Avant de faire peau neuve, le synchrotron de Grenoble célèbre ses trente ans

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EN BREF – Ce mardi 27 novembre 2018, l’ESRF, le synchrotron européen de Grenoble a fêté ses trente ans de services au bénéfice de l’excellence scientifique. C’était aussi l’occasion d’annoncer officiellement devant les représentants de ses 22 pays partenaires, la modernisation de l’ESRF qui, grâce à l’installation d’une nouvelle source de lumière extrêmement brillante, deviendra en 2020, le premier synchrotron européen de 4génération à haute-énergie.

 

 

« L’ESRF est l’installation où nous avons col­lecté nos meilleures don­nées. C’est là que nous avons réa­lisé notre science », a déclaré la bio­lo­giste molé­cu­laire israé­lienne Ada Yonath, lau­réate du prix Nobel de chi­mie en 2009, lors de la célé­bra­tion des trente ans de l’ESRF, le syn­chro­tron euro­péen de Grenoble, ce 27 novembre 2018. Une céré­mo­nie qui s’est dérou­lée en pré­sence des repré­sen­tants des 22 pays par­te­naires de l’instrument élec­tro­ma­gné­tique gre­no­blois.

 

Cérémonie des trente ans du synchrotron grenoblois. © ESRF

Cérémonie des trente ans du syn­chro­tron gre­no­blois. © ESRF

 

Un constat autant qu’une recon­nais­sance sur les­quels Francesco Sette, le direc­teur géné­ral de l’ESRF, ne manque pas de rebon­dir. « L’ESRF est un bel exemple de ce qui peut être réa­lisé lorsque des per­sonnes de natio­na­li­tés et de cultures dif­fé­rentes se ras­semblent pour pour­suivre un objec­tif com­mun : repous­ser les fron­tières de la science », a‑t-il ainsi déclaré.

 

 

« Toutes mes félicitations pour trente années de succès »

 

Quant à Carlos Moedas, le com­mis­saire euro­péen chargé de la recherche, de la science et de l’in­no­va­tion, il ne tarit pas d’éloges au sujet du syn­chro­tron gre­no­blois dans une vidéo spé­cia­le­ment réa­li­sée pour son anni­ver­saire. « Trois choses me rendent incroya­ble­ment fier que l’Europe héberge l’installation euro­péenne de rayon­ne­ment syn­chro­tron. Premièrement, vous êtes un modèle d’excellence scien­ti­fique. Deuxièmement, vous êtes un moteur de la col­la­bo­ra­tion scien­ti­fique inter­na­tio­nale. Et troi­siè­me­ment, vous avez créé un centre inter­dis­ci­pli­naire où des scien­ti­fiques de toutes dis­ci­plines se réunissent pour échan­ger leurs connais­sances », s’enthousiasme-t-il.

 

L'European Synchrotron Radiation Facility, en abrégé ESRF situé sur la presqu'île scientifique. © ESRF

L’European Synchrotron Radiation Facility (ESRF) situé sur la pres­qu’île scien­ti­fique gre­no­bloise. © ESRF

 

Avant de rap­pe­ler ce qui est à son sens le plus impor­tant : « Mais sur­tout, vous ren­dez visible l’in­vi­sible », sou­ligne ainsi Carlos Moedas, non sans une cer­taine admi­ra­tion. Tant et si bien que l’accélérateur de par­ti­cules de 844 mètres de cir­con­fé­rence qui per­met d’ex­plo­rer la matière et le vivant à l’é­chelle de l’a­tome a été « un élé­ment essen­tiel de nos tra­vaux sur la struc­ture du ribo­some », pré­cise Sir Venki Ramakrishnan, prix Nobel de chi­mie en 2009 et pré­sident de la Royal Society, lui aussi dans un témoi­gnage vidéo.

