FLASH INFO – Une équipe de recherche internationale, qui compte parmi ses membres l’Institut de planétologie et d’astrophysique de Grenoble, a découvert la présence de quartz à la surface de la planète Mars. Une découverte qui n’a rien d’anodin : celle-ci présuppose une interaction entre la roche et l’eau, et pourrait permettre de retrouver des « signatures du vivant », une fois les échantillons ramenés sur Terre.
Pour la première fois, des chercheurs ont réussi à identifier la présence de quartz sur Mars, un type de roche très fréquent dans la croûte terrestre mais qui n’avait jamais été découvert sur la surface de la planète rouge. C’est grâce au robot de la Nasa Perseverance que l’équipe de recherche internationale a été en mesure de faire cette découverte qui ouvre de nouveaux horizons. Une équipe de recherche dans laquelle figure l’Institut de planétologie et d’astrophysique de Grenoble (Ipag).
Perseverance a plus largement découvert « une série de roches de compositions chimique et minéralogique très particulières », explique l’Université Grenoble-Alpes. En l’occurrence, de l’opale, de la calcédoine et, donc, du quartz parfaitement cristallisé sur les remparts du cratère Jezero.
Autant de roches composées de silice qui « témoignent d’une interaction eau-roche datant du tout début de l’histoire de Mars » car des « processus hydrothermaux » sont requis « pour dissoudre et précipiter de la silice ». De quoi relancer le mythe des canaux martiens, cher aux amoureux de science-fiction ?
Ceux-ci seraient tout autant intéressés par les implications de la découverte ; « Les roches siliceuses, et en particulier l’opale, ont des capacités remarquables à préserver des traces de vies, qu’elles soient morphologiques ou moléculaires », note ainsi l’UGA.
En d’autres termes, si Perseverance est en mesure d’échantillonner ces roches, en particulier avant que celles-ci ne soient ramenées sur terre, « elles seront des cibles de choix pour rechercher des signatures du vivant ». Des « signatures » qui constitueraient une découverte majeure. La patience est de mise : pour l’heure, le retour des échantillons sur Terre n’est pas prévu avant… 2033.
« Observer en surface de Mars les traces d’un ancien système hydrothermal lié à un cratère d’impact est particulièrement remarquable, car les environnements hydrothermaux sont parmi les principales cibles pour la recherche de vie microbienne dans le Système Solaire », salue Lucia Mandon, postdoctorante du Centre national d’études spatiales, qui effectue des recherches à l’Ipag. Et d’ajouter : « La surface de Mars est criblée d’impacts : il est tout à fait possible que des environnements similaires puissent avoir été assez communs sur la planète rouge ».
Outre l’Institut de planétologie et d’astrophysique de Grenoble, l’équipe de recherche inclut (côté France) l’Institut de minéralogie, de physique des matériaux et de Cosmochimie de Paris, le Laboratoire de géologie de Lyon et l’Institut de recherche en astrophysique et planétologie de Toulouse.



