Travailleurs de nuit : grossiste en fruits et légumes au marché d'intérêt national (MIN) de la ville de Grenoble

SÉRIE Travail de nuit : grossiste

SÉRIE Travail de nuit : grossiste

REPORTAGE – Policiers, urgen­tistes, trans­por­teurs, veilleurs de nuit, bou­lan­gers… Ils sont nom­breux à tra­vailler alors que les autres dorment. Découvrez leur quo­ti­dien et par­tez en immer­sion dans cet uni­vers paral­lèle, à tra­vers une série de por­traits-repor­tages. Troisième de cette série, Pascal Moyroud, gros­siste en fruits et légumes au Min de Grenoble.

Travailleurs de nuit : grossiste en fruits et légumes au marché d'intérêt national (MIN) de la ville de Grenoble

© Véronique Serre / pla​ce​gre​net​.fr

Il est envi­ron 2h quand Pascal Moyroud arrive, comme tous les matins, sur l’im­mense mar­ché de gros de Grenoble : le mar­ché d’in­té­rêt natio­nal ou “Min” pour les habi­tués. « Dans notre métier, on ne peut pas se per­mettre de dire “ben tiens, aujourd’hui, j’y vais pas” », plai­sante le négociant.
Situé au 117 rue des Alliés, le Min accueille sur­tout des gros­sistes en fruits et légumes et la Laiterie Gilbert, der­nière de la région à vendre en gros des pro­duits laitiers.
A peine arrivé, Pascal décharge tous ses pro­duits sur “le car­reau” (espace de vente per­son­nel) afin d’être prêt pour 3 ou 4h du matin, quand arri­ve­ront ses pre­miers clients : res­tau­ra­teurs, pri­meurs, gérants de maga­sins d’a­li­men­ta­tion ou encore com­mer­çants itinérants.
Pascal Moyroud, gérant de la SARL du même nom, a repris, il y a trente ans, l’activité de son père qui avait com­mencé comme négo­ciant de poi­reaux. « Je suis né dedans et j’ai com­mencé à tra­vailler avec lui. C’était dans l’ordre des choses », consi­dère-t-il. Depuis, l’en­tre­prise est res­tée fami­liale. « Ma sœur et mon épouse s’oc­cupent de la fac­tu­ra­tion, mon fils et mon frère tra­vaillent sur le car­reau et nous avons deux employés. » Soit au total six per­sonnes, indis­pen­sables pour pré­pa­rer toutes les com­mandes avant l’arrivée des pre­miers clients. « Comme nous pro­po­sons un grand nombre de réfé­rences, c’est plus long à pré­pa­rer. Et les gens ne veulent pas attendre. » Pascal est d’ailleurs le seul du mar­ché à pro­po­ser une gamme de pro­duits aussi large et le ser­vice à la commande.
120 clients dans la nuit

Travailleurs de nuit : grossiste en fruits et légumes au marché d'intérêt national (MIN) de la ville de Grenoble

© Véronique Serre / pla​ce​gre​net​.fr

Tous les bons de com­mandes, sai­sis à la main par son épouse, sont don­nés aux clients à l’enlèvement de la mar­chan­dise. Cette nuit-là, pas moins de 120 se suc­cè­de­ront ! « La dif­fi­culté, c’est de trou­ver le pro­duit sus­cep­tible de les inté­res­ser et en quan­tité suf­fi­sante. Moi, je suis content quand mes clients sont satis­faits. » Si le tra­vail lui plaît, il recon­naît qu’il est très contrai­gnant et fati­guant. « Après, je pars du prin­cipe que soit on fait les choses bien, soit on ne les fait pas du tout. »
Le moment qu’il appré­cie le plus ? Le lever du jour. « Je ne m’arrête pas de tra­vailler mais je le vois arri­ver. Par contre, je n’aime pas la fin du mar­ché car l’activité ralen­tit, mon corps se relâche… Le som­meil me gagne mais il faut tout rem­bal­ler vers 8 ou 9h et faire la route pour ren­trer. »
Or Pascal habite sur la com­mune de Thodure, située au pied du pla­teau de Chambaran, à envi­ron 65 km et une heure de route de Grenoble. « J’ai par­fois ten­dance à m’assoupir. Alors, des fois, je vais m’étendre en haut du box, juste dix minutes, avant de par­tir. Cela me suf­fit et ça fait du bien. » Les gros­sistes louent en effet des box d’activité, situés tout autour de l’espace de vente du Min, com­pre­nant le car­reau, un espace de sto­ckage réfri­géré et un quai de chargement.
Travailleurs de nuit : grossiste en fruits et légumes au marché d'intérêt national (MIN) de la ville de Grenoble

© Véronique Serre / pla​ce​gre​net​.fr

1°C, voire 0°C en hiver
« Ce qui nous fait vendre, c’est le beau temps ! La neige est très péna­li­sante pour nous. Si les mar­chés ou les routes ne sont pas déga­gés, notre clien­tèle ne vient pas », explique Pascal, avant de pré­ci­ser : « Leurs propres clients pré­fè­re­ront aller en grande sur­face. » Sans comp­ter que les condi­tions de tra­vail sont rudes en cette sai­son : « Dans l’enceinte du Min, quand il fait très froid, la tem­pé­ra­ture des­cend à 1°C, voire 0°C. C’est com­pli­qué pour la mar­chan­dise, il faut la pro­té­ger. »
Trois fois par semaine, l’après-midi, il fait le plein de mar­chan­dises chez ses four­nis­seurs, dans la Drôme, avant de repar­tir au Min. Chez les Moyroud, la vie est ainsi ryth­mée par le tra­vail. Y com­pris les vacances. Ils lèvent ainsi seule­ment le pied en novembre. « Avec les enfants, on par­tait géné­ra­le­ment pen­dant la semaine de Toussaint. C’est entre deux sai­sons et c’est la fin des fruits rouges et du rai­sin. Comme je n’ai jamais le temps de faire des choses à la mai­son, je pro­fite de cette période pour vivre nor­ma­le­ment. C’est là qu’on se rend compte qu’on est décalé. »
Pascal et son épouse arrivent tout de même à avoir une vie sociale. « On voit nos amis le samedi soir, une fois que j’ai dormi tout l’après-midi. Et puis le dimanche, aussi, car on ne tra­vaille pas. C’est une vie par­ti­cu­lière quand même. » Avec, au total, très peu d’heures de som­meil : « Je dors envi­ron cinq à six heures par petit bouts. Du coup, comme je n’ar­rête jamais, je change de chaus­sures tous les deux mois ! »
Muriel Beaudoing
Photos et port­fo­lio (ci-des­sous) : Véronique Serre
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