Les travaux de rénovation des arrêts de bus et tramways débutent, sur fond d’entente cordiale entre le SMTC et JCDecaux

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FOCUS — Le début des travaux de rénovation des arrêts de bus et de tramways de l’agglomération grenobloise est l’occasion pour le SMTC et l’entreprise JCDecaux d’afficher une entente cordiale. Loin des désaccords sur la place de la publicité en ville, les deux entités insistent sur les concessions faites de part et d’autre, au terme de « discussions franches » dans le cadre d’un programme d’investissement de 11 millions d’euros.

 

 

Entre le SMTC et JCDecaux, l’en­tente cor­diale ? D’un côté, un pré­sident du Syndicat mixte des trans­ports en com­mun, Yann Mongaburu, plu­tôt réservé sur la place de la publi­cité. De l’autre, une entre­prise spé­cia­li­sée dans le mobi­lier urbain, et la publi­cité qui va avec. À l’oc­ca­sion de la pré­sen­ta­tion com­mune des tra­vaux sur les lignes de bus et de tram­ways de l’ag­glo­mé­ra­tion gre­no­bloise, les deux par­te­naires tiennent pour­tant à mettre en avant ce qui les rap­proche… plus que ce qui les divise.

 

Une première étape de désossage, de ponçage et de peinture pour les abris de l'arrêt de tram Victor-Hugo © Florent Mathieu - Place Gre'net

Une pre­mière étape de désos­sage, de pon­çage et de pein­ture pour les abris de l’ar­rêt de tram Victor-Hugo. © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

JCDecaux a en effet rem­porté le mar­ché de main­te­nance et d’ex­ploi­ta­tion du mobi­lier de mobi­lité de l’ag­glo­mé­ra­tion, avec réno­va­tion de l’en­semble des abris à la clé. Guère de sus­pens, puisque la société était la seule can­di­date. Mais Yann Mongaburu n’en évoque pas moins des « dis­cus­sions franches » : « C’était l’ob­jet de la pro­cé­dure : une haute exi­gence sur la défi­ni­tion du besoin ». La moindre des choses sans doute pour un inves­tis­se­ment de 11 mil­lions d’eu­ros.

 

 

Des arrêts moins énergivores

 

Les conces­sions ? « Nous avons pu démon­trer la per­ti­nence de notre modèle éco­no­mique », explique le repré­sen­tant de JCDecaux. Autrement dit, la néces­sité pour l’en­tre­prise de conser­ver un cer­tain nombre de pan­neaux publi­ci­taires. Pour autant, 324 cadres seront « dépo­sés », notam­ment à proxi­mité des crèches ou des éta­blis­se­ments sco­laires. Et la société réser­vera 50 % des espaces à la pro­mo­tion des entre­pre­neurs locaux.

 

Yann Mongaburu et Pascal Chopin © Florent Mathieu - Place Gre'net

Yann Mongaburu et Pascal Chopin © Florent Mathieu – Place Gre’net

Concessions tou­jours, mais du côté de JCDecaux cette fois : le bois fera son appa­ri­tion sur les nou­veaux abris des arrêts. « Installer du bois sur du mobi­lier urbain, ce n’est pas dans notre nature », recon­naît Pascal Chopin… qui ne semble tou­jours pas convaincu par la déci­sion. Là où Yann Mongaburu sou­ligne que le bois assure un meilleur confort ther­mique pour les usa­gers, Pascal Chopin rap­pelle ainsi que ce maté­riau tend à beau­coup “souf­frir” en ville.

 

Autres nou­veau­tés sur les futurs abris : des bornes d’in­for­ma­tion voya­geurs pour chaque arrêt de tram­way et de ligne Chronobus, et des écrans d’in­for­ma­tion en temps réel sur ceux des lignes Proximo. Ou encore une nou­velle signa­lé­tique mul­ti­mo­dale pour infor­mer les usa­gers des autres arrêts à proxi­mité, des par­kings, ser­vices de vélo et autres. Sans oublier, cerise sur le gâteau hi-tech, des ports USB pour per­mettre de rechar­ger télé­phones ou tablettes.

 

Les abris concernés par les travaux sont occultés et placés derrière des barrières de protection © Florent Mathieu - Place Gre'net

Les abris concer­nés par les tra­vaux sont occul­tés et pla­cés der­rière des bar­rières de pro­tec­tion. © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

Et le pré­sident du SMTC comme le direc­teur régio­nal JCDecaux de van­ter encore une réduc­tion de 69 % de la consom­ma­tion éner­gé­tique des arrêts, et le recours aux “éner­gies vertes”. Même si l’i­dée évo­quée d’ins­tal­ler des pan­neaux solaires sur les toits s’est révé­lée tech­ni­que­ment peu satis­fai­sante au cours des dis­cus­sions. Autre nou­veauté : les arrêts seront éteints la nuit dans les com­munes qui le sou­haitent. Ce sera le cas ainsi à Fontaine… mais pas à Grenoble.

 

 

Une « griffe particulière » pour les sites remarquables

 

Le déroulé des tra­vaux ? Le SMTC et JCDecaux ont choisi de réno­ver plu­tôt que de recons­truire. Dans un pre­mier temps, les dif­fé­rents abris sont donc désos­sés avant d’être pon­cés puis repeints. Une pre­mière phase qui a débuté au mois d’août sur le cam­pus, et se pour­suit sur les arrêts Victor-Hugo de Grenoble. « C’est la phase la plus longue, puis les mobi­liers et nou­veaux maté­riaux inter­vien­dront pro­gres­si­ve­ment au mois d’oc­tobre », détaille Yann Mongaburu.

