Le journaliste Christophe Revil devient maire de Claix… et garde l’antenne à TéléGrenoble

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FIL INFO – À Claix, Michel Octru laisse son fauteuil de maire à son 3e adjoint Christophe Revil. Lequel conserve son fauteuil de présentateur vedette à TéléGrenoble. Potentiel conflit d’intérêts ? Un peu plus, un peu moins ? Le journaliste politique est, depuis 2011, à la tête d’une entreprise individuelle de conseil et de communication, laquelle a notamment travaillé pour plusieurs acteurs privés et publics, dont la Ville de Grenoble…

 

 

Christophe Revil a été élu maire de Claix. Mais reste aussi journaliste politique de TéléGrenoble, la chaîne de télé subventionnée par les collectivités...Les conventions liant la ville de la Grenoble et la Métro à Télégrenoble font l'objet de recours devant le tribunal administratif mais également de la saisine du conseil supérieur de l'audiovisuel (capture d'écran).

Le présentateur vedette de TéléGrenoble a été élu maire de Claix jeudi (capture d’écran).

À Claix, comme il s’y était engagé, Michel Octru, 71 ans, a cédé son fauteuil de maire. Jeudi, celui qui a aura ceint l’écharpe de premier magistrat pendant près de trente ans a passé le flambeau à Christophe Revil, son troisième adjoint.

 

Rien que de très ordinaire ? Pas tout à fait. Car Christophe Revil, élu par 21 voix sur 29 (avec 8 votes blancs dont 7 du groupe d’opposition) apprend-on dans Le Dauphiné libéré, est aussi l’animateur vedette de TéléGrenoble, la chaîne de télévision locale. Et accessoirement le journaliste politique de la chaîne. C’est lui qui reçoit et interviewe les hommes politiques de la cuvette, et donc potentiellement de… Claix.

 

Demain, Christophe Revil interviewera-t-il Revil Christophe ? Le potentiel conflit d’intérêts, qui a un temps agité la rédaction, n’a visiblement pas abouti à remettre en question la place du journaliste-maire aux manettes du Recapinfo.

 

 

Maire, journaliste et à la tête d’une société de communication qui conseille les collectivités

 

C’est en tout cas la réponse que Thibault Leduc, le rédacteur en chef, nous avait fait en septembre dernier lorsque TéléGrenoble s’était retrouvée sous les feux des projecteurs suite aux conventions passées avec la Métropole et la Ville de Grenoble.

 

C’est aussi la réponse qu’il a faite sur Twitter, interrogé quant à la capacité de Christophe Revil à interroger des élus « de manière objective quand ils financent par leur subvention une bonne partie du salaire du dit journaliste ». Une question posée par Gilles Toureng, fondateur du cabinet CCTC corporate* spécialisé dans la communication et la présentation de tables rondes et débats.

 

 

Une réponse qui ne semble en tout cas pas avoir convaincu Gilles Toureng. Il faut dire que ce dernier est sur le même créneau que Christophe Revil. Le journaliste à TéléGrenoble et maire de Claix est en effet également depuis 2011 à la tête d’une entreprise individuelle, baptisée « Christophe Revil ». Une affaire personnelle profession libérale, spécialisée dans l’activité de conseil en relations publiques et communication.

 

Une structure qui, comme le rappelle Le Postillon, a travaillé pour la fédération du BTP, la Chambre de commerce et d’industrie ou… la mairie de Grenoble.

 

PC

 

 
* Gilles Toureng a tenu à nous faire savoir que CCTC était une entreprise privée SARL créée il y a 33 ans qui publie ses comptes chaque année, qui ne touche aucune aides ou subventions et dont aucune institution n’est dans le capital. Gilles Toureng précise par ailleurs n’être ni journaliste, ni élu, et être soumis aux règles de la concurrence. (N.B. ajouté samedi 13 octobre à 19 heures.)