Musiques actuelles : la Régie 2C en sursis à Grenoble ?

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FOCUS – L’annonce d’une baisse substantielle de la subvention de la Direction régionale des affaires culturelles à la Régie 2C fait grand bruit dans le Landerneau culturel grenoblois. Une volte-face de l’administration incompréhensible selon la direction de la structure qui s’inquiète pour son avenir.

 

 

 

Le ciel est situé à l’angle des rues Condillac et Général Marchand

Le Ciel, à l’angle des rues Condillac et Général Marchand. © Régie 2C – Jessica Calvo

60 % de baisse de sub­ven­tion sur l’an­née 2015… L’annonce de cette baisse bru­tale par la Direction régio­nale des affaires cultu­relles (Drac) a été comme un coup de ton­nerre pour la Régie 2C !

 

La struc­ture, qui gère et exploite la Chaufferie et le Ciel (cf. enca­dré ci-des­sous), a rendu publique l’in­for­ma­tion par un com­mu­ni­qué dif­fusé sur les réseaux sociaux ce mardi 12 mai, en fin de jour­née.

 

Une baisse qui repré­sente 50 000 euros en moins sur un bud­get de fonc­tion­ne­ment de 600 000 euros. Plus qu’il n’en faut pour inquié­ter Laurent Simon, direc­teur de la Régie 2C, à pro­pos de l’a­ve­nir de la struc­ture.

Conséquence immé­diate, les concerts pro­gram­més ont tous été annu­lés, à l’ex­cep­tion du concert de Powerdove pro­grammé au Ciel le 21 mai pro­chain. Les billets déjà ache­tés pour les autres concerts seront rem­bour­sés, assure la direc­tion.

 

 

 

Une volte-face non motivée

 

 

« C’est une baisse énorme ! Déjà que les sub­ven­tions sont ser­rées… Quand, en plus, on a une baisse de 60 % d’un finan­ce­ment impor­tant d’un des par­te­naires publics, for­cé­ment, c’est tout l’é­qui­libre de la struc­ture qui est remis en cause », déplore Laurent Simon. « Très clai­re­ment, on ne sait pas com­ment on va fonc­tion­ner cette année. »

 

De fait, les deux équi­pe­ments gérés par la Régie 2C – les salles du Ciel et de la Chaufferie –, ainsi que le par­te­na­riat avec la Belle Électrique dans le cadre du dis­po­si­tif Scènes de musiques actuelles (Smac) sont direc­te­ment mena­cés.

 

La chaufferie est située au 98 rue Léon Jouhaux

La chauf­fe­rie est située au 98 rue Léon Jouhaux. © Régie 2C – Jessica Calvo

Le direc­teur se dit très sur­pris de cette volte-face non moti­vée de l’administration. Et ce d’au­tant plus que rien ne la pré­fi­gu­rait. « On tra­vaillait en bonne intel­li­gence avec la Drac depuis pra­ti­que­ment trois ans dans le cadre de la Smac gre­no­bloise et nous res­tions sur l’ob­jec­tif d’une conven­tion en bonne et due forme au 1er jan­vier 2016. C’est donc tout ce pro­ces­sus-là qui est remis en cause ! »

 

Et de s’a­lar­mer : « Cela fait déjà deux, trois ans que l’on tire sur le fonc­tion­ne­ment. Nous n’a­vons plus de marge de manœuvre et, au bout d’un moment, on se voit mal­heu­reu­se­ment contraint de tou­cher à l’ar­tis­tique ». Dont acte.

 

 

 

D’autres zones d’ombre

 

 

Pour autant, d’autres zones d’ombre se pro­filent. Car la sub­ven­tion de la Drac n’est qu’une des sources de finan­ce­ment de la Régie2C.

 

Intérieur de la Chaufferie

Intérieur de la Chaufferie. © Régie 2C – Jessica Calvo

 

D’autres col­lec­ti­vi­tés locales, comme le conseil régio­nal, ali­mentent ainsi son bud­get dans le cadre de la pré­fi­gu­ra­tion du dis­po­si­tif Smac. Une autre incon­nue pour le direc­teur : « Nous atten­dons pro­chai­ne­ment la noti­fi­ca­tion de la région pour savoir si elle main­tient son niveau de sub­ven­tion ou pas [du même mon­tant que celle de la Drac, ndlr] », s’in­quiète-t-il.

