FOCUS – Le collectif de solidarité de l’école Nicolas-Chorier s’est exprimé, jeudi 7 décembre 2023, sur la nouvelle occupation de l’école maternelle. Comme fin 2022, des parents d’élèves ont investi les lieux depuis le 20 novembre pour mettre à l’abri une famille exilée avec trois enfants, jusqu’alors à la rue. L’établissement rejoint ainsi la liste des écoles occupées depuis la rentrée, à Grenoble, qui avait déjà connu pareil phénomène lors de l’année scolaire précédente.
Une curieuse impression de déjà-vu. À l’image de l’année précédente, la liste des écoles grenobloises occupées s’allonge régulièrement avec de nouveaux noms. Un phénomène national auquel n’échappe pas la capitale des Alpes. Cette fois, c’est ainsi au tour de l’école Nicolas-Chorier de rejoindre le mouvement, comme l’ont expliqué les parents d’élèves, lors d’un goûter solidaire et d’une conférence de presse organisés jeudi 7 décembre 2023.

Les parents de l’école Nicolas-Chorier ont organisé un goûter solidaire le 7 décembre 2023 pour soutenir la famille originaire du Nigeria, hébergée provisoirement dans les locaux depuis le 20 novembre. © Collectif de solidarité de l’école Nicolas-Chorier
Réunis au sein du collectif de solidarité de l’école Nicolas-Chorier, ceux-ci ont décidé de lancer une nouvelle occupation de l’école maternelle, le 20 novembre, à l’occasion de la journée des droits de l’enfant. Le schéma et l’objectif sont devenus tristement habituels : mettre à l’abri une famille de deux parents et trois enfants, qui « dormaient sous une tente dans la rue« , raconte le collectif.
Les trois enfants sont scolarisés à l’école Nicolas-Chorier
Les trois enfants sont en effet scolarisés dans l’établissement : l’aîné à l’école élémentaire, en CM2, et les deux plus jeunes en petite et grande sections de maternelle. Originaire du Nigeria, « la famille est présente depuis plus de dix ans en France, avec déjà une longue et difficile histoire d’intégration« , précise Lucien Therond, parent et porte-parole du collectif.

Un an après une première occupation, l’école maternelle Nicolas-Chorier est de nouveau occupée pour mettre à l’abri une famille nigériane avec trois enfants dormant sous une tente à la rue. © Collectif de solidarité de l’école Nicolas-Chorier
« Nous demandons une proposition d’hébergement d’urgence pour cette famille, connue du 115 et du CCAS de Grenoble« , explique-t-il. À ce stade, aucune solution n’a pu être trouvée. Les parents d’élèves n’ont « pas de retour de la préfecture » mais ont toutefois « rencontré la Ville de Grenoble« , avec laquelle « les contacts n’ont jamais été coupés« , confie Lucien Therond.
La première famille, désormais hébergée à Moirans
De fait, le collectif, « ininterrompu depuis un an« , peut s’appuyer sur l’expérience de sa récente mobilisation. « On a déjà occupé l’école, l’an dernier, pour une famille à la rue avec trois enfants de moins de 5 ans« , rappelle le père. « Au bout de trois semaines, on a réussi à obtenir un hébergement d’urgence à Moirans. »
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