 

Les arrêts de bus Victor-Hugo sont également concernés par les travaux. © Florent Mathieu - Place Gre'net

Les arrêts de bus Victor-Hugo sont éga­le­ment concer­nés par les tra­vaux. © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

Si cette pre­mière phase de tra­vaux est la plus lourde, l’ob­jec­tif est bien de limi­ter le plus pos­sible l’im­pact pour les usa­gers. À quelques excep­tions près, aucune sta­tion ne devrait subir de fer­me­ture du fait des tra­vaux. Ainsi, sur les quais du tram Victor-Hugo, deux équipes tra­vaillent de concert sur deux abris dif­fé­rents, der­rière des bar­rières de pro­tec­tion. Pendant que les autres arrêts demeurent nor­ma­le­ment acces­sibles et uti­li­sables.

 

Il fau­dra comp­ter envi­ron un an pour venir à bout des 1 070 abris concer­nés, estime Pascal Chopin. Avec, au final, la volonté de redo­rer l’es­thé­tique des arrêts et même, dans cer­tains cas, de les sin­gu­la­ri­ser. « Nous avons prévu qu’il y ait cinq sites remar­quables avec une griffe par­ti­cu­lière, un aspect patri­mo­nial pour les inté­grer for­te­ment dans la ville et l’his­toire du ter­ri­toire », confie Yann Mongaburu. Ce sera notam­ment le cas de l’ar­rêt Victor-Hugo mais les autres sites concer­nés – art du tea­sing oblige – ne seront dévoi­lés que dans quelques semaines.

 

Florent Mathieu

 

Aides aux commerçants
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Commentaires 6
  1. Alors la je ne com­prends plus la poli­tique qui consis­tait à enle­ver les affi­chages publi­ci­taires de toute nature que se soit dans la ville ???qui plus est un appel d’offre de 11 mil­lions d’eu­ros comme seul pres­ta­taire jc Decaux ? Pour une éco­no­mie éner­gé­tique de 69% et le pro­lon­ge­ment( sur­tout ) du contrat d’en­tre­tien jus­qu’en 2031.….

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  2. a juger des pre­mières réac­tions des gau­chistes offus­qués, ils en ont pris pleine la gueule 🙂
    Et ça ne sera que le début ! Je com­mence à appré­cier Macron : la pri­va­ti­sa­tion des aéro­ports, suivi par celui du SNCF, le déman­tè­le­ment du sys­tème socia­liste dans l’education , dans la santé etc. Que des bonnes nou­velles !

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  3. SMTC, crée en 1973,
    Le tram­way, pre­mier du nom, décidé en 1983, sous la muni­ci­pa­lité de ce salle com­mu­niste d’Alain Carignon.
    Cet anar­cho-trots­kyste de Carignon était contre, mais les gre­no­blois ont voté pour au réfé­ren­dum muni­ci­pal.
    Très loin d’être socia­liste, mais néan­moins : Mitterand, ce n’est pas aussi (sur­tout) le tour­nant de la rigueur en 83 ?
    Le ser­vice public fran­çais, ce n’est pas plu­tôt le Conseil de la Résistance en 45 ?

    En 2019, bien dif­fi­cile d’affirmer que la majo­rité des habi­tants de l’agglo (voire de France?) soit pour la pri­va­ti­sa­tion du mar­ché des trans­ports en com­mun.

    En somme, Amigo, vous me fait beau­coup pen­ser aux syn­di­ca­listes éner­vés et ener­vants que je croise sur mon lieu de tra­vail : vous êtes bruyants, vous par­ler au nom de tous, mais vous ne repré­sen­tez que vous-même. Et le passé.

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  4. Oui, très bonne idée, impo­sons la concur­rence libre dans le domaine des trans­ports en com­muns. Et puis aussi les écoles, les col­lèges, les lycées, les hôpi­taux, l’oxygène.
    Bah oui, la libre concur­rence pro­duit des effets per­vers ? Mettons plus de concur­rence pour régler le pro­blème.

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  5. La même exis­tence du SMTC est un affront à la logique éco­no­mique, un ata­visme de la société gau­chiste grif­fée en France par F Mitterand. Il faut cas­ser le mono­pole du SMTC et intro­duire une vraie concur­rence entre les socié­tés pri­vées

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    • Et dans cette même logique de libé­ra­lisme :
      – pri­va­ti­sons l’u­sage des routes actuel­le­ment gra­tuites avec une taxe en fonc­tion du poids des véhi­cules, de leur vitesse maxi­male, de leur sur­face au sol et volume et de leurs rejets pol­luants,
      – ren­dons payant le sta­tion­ne­ment gra­tuit sur voi­rie,
      – impo­sons le paie­ment des par­kings des centres com­mer­ciaux et des entre­prises,
      – taxons le tra­fic de tran­sit dans les villes avec men­tion spé­ciale pour ceux/celles qui ont des véhi­cules type 4×4 ou SUV inada­pa­tés à ce type de tra­jet.
      Oui, vive la vraie concur­rence entre les modes de dépla­ce­ments !
      Qu’est-ce qu’on se marre avec Amigo quand on déroule ses idées jus­qu’au bout sans s’ar­rê­ter bête­ment au milieu !

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