 

Pourquoi ne pas deman­der une ral­longe aux autres col­lec­ti­vi­tés ? « Nous savons bien qu’elles font ce qu’elles peuvent dans un contexte de baisse des finan­ce­ments publics. Ce n’est pas aux autres de com­pen­ser une baisse aussi bru­tale de la part d’un des par­te­naires. »

 

 

 

Un électrochoc !

 

 

Depuis l’an­nonce, les marques de sou­tien ont afflué, ampli­fiées par la caisse de réso­nance des réseaux sociaux. « Ça a vrai­ment pro­vo­qué un élec­tro­choc ! Nous avions une belle pro­gram­ma­tion qui était annon­cée, très “route du rock”. Il y a eu un très gros mou­ve­ment de mobi­li­sa­tion. Mon télé­phone n’ar­rête pas de son­ner ! Ça fait vrai­ment plai­sir », confie Laurent Simon, visi­ble­ment tou­ché par cet élan.

 

Studio de répétition

Studio de répé­ti­tion – © Régie 2C – Jessica Calvo

La preuve, selon lui, de l’at­ta­che­ment du public à des lieux emblé­ma­tiques où tant de groupes ont pu émer­ger et tra­cer ensuite leur che­min.

 

Situation de crise, donc. Un conseil d’administration extra­or­di­naire aura lieu ce mer­credi 20 mai, afin de prendre les déci­sions qui s’im­posent. Mais pas seule­ment. L’équipe déci­dera éga­le­ment des actions qui per­met­tront de mon­trer com­bien les équi­pe­ments, notam­ment le Ciel, jouent un rôle impor­tant dans la pro­mo­tion des musiques actuelles à Grenoble.

 

Corinne Bernard, pré­si­dente de la Régie 2C et adjointe à la culture à Grenoble, n’a pas sou­haité s’ex­pri­mer, assu­rant qu’elle le ferait à l’is­sue du conseil d’ad­mi­nis­tra­tion.

 

 

Joël Kermabon

 

 

LA RÉGIE 2C : ACCOMPAGNER ET VALORISER

 

 

La Régie 2C a été créée par la ville de Grenoble en juillet 2001, celle-ci ayant ini­tié dès 1999 une poli­tique de sou­tien aux musiques actuelles.

 

Son objec­tif ? Valoriser les musiques ampli­fiées autour de mis­sions de sou­tien aux pra­tiques, de média­tion cultu­relle et de dif­fu­sion. La struc­ture gère et exploite deux équi­pe­ments : la Chaufferie et le Ciel. Des équi­pe­ments prin­ci­pa­le­ment dédiés aux répé­ti­tions des groupes locaux et à la décou­verte de groupes inter­na­tio­naux. Mais pas seule­ment. Dans le cadre d’une rela­tion forte avec le Conservatoire de Grenoble et de l’aide à la créa­tion, la struc­ture s’ins­crit dans un réseau par­te­na­rial qui s’é­tend aux autres éta­blis­se­ments cultu­rels de l’agglomération. Une col­la­bo­ra­tion pri­vi­lé­giée s’est notam­ment éta­blie avec la Belle Électrique, depuis son ouver­ture.

 

En com­plé­ment – et c’est une autre de ses mis­sions –, la Régie 2C accom­pagne des ini­tia­tives des habi­tants du sec­teur 5 et, plus lar­ge­ment, de l’ensemble de la ville.

 

 

 

 A lire aussi sur Place Gre’net : Éclaircies en vue dans le ciel de la Régie 2C

 

 

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Commentaires 2
  1. Et ca conti­nue de tirer sur la culture après les musi­ciens du Louvre. 60% de baisse com­ment l’ex­pli­quer chers élus gre­no­blois…?

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    • Il ne faut pas tout mélan­ger. la sub­ven­tion prin­ci­pale de La Régie 2C vient de la DRAC qui est la Direction REGIONALE des affaires cultu­relles, donc, pour cette sub­ven­tion, inutile de s’en prendre à la Mairie de Grenoble.
      J’espère qu’une solu­tion sera trou­vée, ce serait fort dom­mage que Le Ciel et La Chaufferie doivent fer­mer.
      Quant aux musi­ciens du Louvre, quand j’ai appris qu’ils avaient de l’argent de côté et que la sub­ven­tion ser­vaient sur­tout à payer les voyages et les séjours des inter­mit­tents qu’ils fai­saient venir de Paris et d’ailleurs, j’ai eu comme un doute sur le bien­fait d’une sub­ven­tion muni­ci­pale …

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