivi le mou­ve­ment. Une chose est sûre, en l’ab­sence de tout cor­tège, le tra­di­tion­nel conflit de comp­tage des mani­fes­tants entre syn­di­cats et auto­ri­tés n’a pas eu lieu !

 

 

Faute de manifestation, les syndicats ont investi les réseaux sociaux

 

En Isère, les syn­di­cats ont investi les réseaux sociaux pour dif­fu­ser en direct un dis­cours inter­syn­di­cal à plu­sieurs voix ou leurs propres vidéos, comme la CGT et Solidaires. Parmi les mots d’ordre ? « Plus jamais ça ! Construisons ensemble un jour d’après démo­cra­tique, éco­lo­gique, fémi­niste et social. »

 

Sur la page Facebook 1er mai aux fenêtres en Isère ! #PourLeJourDapres

Sur la page Facebook 1er mai aux fenêtres en Isère ! #PourLeJourDapres

 

Le fameux « jour d’a­près »… ou plu­tôt tous ceux qui vont suivre la fin du confi­ne­ment. C’est bien ce qu’en­vi­sa­geait l’é­vé­ne­ment Facebook. Celui-ci pro­po­sait notam­ment aux mani­fes­tants vir­tuels de signer une péti­tion en ligne. L’objectif ? Demander au gou­ver­ne­ment de prendre des « mesures de rup­ture » et d’en­ga­ger des poli­tiques publiques « pour ne plus jamais revivre ça ».

 

 

Plusieurs gardes à vue pour « organisation de manifestation illicite »

 

Certains ont tout de même tenu à per­pé­tuer la tra­di­tion syn­di­cale en orga­ni­sant de modestes ras­sem­ble­ments en dif­fé­rents lieux de Grenoble. Ainsi, quelques dizaines de mili­tants de Sud, Solidaires et de la CNT accom­pa­gnés de gilets jaunes et de sym­pa­thi­sants se sont-ils regrou­pés sur les places Saint-Bruno et de la Cimaise, quar­tier Saint-Laurent.

 

Rassemblement lors du 1er mai quartier Saint-Laurent. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Une ban­de­role d’un ras­sem­ble­ment, 1er mai 2020, quar­tier Saint-Laurent. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Le tout en res­pec­tant au mieux les consignes de dis­tan­cia­tion sociale, tou­jours en vigueur en ce ven­dredi 1er mai.

 

« Nous ne confi­ne­rons pas notre colère », aver­tis­sait quelques affiches du Mouvement du jour d’a­près qui avaient fleuri la veille sur quelques murs de la ville.

 

Des regrou­pe­ments qui ont tourné court. Les poli­ciers, inter­ve­nus en nombre, ont en effet placé trois mili­tants en garde à vue pour « orga­ni­sa­tion de mani­fes­ta­tion illi­cite ». Et plu­sieurs par­ti­ci­pants ont écopé d’une amende de 135 euros « pour non-res­pect du confi­ne­ment ». Retour en images sur quelques séquences de ce drôle de 1er mai à Grenoble.

 

 

 

En fin de jour­née, Éric Vaillant, pro­cu­reur de la République de Grenoble, a tou­te­fois annoncé la levée des gardes à vue. « [les mani­fes­tants] ont fait l’ob­jet d’une ver­ba­li­sa­tion à 135 euros pour non-res­pect du confi­ne­ment et d’un rap­pel à la loi », a indi­qué le pro­cu­reur. Idem pour l’é­pouse d’un des orga­ni­sa­teurs qui, elle, « a été enten­due hors garde à vue », a‑t-il pré­cisé.

 

 

La CNT va contester ces amendes, jugées abusives

 

Manifestation du 1er mai 2015 à Grenoble. Un manifestant tient un drapeau noir et rouge du syndicat CNT. © Ludovic Chataing - placegrenet.fr

Manifestation du 1er mai 2015 à Grenoble. Drapeau noir et rouge du syn­di­cat CNT. © Ludovic Chataing – placegrenet.fr

Les syn­di­cats de l’union dépar­te­men­tale 38 de la CNT s’insurgent, pour leur part, « contre les inti­mi­da­tions, les arres­ta­tions et les ver­ba­li­sa­tions dont les tra­vailleuses et tra­vailleurs ont été vic­times ce pre­mier mai à Grenoble. Des dizaines d’amendes et des arres­ta­tions contre des mili­tant-e‑s qui n’enfreignaient aucune règle de dis­tan­cia­tion phy­sique, c’est une atteinte arbi­traire aux liber­tés fon­da­men­tales […], jugent-ils dans un com­mu­ni­qué, publié ce samedi 2 mai.

 

Ils font d’ailleurs savoir qu’ils contes­te­ront ces amendes, jugées abu­sives, et seront soli­daires « sur le plan poli­tique et finan­cier » des per­sonnes inquié­tées et ver­ba­li­sées.

 

« […] comme syn­di­ca­listes nous ne pou­vons sup­por­ter qu’une loi “d’état d’urgence sani­taire” prenne le pré­texte d’une pan­dé­mie pour atta­quer les droits des sala­rié-e‑s et nos liber­tés poli­tiques fon­da­men­tales. »

 

Et d’en­fon­cer le clou : « Le pou­voir poli­tique pré­tend pro­té­ger la popu­la­tion en inter­di­sant la mani­fes­ta­tion d’opinion dans la rue, tout en ouvrant les écoles contre l’avis des orga­nismes sani­taires offi­ciels pour pous­ser la popu­la­tion à reprendre le tra­vail par tous les moyens, y com­pris quand les condi­tions de tra­vail sont objec­ti­ve­ment dan­ge­reuses. »

 

Joël Kermabon

 

Grenoble Finaliste pour le concours de Capitale Verte
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Commentaires 2
  1. Toujours la même tech­nique :
    1) pro­vo­quer y com­pris en vio­la­tion des lois
    2) dénon­cer la répres­sion poli­cière
    Au fait, la CNT, c’est pas le truc d’un cer­tain Antoine Back tout le temps aux côtés du maire sor­tant ?
    http://www.ainfos.ca/01/jun/ainfos00093.html
    Bon, peut-être, faut pas for­cé­ment croire ce qui disent les sites anar­chistes.

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  2. Ah, les gau­chistes ! Toutes les pré­textes sont bonnes pour glan­der. La gauche et le Travail sont incom­pa­tibles

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