REPORTAGE – Sous un soleil écrasant, le Sdis de l’Isère, la préfecture et l’Office national des forêts ont officiellement lancé, mercredi 24 juin, la saison 2026 de prévention et de lutte contre les feux de forêts et d’espaces naturels sur le glacis de la Bastille à Grenoble. L’Isère est désormais confronté à un risque incendie relativement élevé durant une bonne partie de l’année. D’où le recours à de nouveaux moyens et à une stratégie de prévention.
Quelques brins d’herbe sèche suffisent. En quelques secondes, les flammes lèchent la végétation avant de gagner rapidement du terrain et de potentiellement dégénérer. Face aux journalistes réunis sur le glacis de la Bastille, mercredi 24 juin 2026 en fin de matinée, les sapeurs-pompiers du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) de l’Isère et des agents de l’Office national des forêts ont reproduit un départ de feu.
Une démonstration simple mais révélatrice d’une réalité qui s’impose progressivement : dans le département de Isère aussi, un incendie peut prendre une ampleur considérable si les premières minutes ne permettent pas de le maîtriser.

Des agents de l’Office national des forêts ont fait la démonstration de la maîtrise d’un départ d’incendie. © Joël Kermabon – Place Gre’net
De fait, longtemps considéré comme un département relativement préservé, l’Isère voit désormais le risque incendie s’installer durablement, sous l’effet des épisodes de sécheresse et de chaleur plus fréquents. Pour Catherine Séguin, préfète de l’Isère, il ne s’agit ainsi plus d’anticiper un phénomène exceptionnel mais bien de répondre à une nouvelle réalité dans le cadre de la lutte contre les feux de forêts et d’espaces naturels (FDFEN).
En matière de feux de forêts, l’Isère ne fait plus exception
« En 2022, nous avons eu plus de 500 départs de feux et 2025 fut également une année très difficile, avec plus de 300 feux naissants, explique la préfète. Nous faisons face à une réalité aujourd’hui évidente : les feux de forêts ne sont pas l’apanage des départements les plus au sud. Nous sommes également concernés par ce risque et nous avons donc le devoir de nous organiser. »
RISQUE ÉLEVÉ DE FEUX DE FORÊT ET D’ESPACES NATURELS
« En raison des conditions météorologiques actuelles, marquées par une sécheresse
persistante, des températures élevées et un vent favorisant la propagation des incendies, les secteurs Isère-Aval, Vallée du Rhône et Nord-Isère sont placés en niveau d’aléa sévère au risque de feux de forêt et d’espaces naturels pour la journée du mercredi 1er juillet 2026« , fait savoir la préfecture de l’Isère.« Ces secteurs, qui n’ont pas bénéficié des précipitations liées aux épisodes orageux,
présentent une sensibilité accrue au risque incendie« , poursuit-elle. Plusieurs départs de feu ont par ailleurs déjà été constatés en Isère. D’où la nécessité de maintenir une vigilance particulière.Dans ce contexte, la préfecture prend des mesures de prévention
– Il est interdit d’allumer du feu, de fumer, de jeter des mégots et tout objet en
combustion à l’intérieur et à moins de 200 m des bois et forêts, de 13 h 00 à 22 h 00.– L’apport et l’usage de matériels générant des flammes ou étincelles sont
interdits dans les espaces sensibles et à moins de 200 m de ceux-ci.– L’entretien de la végétation des infrastructures de transports et de réseaux
est interdit dans les espaces sensibles et à plus de 200 m de ceux-ci.– Les dérogations sur l’emploi du feu dans les aires d’accueil du public, dans les
accueils collectifs de mineurs et pour l’utilisation d’appareils de cuisson à gaz sont suspendues dans les espaces sensibles et à moins de 200 m de ceux-ci.– Les feux d’artifice sont interdits dans les espaces sensibles et à moins de 200 m de ceux-ci.
– Pour les usages nécessitant une cuisson en extérieur, il est recommandé de privilégier les aires aménagées et d’utiliser un matériel adapté.
– En cas de départ de feu, il faut alerter immédiatement les secours en composant le 18 ou le 112 (ou le 114 pour les personnes sourdes ou malentendantes).
La préfète de l’Isère rappelle que près de neuf incendies sur dix sont d’origine humaine. Le respect de ces mesures et l’adoption de comportements responsables sont essentiels pour prévenir les départs de feu et protéger les personnes, les biens et les espaces naturels.
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