 

 

Une production scientifique de 32 000 publications

 

La force de cette grande ins­tal­la­tion de recherche inter­na­tio­nale ? Elle per­met de réa­li­ser des pro­jets qui ne seraient pas pos­sibles à l’échelle d’un seul pays. « Grâce à son modèle de gou­ver­nance, l’ESRF a réuni des scien­ti­fiques de haut niveau de dif­fé­rents pays, sus­ci­tant par là-même de nom­breuses idées nova­trices », insiste ainsi le direc­teur géné­ral de l’ESRF pour expli­quer le suc­cès du grand ins­tru­ment.

 

Et de rap­pe­ler qu’« en signant la Convention en 1988, les pères fon­da­teurs de l’ESRF ont éta­bli un modèle fort de col­la­bo­ra­tion inter­na­tio­nale basée sur l’excellence scien­ti­fique ». En tout, ce sont ainsi onze pays euro­péens qui ont uni leurs forces pour créer en 1988 la pre­mière source euro­péenne de lumière syn­chro­tron de troi­sième géné­ra­tion à Grenoble.

 

Un tram aux couleurs de l'ESRF pour ses trente ans circule dans Grenoble. © ESRF

Un tram aux cou­leurs de l’ESRF pour ses trente ans. © ESRF

Les résul­tats ne se sont d’ailleurs pas fait attendre. Depuis trente ans, l’ESRF qui accu­mule les records en matière de brillance et de sta­bi­lité de ses fais­ceaux de rayons X, a per­mis d’engranger une pro­duc­tion scien­ti­fique consi­dé­rable de plus de 32 000 publi­ca­tions. Au rythme non moins sou­tenu d’environ 2 000 articles par an sur les dix der­nières années. Ce qui en matière de col­la­bo­ra­tion se tra­duit par 10 000 visites scien­ti­fiques annuelles avec des uti­li­sa­teurs ori­gi­naires d’une cin­quan­taine de pays.

 

En outre, l’ESRF ne cache pas sa fierté de comp­ter au sein de sa com­mu­nauté quatre lau­réats du pres­ti­gieux prix Nobel.

 

 

« L’EBS va permettre d’explorer de nouveaux domaines de recherche »

 

Audace et ambi­tion pour l’avenir sonnent comme un leit­mo­tiv pour le grand ins­tru­ment. « Ouvrir de nou­velles pos­si­bi­li­tés pour la science des rayons X est au cœur de la mis­sion de l’ESRF », réaf­firme Francesco Sette. Ainsi l’ESRF annonce-t-il enta­mer une nou­velle phase pour conti­nuer à rele­ver les défis scien­ti­fiques com­plexes aux­quels nos socié­tés sont confron­tées.

 

L'European Synchrotron Radiation Facility, en abrégé ESRF situé sur la presqu'île scientifique. © ESRF

L’European Synchrotron Radiation Facility, en abrégé ESRF, situé sur la pres­qu’île scien­ti­fique. © ESRF

 

Quid de cette nou­velle étape ? Le 10 décembre, soit trente ans après la créa­tion du syn­chro­tron gre­no­blois, la lumière brillante de l’ins­tal­la­tion sera mise en pause pen­dant vingt mois. Le temps néces­saire pour faire peau neuve et trans­for­mer l’instrument en pre­mier syn­chro­tron euro­péen de 4e géné­ra­tion à haute-éner­gie. « Un défi tech­no­lo­gique, humain et scien­ti­fique », pré­cise le direc­teur, qui néces­site le déman­tè­le­ment de l’anneau de sto­ckage. L’objectif ? Laisser place en 2020 à la nou­velle source de lumière extrê­me­ment brillante nom­mée l’EBS pour « Extremely Brilliant Source ».

 

« Avec des per­for­mances mul­ti­pliées par 100, EBS per­met­tra aux scien­ti­fiques d’examiner des maté­riaux com­plexes au niveau ato­mique, avec plus de pré­ci­sions et avec une meilleure qua­lité et rapi­dité d’analyse qu’aujourd’hui. EBS va per­mettre d’explorer de nou­veaux domaines de recherche, de déve­lop­per de nou­velles appli­ca­tions scien­ti­fiques, inima­gi­nables il y a encore quelques années », nous pro­met-on.

 

Véronique Magnin

 

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