Bannière NL JEP 2021
Hébergement d'urgence : à quelques semaines de l'hiver la pression monte à Grenoble pour les associations

Hébergement : la pression monte

Hébergement : la pression monte

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

REPORTAGE VIDÉO – A quelques semaines de l’hiver, plus d’un millier de personnes sont à la rue. Une situation qui suscite l’indignation d’associations et d’habitants de Grenoble, qui interpellent les pouvoirs publics sur l’hébergement d’urgence, tandis que le conseil général affirme de son côté ne plus pouvoir faire face. État des lieux avant la réunion prévue ce mardi à la préfecture.

 
 
Hébergement d'urgence : à quelques semaines de l'hiver la pression monte à Grenoble pour les associations

© Joël Kermabon

 
« Nous sommes en colère face à une situa­tion de plus en plus insup­por­table » s’in­digne Jo Briant, porte-parole de la coor­di­na­tion isé­roise de soli­da­rité des étran­gers migrants (Cisem), à l’o­ri­gine du ras­sem­ble­ment de ven­dredi devant le conseil géné­ral. Une cen­taine de per­sonnes se sont ainsi réunies pour aler­ter l’o­pi­nion publique et venir en sou­tien de la délé­ga­tion qui a ren­con­tré Brigitte Périllié, vice-pré­si­dente du conseil géné­ral délé­guée à l’en­fance en dan­ger, la famille et l’é­ga­lité femme-homme.
 
« Tous les jours, de nom­breuses per­sonnes – fran­çaises comme étran­gères – y com­pris des familles avec enfants, sont dehors à Grenoble parce qu’elles n’ont pas de solu­tions d’hé­ber­ge­ment, pas de toit ». Plus de mille per­sonnes, dont cer­taines fra­giles ou malades, dor­mi­raient ainsi dans les rues de Grenoble et de l’ag­glo­mé­ra­tion. Parfois la peur au ventre.

 

 

 

Hébergement d'urgence : à quelques semaines de l'hiver la pression monte à Grenoble pour les associations

© Joël Kermabon

« Aujourd’hui, des femmes vivent cachées dans la rue avec leurs enfants parce qu’elles ont peur de se les faire prendre », témoigne ainsi une res­pon­sable de la Maison des Femmes, asso­cia­tion qui s’at­tache à pro­mou­voir l’autonomie des femmes. Et celle-ci de déplo­rer l’ab­sence de réponse adap­tée concer­nant le droit au loge­ment de celles-ci et, en par­ti­cu­lier, leur droit à l’hébergement.
 
 
 
 
Un constat alarmant
 
 
« Actuellement, quand des per­sonnes à la rue télé­phonent au 115 (ndlr : le numéro de l’ur­gence sociale), dans 99% des cas, on leur répond qu’il n’y a aucune place, même pour une nuit », dénonce Jo Briant. Une situa­tion qui n’a rien d’é­ton­nant alors que 500 places d’hébergement ont été fer­mées cet été dans le département.
 
Le foyer Adoma de la rue Jules Vallès a notam­ment été muré pour empê­cher tout squat. A Grenoble, seules deux struc­tures d’hé­ber­ge­ment sont désor­mais ouvertes toute l’an­née : le Centre d’ac­cueil inter­com­mu­nal de 64 places, rue Henri Tarze, et le centre d’hé­ber­ge­ment « Mimosa », rue Verlaine. Une struc­ture de 150 places « où les gens s’en­tassent dans des condi­tions de pro­mis­cuité et d’in­sa­lu­brité dra­ma­tiques », pré­cise Jo Briant.
 
 

 
 
Baisse de 70% du bud­get consa­cré à l’hébergement
 
 
Simone Targe, membre de la Cisem, confirme : « Ce bâti­ment, qui res­semble plus à un camp en dur qu’à un foyer, ne compte que deux cui­si­nières, des douches cas­sées, un WC pour plu­sieurs dizaines de per­sonnes et sou­vent bou­ché. Sans comp­ter les fils élec­triques à nu. Non seule­ment l’en­semble est vrai­ment cras­seux, mais en plus il est dan­ge­reux ! » Et la situa­tion ne cesse de s’ag­gra­ver, à en croire Jo Briant, du fait du désen­ga­ge­ment crois­sant de l’État et du conseil général.
« Dans le cadre de sa mis­sion de pro­tec­tion de l’en­fance, le conseil géné­ral n’ac­cueille plus que qua­rante familles avec des enfants de moins de trois ans. Cela signi­fie que le nombre de familles accueillies a été divisé par trois en un an ! », s’in­digne Simone Targe.
 

