REPORTAGE – Policiers, urgentistes, transporteurs, veilleurs de nuit, boulangers… Ils sont nombreux à travailler alors que les autres dorment. Découvrez leur quotidien et partez en immersion dans cet univers parallèle, à travers une série de portraits-reportages. Troisième de cette série, Pascal Moyroud, grossiste en fruits et légumes au Min de Grenoble.

© Véronique Serre / placegrenet.fr
Tous les bons de commandes, saisis à la main par son épouse, sont donnés aux clients à l’enlèvement de la marchandise. Cette nuit-là, pas moins de 120 se succèderont ! « La difficulté, c’est de trouver le produit susceptible de les intéresser et en quantité suffisante. Moi, je suis content quand mes clients sont satisfaits. » Si le travail lui plaît, il reconnaît qu’il est très contraignant et fatiguant. « Après, je pars du principe que soit on fait les choses bien, soit on ne les fait pas du tout. » Le moment qu’il apprécie le plus ? Le lever du jour. « Je ne m’arrête pas de travailler mais je le vois arriver. Par contre, je n’aime pas la fin du marché car l’activité ralentit, mon corps se relâche… Le sommeil me gagne mais il faut tout remballer vers 8 ou 9h et faire la route pour rentrer. » Or Pascal habite sur la commune de Thodure, située au pied du plateau de Chambaran, à environ 65 km et une heure de route de Grenoble. « J’ai parfois tendance à m’assoupir. Alors, des fois, je vais m’étendre en haut du box, juste dix minutes, avant de partir. Cela me suffit et ça fait du bien. » Les grossistes louent en effet des box d’activité, situés tout autour de l’espace de vente du Min, comprenant le carreau, un espace de stockage réfrigéré et un quai de chargement. 1°C, voire 0°C en hiver « Ce qui nous fait vendre, c’est le beau temps ! La neige est très pénalisante pour nous. Si les marchés ou les routes ne sont pas dégagés, notre clientèle ne vient pas », explique Pascal, avant de préciser : « Leurs propres clients préfèreront aller en grande surface. » Sans compter que les conditions de travail sont rudes en cette saison : « Dans l’enceinte du Min, quand il fait très froid, la température descend à 1°C, voire 0°C. C’est compliqué pour la marchandise, il faut la protéger. » Trois fois par semaine, l’après-midi, il fait le plein de marchandises chez ses fournisseurs, dans la Drôme, avant de repartir au Min. Chez les Moyroud, la vie est ainsi rythmée par le travail. Y compris les vacances. Ils lèvent ainsi seulement le pied en novembre. « Avec les enfants, on partait généralement pendant la semaine de Toussaint. C’est entre deux saisons et c’est la fin des fruits rouges et du raisin. Comme je n’ai jamais le temps de faire des choses à la maison, je profite de cette période pour vivre normalement. C’est là qu’on se rend compte qu’on est décalé. » Pascal et son épouse arrivent tout de même à avoir une vie sociale. « On voit nos amis le samedi soir, une fois que j’ai dormi tout l’après-midi. Et puis le dimanche, aussi, car on ne travaille pas. C’est une vie particulière quand même. » Avec, au total, très peu d’heures de sommeil : « Je dors environ cinq à six heures par petit bouts. Du coup, comme je n’arrête jamais, je change de chaussures tous les deux mois ! » Muriel Beaudoing Photos et portfolio (ci-dessous) : Véronique Serre Passez le curseur sur la photo ci-dessous et cliquez sur la flèche au milieu en haut de l’image pour démarrer le portfolio : [slideshow_deploy id=’11716′]












