FOCUS – Le procureur de la République de Grenoble, Étienne Manteaux, a présenté, lundi 22 septembre 2025, au palais de justice, les avancées du dispositif de justice restaurative mis en place en Isère depuis 2022. Expérimentée en parallèle du processus judiciaire classique, cette démarche vise à permettre aux victimes comme aux auteurs d’infractions de trouver un espace d’échange et de réparation, au-delà du procès. Plusieurs acteurs institutionnels et associatifs engagés dans cette dynamique sont venus en témoigner.
La justice restaurative consiste à offrir aux victimes un chemin vers l’apaisement, en leur permettant de poser les questions restées en suspens, et aux auteurs l’occasion de mesurer la gravité de leurs actes. Prévue par la loi depuis 2014 mais encore peu connue, elle s’exerce en complément du procès pénal, dans un cadre volontaire, confidentiel et encadré par des médiateurs formés en vue de « restaurer le lien social », entre autres.
C’est pour donner de la visibilité à ce dispositif que le procureur de la République de Grenoble, Étienne Manteau, a réuni la presse, lundi 22 septembre 2025, au palais de justice de Grenoble. À ses côtés, des représentants du Service pénitentiaire d’insertion et de probation (Spip), de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), du Barreau de Grenoble et de l’association France victimes. Ensemble, ils ont dressé un premier bilan local : seize mesures de justice restaurative ont déjà été menées en Isère depuis la signature d’une convention départementale en juin 2022.

Au centre, Laurent Merchat du Spip entouré d’Étienne Manteaux, procureur, et de Flora Chirol du SPJJ. © Joël Kermabon – Place Gre’net
Si la loi d’août 2014 a consacré le droit pour toute victime comme pour tout auteur de recourir à une mesure de justice restaurative, la mise en œuvre est restée longtemps balbutiante. À Grenoble, les premières réflexions datent de 2020. Deux ans plus tard, une convention de partenariat a été signée entre le parquet, le tribunal judiciaire, le Spip, la PJJ, le barreau de Grenoble et l’association France victimes.
« Nous sommes dans une montée en puissance progressive », a expliqué le procureur, en soulignant que la réussite dépendait du volontariat des participants et du sérieux de la préparation. En quoi consiste concrètement ce dispositif ? Étienne Manteaux en a livré une rapide description au micro de Place Gre’net.
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