 

 

Hébergement d'urgence : à quelques semaines de l'hiver la pression monte à Grenoble pour les associations

© Joël Kermabon

Yvon Sellier du col­lec­tif La Patate chaude évoque même une baisse de 70 % du bud­get consa­cré à l’hé­ber­ge­ment sur un an. Un chiffre que ne conteste pas Brigitte Périllié : « Auparavant, nous com­pen­sions les failles de l’État. Mais compte tenu de l’aug­men­ta­tion des charges et de la façon dont l’État a limité nos capa­ci­tés à faire évo­luer nos recettes, nous avons dû nous recen­trer sur ce qui est de notre com­pé­tence, à savoir, la pro­tec­tion de la mère iso­lée avec enfant de moins de trois ans. » Et de sou­li­gner que dans ce cadre, le conseil géné­ral va même au-delà de son obli­ga­tion d’ac­com­pa­gne­ment social, en pre­nant en charge leur héber­ge­ment.
 
 
Avoir un toit, un droit constitutionnel
 
 
« Comme le disait madame Duflot, que les pou­voirs publics lui donnent la liste des bâti­ments vacants ! » tem­pête la res­pon­sable de la Maison des femmes, pour qui des solu­tions d’hé­ber­ge­ment com­plé­men­taires peuvent être trou­vées à Grenoble. « De nom­breux bâti­ments sont vides » et pour­raient être uti­li­sés, tout comme les « nom­breux ter­rains aban­don­nés » que compte l’agglomération.
 

 

Hébergement d'urgence : à quelques semaines de l'hiver la pression monte à Grenoble pour les associations

© Joël Kermabon

Pour rap­pel, l’État et les col­lec­ti­vi­tés locales ont le devoir absolu de pro­po­ser un toit à chaque per­sonne, selon le Code de l’ac­tion sociale et la Convention euro­péenne des droits de l’Homme. « Il est impor­tant que le conseil géné­ral et la pré­fec­ture entendent notre cri, notre colère » déclare Jo Briant, dénon­çant la non-appli­ca­tion de la loi du 5 mars 2007.
 
D’après Simone Targe, le pro­blème vient clai­re­ment d’un manque de volonté poli­tique : « Si toutes les com­munes de l’ag­glo­mé­ra­tion gre­no­bloise accep­taient d’a­gir, des solu­tions seraient pos­sibles pour ces mille per­sonnes à la rue. »
 
 
40 à 50 per­sonnes de plus par semaine
 
 

 

 

Hébergement d'urgence : à quelques semaines de l'hiver la pression monte à Grenoble pour les associations

© Joël Kermabon

« Les sommes ne sont jamais suf­fi­santes car plus on accueille de gens et plus il y en a », déplore de son côté Brigitte Périllié. D’autant que 70 % des per­sonnes à la rue seraient sans papier et n’au­raient donc pas voca­tion à res­ter sur le ter­ri­toire au yeux de l’État. « Chaque semaine, ce sont 40 à 50 per­sonnes de plus qu’il nous faut accueillir. Comment fait-on ? Il faut aussi que ces asso­cia­tions recon­naissent et admettent que nous sommes à un point de satu­ra­tion et que nous ne pou­vons pas déve­lop­per des accom­pa­gne­ments et des héber­ge­ments à l’in­fini. Nous sommes limi­tés tant en terme d’or­ga­ni­sa­tion que de moyens. »
 
Ce mardi, une délé­ga­tion sera reçue par Richard Samuel, le pré­fet de l’Isère. Une réunion à laquelle n’a pas été convié le conseil géné­ral, ce que regrette Brigitte Périllié : « Nous pré­fé­rons tra­vailler avec la pré­fec­ture. Encore fau­drait-il qu’elle nous invite autour d’une table, ce qu’elle n’a pas fait depuis long­temps. » Quant aux asso­cia­tions, elle espèrent a minima qu’une solu­tion par­tielle puisse être rapi­de­ment trou­vée. « Nous deman­dons que des fonds soient déga­gés pour héber­ger la nuit ceux qui sont dehors sans aucune autre solu­tion », affirme Jo Briant. Et d’a­jou­ter, phi­lo­sophe : « Il n’est pas besoin d’es­pé­rer pour entre­prendre ! »
 
