FOCUS – Un éleveur de Moirans comparaissait, mardi 4 avril 2023, devant le tribunal correctionnel de Grenoble pour des soupçons de maltraitance envers ses animaux. Des chevaux, des chiens et des chats (entre autres) retrouvés malnutris, frigorifiés, dépourvus de soins et vivant dans des conditions d’hygiène déplorables, au milieu des excréments et de cadavres d’animaux. Le sexagénaire a été condamné à 12 mois de prison avec sursis ainsi qu’à de lourdes amendes et à plusieurs peines complémentaires, dont l’interdiction de travailler avec des animaux ou d’en détenir.
« Non M. Julian, [vos animaux] ne sont pas en liberté, ils sont dans la “merde” ! » La présidente reprend sèchement le prévenu et élève la voix, semblant tout aussi choquée par les faits reprochés à Didier Julian qu’agacée par ses explications fumeuses. Cet éleveur de Moirans, âgé de 61 ans, comparaissait, mardi 4 avril 2023, devant le tribunal correctionnel de Grenoble pour un grand nombre de contraventions et délits, liés pour la plupart à des suspicions de grave maltraitance sur ses animaux.

Un éleveur de Moirans comparaissait devant le tribunal correctionnel de Grenoble, mardi 4 avril 2023, notamment pour des faits de maltraitance envers ses animaux. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net
Dans la salle d’audience, l’énoncé des faits, égrenés par la présidente, donne le tournis autant que la nausée, suscitant des murmures désapprobateurs sur les bancs. Une longue liste correspondant à deux dossiers distincts – mais similaires – regroupés pour cette audience. Le premier, qui devait être jugé initialement le 25 août 2022, avait été à l’époque renvoyé à la demande des parties.
Enfermée dans une grange, avec un cadavre et des restes d’animaux calcinés, la ponette était « dans un état de maigreur morbide, amyotrophiée, pleine de poux, avec la queue brûlée ».
Celui-ci concerne une série de faits commis entre 2018 et 2020, essentiellement dans l’élevage d’animaux de Didier Julian, à Moirans, mais aussi sur les marchés de Voreppe et Miribel-les-Échelles. Parmi eux, plusieurs cas de « mauvais traitements envers un animal », l’éleveur étant notamment poursuivi pour avoir « détenu toutes sortes d’animaux (chevaux, chiens, chats, chèvres, poules) dans des habitats souillés, au milieu des excréments et de cadavres d’animaux ».

Une ponette, vivant au milieu de cadavres d’animaux, a été retrouvée dans un état de « maigreur morbide » et souffrant notamment d’amyotrophie, avant d’être retirée à l’éleveur et confiée à l’association Cheval Espoir 38. © Page Facebook de Cheval Espoir 38
Illustration le 11 août 2020 : lors d’un contrôle découlant d’un signalement, les enquêteurs de la SPA et de l’association Cheval Espoir 38, assistés des gendarmes de Moirans, ont retrouvé un poney « dépourvu de tout soin », selon la présidente. Enfermée dans une grange, avec un cadavre et des restes d’animaux calcinés, la ponette était « dans un état de maigreur morbide, amyotrophiée, pleine de poux, avec la queue brûlée », dénonce Me Leslie Bordignon, avocate de la SPA de Lyon et du Sud-Est.
« Six chats dans un box de 10 m², sans eau, sans nourriture, sans litière »
Très mal en point, l’animal avait alors été confié à Cheval Espoir 38. Outre la ponette, les inspecteurs ont également découvert ce jour-là « six chats enfermés dans un box de 10 m², sans eau, sans nourriture, sans litière, avec deux gamelles très sales », ajoute l’avocate.
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