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Dotation Idex : l’université de Grenoble a quatre ans pour faire ses preuves

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EN BREF – Les vingt-cinq millions d’euros annuels supplémentaires alloués par l’État à l’université de Grenoble dans le cadre de l’Idex seront-ils suffisants pour faire d’elle un campus de recherche de rang mondial ? Si Grenoble décroche la troisième plus grosse dotation derrière les universités parisiennes et à égalité avec Lyon, difficile de se projeter au-delà de 2020. Car l’État a mis en place une période probatoire de quatre ans. La course, elle, a bel et bien commencé…

 

 

 

 

Labellisée Intiative d’excellence (Idex), l’Université grenobloise connaît enfin le montant de la dotation dont elle va pouvoir bénéficier. Ce sera 800 millions d’euros. Mais ces 800 millions de capital, elle ne les touchera pas. Grand emprunt oblige, elle ne bénéficiera que des intérêts. Soit 25 millions d’euros par an. Pendant quatre ans, si tout se passe comme prévu. Plus si l’Idex grenoblois passe avec succès la période probatoire.

 

L'université Grenoble Alpes connait le montant de la dotation définitive dans le cadre de l'Idex : 800 millions euros de capital dont elle ne touchera toutefois que les intérêts, soit 25 millions d'euros par an pendant quatre ans.

L’université Grenoble-Alpes connaît le montant de la dotation définitive dans le cadre de l’Idex : 800 millions euros de capital dont elle ne touchera toutefois que les intérêts, soit 25 millions d’euros par an pendant quatre ans. DR

 

Si la communauté d’universités et d’établissements (Comue)* Grenoble Alpes peut s’enorgueillir de décrocher la troisième plus grosse dotation, à égalité avec Lyon**, juste derrière les campus parisiens, la course de fond n’est pas gagnée pour autant. Les universités de Toulouse et Sorbonne Paris Cité en savent quelque chose : labellisées Idex en 2012, elles ont été sèchement recalées à l’examen blanc en 2016

 

 

 

Grâce à l’effet levier, 1 euro = 5 ou 6 euros

 

 

Il n’y a donc pas de temps à perdre. L’université de Grenoble a quatre ans, jusqu’en 2020 désormais, pour mettre la machine sur les rails et engranger un maximum de financements. Car c’est bien là le but de la manœuvre. Le fameux effet levier. Pour 1 euro d’Idex, compter bien 5 euros levés grâce à d’autres partenariats, publics ou privés.

 

Patrick lévy, président de la Comue. © Twitter Patrick Lévy

Patrick Lévy, président de la Comue. © Twitter Patrick Lévy

Le top départ a en fait été donné au printemps 2016. Grâce à une avance de 13 millions d’euros, Grenoble a pu se lancer dans la course et donner le coup d’envoi à ses premiers appels à projets. Et il y avait du monde sur la ligne de départ.

 

Aux seize appels à projets ont répondu 454 dossiers de candidature. Six appels à projets ont d’ores et déjà touché au but et 86 projets été retenus. Au final, plus de 15 des 25 millions d’euros ont ainsi été distribués.

 

Le jeu en vaut visiblement la chandelle. A lui seul, l’appel à projets Cross Disciplinary Program représente près de 12 millions d’euros de subvention mais un budget global de… 128 millions d’euros. Une somme qui se répartira entre sept projets tournant autour de la protection des données, l’intelligence énergétique, l’étude des sucres, les approches intégratives en médecine, la compréhension du cerveau, l’ingénierie quantique ou la compréhension des trajectoires des sociétés alpines.

 

 

Déjà une première victoire

 

 

L’université grenobloise a encore trois ans pour faire ses preuves. Mais, pour elle, c’est déjà une première victoire. Elle avait espéré 26 millions d’euros de dotation ? Elle en a obtenu 25. En fait, 15 millions au titre de l’Idex, qui viennent s’ajouter aux 10 millions déjà obtenus au titre des Labex, les laboratoires d’excellence, autre volet des Programmes d’investissement d’avenir (PIA).

 

« Nous pouvons nous réjouir du résultat obtenu, souligne Patrick Lévy, le président de la Comue Grenoble Alpes et coordinateur de l’Idex. Nous sommes en troisième position si l’on inclut PIA 1 et PIA 2 en termes de capital, même si la différence de taux d’intérêt entre le PIA 1 et le PIA 2 rend la comparaison un peu délicate. Les décisions ont été prises sur la base des caractéristiques des projets sélectionnés et de l’évaluation conduite par le jury international. C’est la reconnaissance du niveau scientifique du site universitaire grenoblois, de la qualité et de l’ambition du projet présenté et de l’avancement spectaculaire que nous avons déjà opéré ».

 

 

Patricia Cerinsek

 

 

* Le projet rassemble dix institutions partenaires : l’Université Grenoble-Alpes (née de la fusion au 1er janvier 2016 des universités Joseph-Fourier, Pierre Mendès-France et Stendhal), Grenoble INP, Sciences Po Grenoble, l’École nationale supérieure d’architecture de Grenoble, le CNRS, l’Inria, le CEA, l’Inserm, l’Irstea et le CHU de Grenoble.

 

** Clermont-Ferrand avec son ISite obtient un capital de 330 millions pour 10 millions d’intérêts. Ainsi, la région Auvergne – Rhône-Alpes voit tous ses projets déposés labellisés et obtient près de 2 milliards de capital sur les 5,22 attribués sur ce PIA 2.

 

 

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Commentaires 1
  1. Vue la gestion antédiluvienne, les immobilismes, les mandarinats, les rentes, les chapelles, une fusion mal gérée (dans le privé une fusion c’est compliqué, très coûteux et très long à cristalliser, en moyenne 5 à 8 ans), c’est mal parti.
    Au lieu de jouer à Havard avec des sweatshirts UGA, on ferait réellement mieux de se concentrer sur la seule chose qui compte dans une université: les étudiants, la qualité de l’enseignement et de la recherche.
    Et cela passe forcément par la révision des statuts et des modes de recrutement des enseignants – plus de titularisation sans l’avoir méritée au bout de 10 à 15 ans de travail (tenez, comme aux USA, tenure track mais pas tenure dès l’embauche), plus de nominations politiques (qui sont légions), suppression de l’absurdité qu’est le HDR etc. Et ça, ben, c’est pas au programme.

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