FOCUS – Surpopulation carcérale, explosion de l’activité pénale, criminalité organisée, violences intrafamiliales… A l’occasion de son audience solennelle de rentrée, vendredi 16 janvier 2026, la cour d’appel de Grenoble a dressé un état des lieux sans fard d’une justice sous forte tension. Christophe courtalon, premier président, et Christophe Barret, procureur général, ont réaffirmé la nécessité de défendre l’État de droit et l’indépendance judiciaire, dans un contexte démocratique jugé de plus en plus fragile.
« L’État de droit, c’est notre boussole, c’est notre bien commun. On ne peut l’affaiblir sans toucher à toute la République », a gravement rappelé Christophe Barret, procureur général de la cour d’appel de Grenoble, lors de l’audience solennelle de rentrée de la juridiction, vendredi 16 janvier 2026.
Loin d’un simple exercice protocolaire, il a avec Christophe courtalon, premier président de la cour d’appel, livré le constat d’une justice sous forte pression : surpopulation carcérale, hausse continue de l’activité pénale, criminalité organisée, violences intrafamiliales… Un diagnostic bien éloigné de l’image d’un système pénal laxiste souvent invoquée dans le débat public.

Au centre, Christophe courtalon, premier président de la cour d’appel de Grenoble. © Joël Kermabon – Place Gre’net
Dépassant le simple bilan annuel et le ressort dauphinois, les magistrats ont interrogé la capacité de la justice à tenir son rôle, dans un contexte de tensions démocratiques croissantes. « En ces temps troublés où le cynisme l’emporte sur la raison et où les États autoritaires trouvent une force d’esprit, le procès des démocraties libérales, jugées inefficaces et faibles [rappelle celui qui était à l’œuvre avec] le national-socialisme et le fascisme à la veille de la Seconde Guerre mondiale », a déclaré Christophe Courtalon.
Pour le magistrat, la justice ne peut se voir dissociée de cet environnement politique et démocratique. « La tenue de cette audience, laquelle peut apparaître désuète, est l’affirmation de la continuité de la justice », a-t-il insisté, rappelant que celle-ci « contribue, avec les autres pouvoirs constitués, au maintien de la paix sociale et de la liberté, notre bien le plus précieux ».
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