FOCUS – Après les dégradations et pillages commis en marge des manifestations contre la vie chère des 17 et 24 octobre 2026 à Grenoble, les commerçants du centre-ville peinent à retrouver une activité normale. Entre baisse de fréquentation, pertes de chiffre d’affaires et sentiment d’insécurité, l’inquiétude grandit à l’approche d’une nouvelle mobilisation samedi 31 octobre, jour d’Halloween. Emmanuel Lenoir, président de Labelville, et Danièle Chavant, présidente de l’Umih 38, témoignent d’une profession fragilisée, partagée entre colère, découragement et volonté de poursuivre son activité.
Les vitrines endommagées peuvent être remplacées et les magasins progressivement remis en état. Mais comment retrouver la confiance des commerçants et de leur clientèle après deux samedis marqués par des violences et des pillages ?
À Grenoble, les événements des 17 et 24 octobre ont laissé des traces qui dépassent largement les seuls dégâts matériels. Pour les professionnels du centre-ville, la question est désormais de savoir comment continuer à travailler dans un climat d’incertitude, alors qu’une troisième manifestation se profile déjà.
Pour Emmanuel Lenoir, président de l’association de commerçants Labelville, la situation devient particulièrement difficile à supporter. Les professionnels, explique-t-il, ne peuvent pas exercer leur activité sans un minimum de visibilité sur les semaines à venir.
« Une manifestation en cache une autre », déplore-t-il, évoquant un mélange de colère, d’insécurité et d’inquiétude pour l’avenir. Une situation d’autant plus préoccupante que les fêtes de fin d’année approchent, période traditionnellement importante pour de nombreux commerces.
Certains professionnels envisagent-ils de jeter l’éponge ? Emmanuel Lenoir reconnaît avoir entendu parler d’intentions de fermeture ou de départ, tout en se montrant prudent. Il ne dispose d’aucune information directement vérifiée permettant de confirmer de telles décisions. D’autres commerçants, souligne-t-il, entendent au contraire poursuivre leur activité.
Au-delà des établissements directement touchés, c’est l’ensemble de la fréquentation du centre-ville qui préoccupe le président de Labelville. Les inquiétudes liées à la sécurité, mais aussi les informations parfois alarmistes circulant sur les réseaux sociaux, contribuent selon lui à détourner la clientèle. Aussi l’association veille-t-elle à ne relayer auprès de ses adhérents que des informations provenant de canaux officiels.
Des établissements épargnés, mais pas par les pertes financières
Du côté des cafés, hôtels et restaurants, les conséquences économiques des violences suscitent également de vives inquiétudes. Et ce, même si les établissements du secteur ont globalement échappé aux dégradations du 17 octobre. « Ce qui est dominant et ce qui m’inquiète en même temps, c’est qu’il y a beaucoup de colère », confie Danièle Chavant, présidente de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie de l’Isère (Umih 38).
Poursuivez votre lecture
Il vous reste 62 % de l’article à lire. Obtenez un accès illimité.
Vous êtes déjà abonné.e ? Connectez-vous