 
Véronique Magnin et Muriel Beaudoing
 
 
A lire aussi sur Place Gre’net : 
 
Olivier Noblecourt : “L’hébergement d’urgence a reculé de dix ans”
Hébergement : mobi­li­sa­tion générale
 
 
A lire aussi sur Rue89 Lyon :
 
En hiver comme en été, les solu­tions pour héber­ger tous les SDF de Lyon
 
 
 
 
 
 
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

Place Gre'net

Auteur

A lire aussi sur Place Gre'net

Meylan met à disposition un bâtiment pour l’hébergement d’urgence de mères en détresse

  FLASH INFO – La Ville de Meylan vient de mettre un logement communal à disposition de l’Ajhiralp, une association qui aide notamment les mères Lire plus

COUV Des militants de lutte hébergement, de droit au logement, etc. organisaient un rassemblement devant la DDCS, jeudi 15 octobre 2020, pour dénoncer les difficultés liées à l'alimentation dans les centres d'hébergement d'urgence temporaire. © Séverine Cattiaux– Place Gre’net
“Pas diversifiés“, “pas halal“… Des militants réclament la fin des barquettes alimentaires pour les hébergés

  REPORTAGE VIDÉO - Plusieurs associations de défense des migrants ou sans-abris essentiellement approvisionnés en barquettes alimentaires demandent à l'État de leur installer des cuisines. Lire plus

Le collectif grenoblois Help SDF apporte chaque soir de la nourriture, des couettes et des boissons chaudes aux sans-abris © Anaïs Mariotti
Crise sociale : la Métro renforce ses actions d’hébergement et soutient la Banque alimentaire de l’Isère

  EN BREF – Face à l’explosion des besoins sociaux, la Métro a voté à l'unanimité un plan d’action en trois points, ce mercredi 29 Lire plus

Résidents du Centre Intercommunal de Grenoble présents lors de la visite du 14 février 2020 - crédit Place Gre'net
Après travaux, le centre d’accueil intercommunal de Grenoble dispose de seize places supplémentaires

  FIL INFO - Suite à la finalisation des travaux d’aménagement, le Centre d’accueil intercommunal de Grenoble a pu ouvrir de nouvelles places. L'occasion d'une Lire plus

© Joël Kermabon - Place Gre'net
Le dispositif d’hébergement d’urgence hivernal en Isère jugé insuffisant par les associations

  FOCUS - La préfecture de l'Isère a détaillé, ce mardi 19 novembre, le dispositif  d'hébergement d'urgence hivernal prévoyant 550 nouvelles places. Mais aussi une Lire plus

Pour les jeunes services civiques d'Unis-Cité, le chantier participatif a aussi été l'occasion de faire des rencontres. © Augustin Bordet - placegrenet.fr
Site d’hébergement du Rondeau à Grenoble : un chantier participatif pour améliorer le cadre de vie

  FOCUS - Le site d’hébergement du Rondeau, où résident 130 personnes en grande difficulté, a accueilli un chantier participatif, ce mercredi 13 novembre. Bénévoles, services civiques et Lire plus

Eco'V

Flash Info

|

17/09

12h16

|

|

15/09

16h55

|

|

14/09

18h06

|

|

14/09

17h28

|

|

13/09

19h30

|

|

13/09

15h10

|

|

12/09

12h26

|

|

10/09

19h32

|

|

10/09

10h00

|

|

09/09

11h44

|

L'Oeil de Perotto sur Place Gre'net : Enedis s'associe à Gulplug pour expérimenter le branchement automatique des véhicules électriques.

Les plus lus

Montagne| Première édition du Raid multisports Grenoble-Alpes le dimanche 19 septembre 2021

Art en ville. © Grenoble-Alpes Métropole

Culture| Des sentiers d’art vont relier une vingtaine d’œuvres sur le territoire métropolitain grenoblois

L’art déconfiné, des confiné(e)s : une expo participative sur la pandémie © Sarah Krakovitch - Place Gre'net

Culture| L’art déconfiné, des confiné(e)s : une exposition participative de réflexion artistique sur la pandémie

Économie| Deux « Petits Magasins » de la marque Kiabi vont voir le jour à Grenoble pour soutenir l’insertion par l’emploi

Tourisme de l'Isère : VAE en montagne

Société| Tourisme : le Département de l’Isère place l’été 2021 sous le signe de la santé et du bien-être

Espace Aragon

Agenda

Je partage !
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin