L’endettement du CHU de Grenoble toujours jugé « excessif » par la Cour des comptes

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EN BREF – L’endettement du CHU Grenoble Alpes est toujours jugé excessif par la Cour des comptes. L’hôpital fait partie des dix-neuf établissements régionaux dont la situation financière est jugée préoccupante par les magistrats. Qui appellent à la prudence….

 

 

Personnel soignant du CHU de Grenoble. © Léa Raymond - placegrenet.fr

Personnel soi­gnant au CHU de Grenoble. © Léa Raymond – placegrenet.fr

Un tiers des hôpi­taux publics en France sont encore trop endet­tés. Dans son rap­port annuel 2018, la Cour des comptes (CRC) chiffre ainsi à 319 le nombre d’é­ta­blis­se­ments où l’en­det­te­ment a été jugé exces­sif. Parmi eux, figurent 19 centres hos­pi­ta­liers régio­naux, dont le CHU Grenoble Alpes (Chuga).

 

Si la dette s’est réduite en 2016, elle est tou­jours lourde à sup­por­ter pour les éta­blis­se­ments, font remar­quer les magis­trats finan­ciers. À Grenoble, l’en­cours de la dette s’é­le­vait à 393 mil­lions d’eu­ros et le défi­cit 12,8 mil­lions d’eu­ros en 2010, clas­sant le Chuga parmi les plus endet­tés dans l’Hexagone. En 2015, moyen­nant un plan de retour à l’é­qui­libre signé en 2012, l’en­cours de la dette avait été « réta­bli » à 385 mil­lions d’eu­ros et le défi­cit ramené à 200 000 euros pour un bud­get annuel de près de 700 mil­lions d’eu­ros.

 

 

La Cour des comptes guère optimiste

 

Si la Cour des comptes note des pro­grès depuis 2014, ils res­tent pour la plus haute juri­dic­tion finan­cière inégaux, par­tiels et sur­tout fra­giles. Car si la dette s’est réduite (de 30,8 mil­liards en 2014 à 29,8 mil­liards en 2016), cette charge est « deve­nue plus lourde à sup­por­ter pour les éta­blis­se­ments » qui ont « conti­nué à accu­mu­ler des défi­cits », notent les magis­trats de la rue Cambon.

 

Médecins, personnel soignant, hopital couple enfant, CHU La tronche© Chloé Ponset - Place Gre'net

Hôpital couple enfant, Chuga, La Tronche © Chloé Ponset – Place Gre’net

 

Fin 2017, la fédé­ra­tion hos­pi­ta­lière de France (FHF) tirait la son­nette d’a­larme, esti­mant à 1,5 mil­liard d’eu­ros le défi­cit à venir des hôpi­taux publics. Un niveau jamais atteint jusque-là. Quelques mois aupa­ra­vant, la confé­rence des direc­teurs géné­raux des éta­blis­se­ments aler­tait sur les consé­quences des pres­sions finan­cières et notam­ment la baisse des inves­tis­se­ments ou la baisse des dépenses dans la recherche. Et appe­lait le gou­ver­ne­ment à un dégel rapide des cré­dits en réserve.

 

 

Des perspectives de financement bien incertaines

 

La Cour des comptes vient dou­cher de poten­tiels espoirs. Pour elle, les pers­pec­tives en matière de finan­ce­ment sont bien incer­taines. « L’accroissement pro­bable des charges de per­son­nels (notam­ment sous l’effet du pro­to­cole Parcours pro­fes­sion­nels, car­rières et rému­né­ra­tions) et des contraintes sur les tarifs (décou­lant de la maî­trise néces­saire des dépenses d’assurance mala­die) risquent de contri­buer à la pour­suite de la réduc­tion de l’autofinancement », notent les magis­trats.

 

Initiée par un collectif de praticiens hospitaliers de Rhône-Alpes, une lettre ouverte adressée à la ministre de la Santé dépasse les 1300 signatures.Personnel soignant du CHU de Grenoble. © Léa Raymond - placegrenet.fr

Personnel soi­gnant du CHU de Grenoble. © Léa Raymond – placegrenet.fr

« Le niveau des aides publiques à l’investissement devrait éga­le­ment demeu­rer contraint dans la mesure où elles sont finan­cées par l’assurance mala­die. Enfin, les pro­duits de ces­sion qui pour­raient être mobi­li­sés sont d’autant moins assu­rés qu’une mobi­li­sa­tion du fon­cier public à prix déco­tés est recher­chée pour la relance de la construc­tion de loge­ments sociaux, expose la CRC. Dans ce contexte, une nou­velle phase de recours à l’emprunt pour­rait être vue comme une solu­tion faci­li­ta­trice. Elle pour­rait cepen­dant expo­ser cer­tains hôpi­taux à de nou­velles fra­gi­li­tés sur le plan finan­cier. »

 

Les magis­trats recom­mandent donc de faire un choix dans les inves­tis­se­ments. À Grenoble, le chan­tier de la moder­ni­sa­tion du CHU se chiffre à 182 mil­lions d’eu­ros de tra­vaux, dont 22 mil­lions d’eu­ros de sub­ven­tion de l’État. L’autofinancement repré­sente 55 mil­lions d’eu­ros, le reste (105 mil­lions d’eu­ros) étant garanti par l’emprunt.

 

Patricia Cerinsek

 

 

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