Tensions dans les quartiers sensibles de Grenoble et Échirolles, mais le business continue

sep article



 

DÉCRYPTAGE – À Grenoble et Échirolles, la tension est montée d’un cran ces derniers jours après que des policiers ont été pris à partie. Dans quelques quartiers sensibles de l’agglomération grenobloise, le confinement et les contrôles des forces de l’ordre viennent troubler les petites affaires des trafiquants. Sans vraiment les désorganiser.

 

 

Tensions dans les quartiers sensibles de Grenoble et Échirolles, mais le business continue.Opération de nuit d'une patrouille de police (illustration). © Joël Kermabon - Place Gre'net

Opération de nuit d’une patrouille de police (photo d’illus­tra­tion). © Joël Kermabon – Place Gre’net

Cinquième semaine de confi­ne­ment. La ten­sion monte dans plu­sieurs quar­tiers de l’ag­glo­mé­ra­tion gre­no­bloise. À Échirolles, puis dans le quar­tier Mistral à Grenoble, les forces de l’ordre ont tour à tour été prises à par­tie ces der­niers jours.

 

Lundi 20 avril, c’est une patrouille de la bri­gade anti-cri­mi­na­lité (Bac) qui essuyait des jets de pro­jec­tiles ave­nue Kimberley à Échirolles. Un jeune homme était fina­le­ment inter­pellé et un poli­cier légè­re­ment blessé. Mais le ton est vite monté dans cette com­mune de la cein­ture rouge gre­no­bloise. Tirs de mor­tiers et feux de pou­belle ont émaillé la soi­rée, assor­tis de regrou­pe­ments de plu­sieurs per­sonnes sur la voie publique. En plein confi­ne­ment donc.

 

Le len­de­main, rebe­lote mais à Grenoble cette fois, à Mistral, un des quar­tiers sen­sibles de la ville. Après avoir été atta­qués par des jets de pro­jec­tiles et des tirs de mor­tiers, les poli­ciers étaient tenus à dis­tance. Une bar­ri­cade éri­gée en tra­vers de l’avenue Rhin et Danube blo­quait les véhi­cules de police.

 

 

Le trafic de stupéfiants s’est réorganisé dans les quartiers depuis le confinement

 

Pendant le confi­ne­ment, les petites affaires conti­nuent donc. À peine moins qu’a­vant. Si la fer­me­ture des fron­tières, notam­ment avec l’Espagne ou les Pays-Bas, a conduit à une baisse de l’ap­pro­vi­sion­ne­ment en stu­pé­fiants, le tra­fic de drogue s’est ré-orga­nisé avec la crise sani­taire.

 

« Le tra­fic de stu­pé­fiants a été dans un pre­mier temps, comme la délin­quance clas­sique, for­te­ment désta­bi­lisé mais il n’a pas dis­paru », recon­naît ainsi Fabienne Lewandowski, la nou­velle direc­trice dépar­te­men­tale de la Sécurité publique de l’Isère. Désormais, ven­deurs comme clients portent masques et gants. Et les dea­lers ont mis en place une sur­veillance accrue.

 

Tensions dans les quartiers sensibles de Grenoble et Échirolles, mais le business continue.Les usagers doivent montrer leur attestation aux forces de l'ordre. © Joël Kermabon - Place Gre'net

La police a prio­risé ses mis­sions, fermé ses bureaux et cen­tra­lisé ses effec­tifs sur le contrôle du confi­ne­ment sur la voie publique. © Joël Kermabon – Place Gre’net

 

C’est aussi ce qu’a constaté Claude Jacquier autour de la place Edmond Arnaud. En plein centre-ville de Grenoble et… à deux pas de l’Hôtel de police. « Les dea­lers conti­nuent leur tra­fic sans être sanc­tion­nés », observe le direc­teur de l’Observatoire sur les dis­cri­mi­na­tions et les ter­ri­toires inter­cul­tu­rels (ODTI). Lui dit voir arri­ver de nou­veaux visages. Là, les « étu­diants » ont laissé la place à des pro­fils plus âgés. « Le Covid vient ralen­tir le tra­fic plus que les inter­pel­la­tions », estime-t-il.

 

 

Stupéfiants : moins de produits et de clients mais moins de contrôles

 

[…]
La suite du contenu est réservé aux abon­nés

Connectez vous…

Veuillez vous connec­ter pour accé­der à cette page.
S’inscrire

 

…ou choi­sis­sez votre abon­ne­ment ci-des­sous !

Pays Voironnais, un jour, une activité
commentez lire les commentaires
11389 visites | 3 réactions
logos commentaires logos commentaires

Commentez ou réagissez

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais, après modération.

Commentaires 3
  1. Tout ça n’exis­tera plus dans le monde d’a­près du maire sor­tant, grâce au « bouillon­ne­ment » dont va « émer­ger une nou­velle mytho­lo­gie col­lec­tive ». D’ailleurs, je le vois déjà en « décon­fi­nant mon ima­gi­naire » (plus besoin de fumer du shit).

    sep article
  2. Bonjour
    Dans le lan­gage des medias nous appe­lons ça un mar­ron­nier. .…..
    Vous savez il est tres dif­fi­cile de par­ler consciem­ment de ce sujet si nous n’en avons pas une image d’en­semble.
    L’exemple mal­heu­reu­se­ment vient d’en haut et connais­sant bien ces gens (d’en haut)la situa­tion ne risque pas de s’a­mé­lio­rer.
    Apres la crise du covid-19 il ne res­tera plus les moyens finan­ciers pour payer la paix sociale. .…
    Il y a eu des elec­tions récem­ment qui se ter­mi­ne­ront peut etre un jour.….allez donc voir ceux qui font habi­tuel­le­ment la une des medias ils nous expli­que­ront les solu­tions qu’ils pensent mettre en place.…

    http://www.communique-de-presse-gratuit.com/allonsquartiers/147139-grenoble-allons-quartiers-grenoble-villeneuv.html

    Vous savez j’ai vecu dans plu­sieurs quar­tiers de Grenoble et de son agglomération,je me suis pré­senté a trois reprises en mon non propre et sur­tout avec mes propres moyens finan­ciers ‚a des élec­tions et je peux vous cer­ti­fier que les dea­lers de vote son plus dan­ge­reux et beau­coup plus nefastes pour notre societe que toute cette éco­no­mie sou­ter­raine. .…Et je peux aussi vous dire que les consom­ma­teurs sont cela même qui pointe du doigt les quartiers.L’aurait-on oublié ?
    De plus il faut les voir deux semaines avant les élec­tions pro­mettrent monts et merveilles,faire la danse du ventre et dis­tri­buer en avance les sub­ven­tions qui leur assu­re­ront la paix pen­dant toute la durée du man­dat.…

    En atten­dant lais­sons le couple médias poli­tiques nous conter une ber­ceuse.…..

    BENYOUB.A

    sep article
  3. « Les dea­lers conti­nuent leur tra­fic sans être sanc­tion­nés » – pas éton­nant, c’é­tait la poli­tique des pas­tèques dès leur élec­tion

    sep article