EN BREF – Pour sa saison 2023-2024, le « Café-théâtre associatif » grenoblois La Basse Cour reste fidèle à sa ligne artistique, centrée sur l’humour et l’improvisation. De quoi attirer de nombreux artistes, mais également des anonymes qui souhaitent se familiariser avec la pratique théâtrale.
Nichée dans la discrète rue Colbert, à Grenoble, mais facilement accessible depuis les cours Berriat et Jean-Jaurès, La Basse Cour a progressibement trouvé son public depuis sa création en 2012. Après avoir démarré sa nouvelle saison avec le festival Impro sur Cour en août 2023, le Café-théâtre associatif, qui peut accueillir jusqu’à 90 spectateurs assis, reprend son rythme habituel avec une programmation très riche.

La Basse Cour dispose d’une salle de 90 places assises. Les artistes, comme ici la compagnie grenobloise Imp’Acte, jouent parfois à guichets fermés. DR
« La Basse Cour a fêté ses dix ans en octobre 2022 et, globalement, elle est en forme, assure Solange Azéma, responsable de l’administration et de la communication. Malgré quelques moments plus durs, nous perdurons et, petit à petit, sommes identifiés par pas mal de monde. Même si, bien entendu, il y aura toujours de nouvelles personnes à toucher. » Notamment dans le quartier.
Découvertes, artistes de la scène locale… et têtes d’affiche
Le lieu dispose d’une bonne notoriété auprès des producteurs et tourneurs de spectacles. Et ses semaines sont bien remplies, entre les rencontres du championnat ‘Catch impro‘ les dimanches, les spectacles ‘découverte‘ ou ‘scène locale‘ les mercredis, et les shows d’artistes plus expérimentés les jeudis, vendredis et samedis.
Certains artistes se produisent à La Basse Cour pour se roder. Quelques-uns y reviennent, tel Daniel Camus du 19 au 21 octobre, inspiré par son expérience de patron de bar. Et, dans certains cas, les places partent très vite. Exemple avec Waly Dia, originaire de Grenoble et déjà assuré de jouer trois fois à guichets fermés, fin octobre.
Les lundis et mardis, pas question de rester portes closes : La Basse Cour s’appuie sur des artistes locaux pour proposer des ateliers et des stages. Chacun peut ainsi se former aux pratiques théâtrales et musicales. Et certains participants reviennent ensuite jouer sur la scène grenobloise, à l’image de Florine Chevallier cette saison.

Parmi les spécialités de La Basse Cour : l’accueil d’un championnat d’improvisation, le ‘Catch impro’, les dimanches. DR
Ce qui s’appelait au départ le projet « Sourire » repose sur un modèle associatif, quelques partenaires et la motivation de bénévoles qui participent à l’élaboration de la programmation. « L’association Basse Cour est gérée par un conseil d’administration collégial, sans bureau ni président », précise Solange. Elle et Mattia Nahon, responsable du bar et de la coordination des bénévoles, sont salariés de la structure. « Nous avons aussi, en interne, une équipe de régisseurs, chapeautée par un régisseur principal. Tous sont intermittents. »
Une équipe de bénévoles très impliqués
Par ailleurs, des volontaires « prêtent main forte à Mattia les soirs de spectacle, au bar ou à la billetterie, en installant la salle, en faisant le ménage… et, après les représentations, ils peuvent dîner aux côtés des artistes ». Un groupe privé Facebook fédère la communauté et permet de ‘mobiliser les troupes’.

Solange Azéma et Mattia Nahon, salariés de La Basse Cour, peuvent s’appuyer sur une équipe de bénévoles. En régie, la salle grenobloise fait aussi appel à des techniciens intermittents. © Martin de Kerimel – Place Gre’net
Tous n’ont pas le même degré d’implication, mais La Basse Cour peut compter sur des soutiens fidèles et qui s’entendent bien entre eux. Pour eux, pas de place à la routine, même si le travail est quasi constant. « Nous ne fermons nos portes que cinq semaines dans l’année, rappelle Solange. Nous avons d’ailleurs réfléchi à organiser davantage de soirées avec deux spectacles, mais c’est beaucoup demander à l’équipe. »
Le pari ? Aborder tous les registres de l’humour. En y introduisant parfois de la musique, comme Gatane compte le faire en novembre. Et en évitant de tomber dans le registre de la pure provocation.









