FOCUS – À partir de 2026, les cures thermales pourraient coûter bien plus cher aux patients. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), actuellement en discussion, prévoit en effet de réduire le taux de remboursement de 65 % à 15 % pour la majorité des curistes et de supprimer la prise en charge à 100 % pour les patients en affection de longue durée. Une mesure qui vise à économiser 200 millions d’euros mais qui inquiète profondément les gérants de stations thermales iséroises et leurs usagers.
En Isère, la réforme menace deux stations – Allevard et Uriage – qui accueillent chaque année des milliers de patients pour des soins en rhumatologie, dermatologie ou voies respiratoires. « Ce que propose le gouvernement avec ce déremboursement, c’est énorme ! Nous comprenons bien que tout le monde doit faire des efforts mais, là, c’est quand même une sacrée punition », s’insurge Laura Landry, directrice des Thermes d’Allevard.
« Depuis le Covid, il faut remarquer qu’il y a quand même une baisse de fréquentation du thermalisme, souligne-t-elle. Nous avons effectivement déjà des curistes qui ne reviennent plus en cure thermale parce que le reste à charge est important, parce que l’hébergement est de plus en plus cher. Et, avec cette loi, ça deviendra encore plus difficile pour eux. »
Pourquoi un déremboursement ?
Le gouvernement justifie cette baisse par la nécessité de réduire le déficit de la Sécurité sociale, estimé à 17,4 milliards d’euros en 2026. « Notre démarche permettra de s’assurer, après avis médical, que seules les cures médicalement justifiées seront remboursées, afin de limiter les prescriptions de complaisance », explique Nicole Dubré-Chirat, députée du groupe Ensemble pour la République, à l’Assemblée nationale.
Résultat : le PLFSS 2026 maintient un remboursement à 65 % pour les pathologies graves comme les rhumatismes sévères ou encore les séquelles post-traumatiques, mais supprime la gratuité pour les patients en affection de longue durée (ALD), qui devront désormais payer 35 % du coût de leur cure.
« Aujourd’hui, on est sur une population de retraités. Ce sont des gens qui n’ont pas forcément de gros revenus. »
Pour les autres, le reste à charge explosera. Par exemple, une cure de 18 jours, facturée 1 500 €, ne sera plus remboursée qu’à hauteur de 225 € (15 %), contre 975 € aujourd’hui.
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