FOCUS – Les enseignants du collège Louis-Lumière d’Échirolles qui observent un mouvement de grève depuis le lundi 17 mars 2025 se sont rassemblés devant le rectorat de Grenoble, le lundi 24 mars. Les grévistes dénoncent les méthodes de management du directeur, dont ils demandent le départ. Des personnels du collège Édouard-Vaillant de Saint-Martin-d’Hères se sont quant à eux mis en grève car ils redoutent le gel des affectations en section d’enseignement général et professionnel adapté (Segpa).
« Nous avons quand même des professeurs qui sont en larmes, qui viennent au travail la boule au ventre« , explique l’un des membres de l’équipe éducative du collège Louis-Lumière d’Échirolles. C’est pourquoi les enseignants ont entamé un mouvement de grève le lundi 17 mars 2025 et se sont rassemblés devant le rectorat de Grenoble le 24 mars au matin pour faire part de leur sentiment d’abandon.

Rassemblement devant le rectorat de Grenoble des enseignants grévistes de Louis-Lumière le 24 mars 2025. DR
En cause? Le mode de management. « Les désaccords profonds et persistants avec le management de la direction actuellement en vigueur dans l’établissement ont rendu toute communication impossible« , relatent les professeurs dans un « argumentaire » écrit.
Et de dénoncer un directeur, en poste depuis bientôt trois ans, dont les méthodes auraient engendré « une dégradation sans précédent des conditions de travail« . Ce qui aurait entraîné les départs de plusieurs membres du personnel, CPE inclus.
Les enseignants réclament le départ du directeur
Les enseignants pointent du doigt une direction qui ne prendrait plus la peine de les saluer ou de venir les voir en salle des professeurs. Celle-ci réglerait en outre des problèmes devant les élèves en employant un ton jugé inacceptable, chercherait à banaliser les incidents rencontrés, ou encore appliquerait des sanctions « en fonction de la personne qui les demandent et non en fonction de la gravité des faits« .
Dans leur communiqué, les professeurs mettent également en avant des projets culturels ou sportifs annulés, de manière arbitraire et sans justifications. « Par exemple, lors d’une réunion pédagogique, certains enseignants demandent à être informés sur une sortie qui aurait lieu quatre jours plus tard… et sans enseignant. Le chef d’établissement rétorque à deux reprises qu’il n’a “pas de comptes à rendre”« , décrivent-ils.
Soutenue par le syndicat FSU, l’équipe éducative demande au rectorat un changement pur et simple de directeur pour l’établissement. Contactés par Place Gre’net, les services académiques indiquent, pour leur part, que le collège « fait l’objet d’une attention forte […] avec notamment un suivi régulier depuis deux ans et plusieurs audiences réalisées« , tout en précisant qu’une audience est prévue pour le mardi 1er avril 2025. Une date beaucoup trop lointaine aux yeux des grévistes, qui entendent poursuivre leur mouvement jusque-là.
Des personnels du collège Édouard-Vaillant en grève pour les Segpa
Le collège Louis-Lumière n’est pas le seul à être en grève lundi 24 mars 2025. Des personnels du collège Édouard-Vaillant de Saint-Martin-d’Hères ont eux aussi entamé un mouvement pour protester contre le gel des affectations en section d’enseignement général et professionnel adapté, soit les fameuses Segpa. Un gel pour les classes de 6e et 5e « annoncé par les services du rectorat pour la rentrée prochaine« , indiquent les personnels grévistes.
« À ce jour, une douzaine de dossiers sont en cours de constitution rien que sur notre établissement. Le gel des affectations au collège risque d’accentuer les réticences, surtout lorsque l’orientation impliquerait un changement d’établissement, voire un éloignement du secteur d’origine« , dénoncent-ils encore.
Et de proposer la création d’une section double-niveau qui « permettrait au moins d’accueillir autant les élèves orientés depuis les écoles primaires que ceux déjà scolarisés en difficulté au collège« .
« Une délégation a été reçue mercredi 19 mars. Il a été indiqué que les orientations et les affectations en Segpa au collège n’avaient pas encore eu lieu, comme dans tous les établissements du département« , répondent les services du rectorat. Et ceux-ci de préciser que « si la demande est suffisante pour constituer une classe, les moyens seront attribués », et de contester dès lors tout gel des affectations.











