EVENEMENT – Du 15 novembre 2024 au 21 septembre 2025, le musée de l’Ancien Evêché, à Grenoble, accueille l’exposition « A l’assaut des châteaux forts ! Les archéologues racontent ». Une occasion de découvrir la « grande histoire » et sa dimension iséroise par le biais des fortifications, après cinquante ans de recherches archéologiques.
Le Moyen Âge occidental s’étale sur une période d’environ 1 000 ans. Et de 4761Chute de l’Empire romain à 1 4922Découverte de l’Amérique, il s’est passé beaucoup d’événements. Afin de raconter l’histoire des Isérois durant cette période, le musée de l’Ancien Évêché a ainsi pris le pari d’un récit chronologique ayant comme fil rouge les châteaux forts. Car ce sont tout de même environ 180 sites de châteaux qui ont été recensés en Isère, même s’ils n’ont pas forcément laissé de traces.

L’exposition « A l’assaut des châteaux forts ! Les archéologues racontent » met en lumière les fortifications et leur évolution au fil des siècles et des zones géographiques. A découvrir du 15 novembre 2024 au 21 septembre 2025, elle s’appuie sur les recherches d’archéologues médiévistes ayant étudié le sujet pendant cinquante ans.
Avant les châteaux forts, les sites fortifiés de hauteur
Les visiteurs pourront s’aventurer de salle en salle pour voyager tout d’abord du Ve au IXe siècle. Au tout début de cette période, les sites fortifiés sont appelés « de hauteur ». Ce terme apparaît avant celui de château (castrum en latin). Étant donné que les archéologues n’ont pu identifier avec certitude que douze sites fortifiés de hauteur, les connaissances à leur sujet sont encore relativement modestes en Isère. Un seul lieu a bénéficié de fouilles archéologiques. Il s’agit de celui de Larina, à Hières-sur-Amby.

Concrètement, ces sites sont juchés sur des éperons rocheux ou bien encore des falaises. Leur accès est ainsi défendu par le relief. Leur implantation montre « des élites de l’aristocratie gallo-romaine ou franque abritées naturellement », précise Anouk Clavier, archéologue ayant participé aux recherches. Elle se situe par ailleurs bien souvent dans des lieux stratégiques permettant le contrôle des voies de circulation.
Se protéger autrement pour grandir
C’est ensuite autour de l’an 1 000 qu’apparaît la motte, à mi-chemin du site fortifié de hauteur et du château. Cette dernière est faite de terre et de bois. Il s’agit d’un monticule de terre amassée artificiellement ou retaillée dans le terrain naturel, sur lequel s’établit une tour en bois. Même si ce genre de construction est finalement assez peu connu en raison d’absence de fouilles et de recherches systématiques, les archéologues en sont sûrs : elle constitue un marqueur de pouvoir et de puissance. Et elle « préfigure l’organisation du château de pierre qui va lui succéder ».

Reconstitution d’une motte, ancêtre des châteaux forts. © Morgane Poulet Place Gre’net
Peu après, la colletière fait son apparition. Il s’agit d’un habitat fortifié lacuste. Le site de Charavines en est un parfait exemple. « Pour grandir, il faut se nourrir, et pour cela, il faut de l’agriculture », expliquent les archéologues. Les rives du lac de Paladru ont ainsi connu un défrichement important de la forêt, ce qui constitue pour les chercheurs les « prémisses d’un essor de la population »… Jusqu’en 1348, où presque la moitié de la population mondiale est décimée par la peste noire.
La pierre comme protection ultime
Puis du XIIe siècle à la fin du Moyen Âge, différents styles de châteaux et autres maisons fortes apparaissent. Leur point commun ? Avoir choisi la pierre comme rempart face à l’ennemi. Les bourgs fortifiés sont les plus nombreux dans le bas Dauphiné, et ce pour une raison stratégique. Le territoire se trouvait en effet enclavé entre le Dauphiné et le Royaume de Savoie, régulièrement en guerre. La commune de Crémieu est d’ailleurs typique de cette architecture.

Les visiteurs pourront, qui plus est, en apprendre plus sur les bâties, ces tertres quadrangulaires entourés de profonds fossés dont les principaux occupants étaient généralement des hommes armés.
Tout au long du parcours, de nombreuses pièces sont exposées. Armure, armes, boulet de canon, mosaïques, tableaux… pour un retour vers le passé.
Autour de l’exposition « A l’assaut des châteaux forts ! »
Pour lancer l’exposition, le musée de l’Ancien évêché prévoit une journée festive le 16 novembre 2024. Avec à 11 h 30, « Du fil au fuseau, tissage de contes ». Puis, à 14 h 30 et 16 h 30, « Les contes d’outre-mer ». A 15 h 30, le musée organise une initiation aux danses médiévales. Puis, à 19 heures, le concert « Cantamen, voyage en Moyen Âge ».









