Dans une lettre ouverte, Grenoble à coeur accuse une nouvelle fois le chauffage, et non la voiture, d'être responsable de la pollution à Grenoble.

Pollution de l’air : “le confinement montre que les Grenoblois ont été trompés”

Pollution de l’air : “le confinement montre que les Grenoblois ont été trompés”

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TRIBUNE LIBRE – Pour Grenoble à cœur, le collectif de commerçants et d’habitants opposé au plan de circulation Cœurs de ville, cœurs de métropole (CVCM) dans l’hyper-centre de Grenoble, la voiture a été injustement désignée comme la coupable numéro 1 de la pollution dans la cuvette. Le confinement, avec ses effets sur la qualité de l’air dans l’agglomération, vient en apporter la preuve.

 

 

Commerçants et unions de quartier réunis dans le collectif Grenoble à cœur contestent le projet de piétonnisation de CVCM et proposent des alternatives. crédit Patricia Cerinsek

Le col­lec­tif Grenoble à cœur conteste depuis ses débuts le pro­jet CVCM. © Patricia Cerinsek

ILS SAVAIENT - Des cher­cheurs gre­no­blois ont publié en 2016 une étude fai­sant appa­raître la res­pon­sa­bi­lité des par­ti­cules fines PM2,5 dans le décès pré­ma­turé de 114 per­sonnes par an sur le bas­sin grenoblois.

 

Le pou­voir poli­tique gre­no­blois s’en est immé­dia­te­ment emparé, à com­men­cer par le maire sor­tant et le pré­sident de la Métro. Une for­mule choc a été éla­bo­rée : « tous les trois jours, une per­sonne meurt à cause de la pol­lu­tion ». Une défor­ma­tion poli­ti­cienne qui dévoyait l’étude de deux manières : les PM2,5 deve­nues à elles seules toute « la pol­lu­tion », l’espérance de vie dimi­nuée deve­nue « une per­sonne meurt ».

 

Toutes les oppor­tu­ni­tés ont ensuite été bonnes pour assé­ner ce faux mes­sage, et tous les moyens ont été uti­li­sés : les pro­pos annon­çant « Cœur de Ville Cœur de Métropole » (CVCM), la vignette Crit’Air, le maga­zine Gre.mag, l’annonce de la zone à faibles émis­sions sur le site de la ville, les inter­views dans Le Dauphiné libéré, et bien sûr les dis­cours sur le vélo (Éric Piolle sur France 3 Alpes le 7 février 2020).

 

 

« Le diesel, n’est responsable que de 7 % des émissions de PM2,5 »

 

ILS ONT FERMÉ LES YEUX - Les PM2,5 sont en pre­mier lieu émises par le chauf­fage au bois. Atmo Aura a récem­ment publié une illus­tra­tion qui montre quels sont les pol­luants de l’air dans notre région et quelles en sont les sources. Voir en page 4, repro­duite ci-dessous.

 

Elle montre qu’en Rhône-Alpes, les PM2,5 sont émises à 70 % par le sec­teur rési­den­tiel, avec pour source quasi exclu­sive le chauf­fage au bois. Elle montre aussi que l’accusé n°1 de cer­tains poli­ti­ciens à la mode, le die­sel, n’est res­pon­sable que de 7 % des émis­sions de PM2,5.

 

 

Tout ceci est connu depuis au moins le Plan de pro­tec­tion de l’atmosphère de Grenoble, signé début 2014.

 

Quelles ont été les mesures contre le chauf­fage au bois, dit éco­lo­gique bien qu’il soit le pre­mier contri­bu­teur aux pro­blèmes de santé cau­sés par la pol­lu­tion ? Aucune, juste une sou­riante inci­ta­tion à pol­luer moins fort, récom­pen­sée de 2 000 euros par la Métro.

 

 

48 000 décès en France ? Un chiffre qui n’est pas réel mais issu d’un modèle mathématique

 

L’épidémiologiste Rémy Slama, coor­di­na­teur de l’étude gre­no­bloise, avait pour­tant expli­qué sur Place Gre’net : « Les niveaux de par­ti­cules fines sont pro­ba­ble­ment le prin­ci­pal levier qui peut être actionné pour amé­lio­rer signi­fi­ca­ti­ve­ment la santé des popu­la­tions de zones urbaines comme Grenoble. »

 

 

ILS ONT FAIT CROIRE QUE C’ÉTAIT LA VOITURE - On l’a vu plus haut, toutes les décla­ra­tions du pou­voir poli­tique gre­no­blois ont été sys­té­ma­ti­que­ment orien­tées en ce sens. Il s’agissait pour lui d’embellir ou de faire ava­ler sa poli­tique : CVCM, vignette Crit’Air, zone faibles émis­sions, auto­routes à vélos.

 

“Le confinement révèle que les Grenoblois ont été trompés".La pollution en hausse dans certains quartiers de Grenoble, après la mise en place de CVCM ? Dominique Grand président de Grenoble à Coeur le démontre avec des chiffres recueillis auprès d'Atmo. © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Dominique Grand, pré­sident de Grenoble à Cœur. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

La défor­ma­tion de la réa­lité a été per­ma­nente, comme l’illustre par exemple la publi­ca­tion de masse de la parole offi­cielle, le maga­zine Gre.mag : « Le dioxyde d’azote (NOx) et les par­ti­cules fines (PM10) : deux pol­luants à l’origine de 48 000 décès en France chaque année et d’une mort tous les 3 jours sur le seul bas­sin gre­no­blois, soit 9 fois plus que le nombre de décès liés aux acci­dents de la route ! » 

 

« Les res­pon­sables sont connus : le tra­fic auto­mo­bile et le chauf­fage au bois non performant. »

 

Où sont pas­sées les PM2,5 de l’étude scien­ti­fique gre­no­bloise ? Disparues. À leur place, le NO2 se retrouve dési­gné parmi les cou­pables, alors que l’étude ne le concer­nait pas. Un NO2 très utile pour accu­ser les auto­mo­biles d’être les pre­mières co-res­pon­sables « d’une mort tous les trois jours », CQFD pour ser­vir la poli­tique locale.

 

 

Pour Grenoble à cœur, le chauffage au bois a bénéficié de toutes les clémences

 

Il en va exac­te­ment de même quant aux pré­ten­dus 48 000 décès en France : ce chiffre qui n’est pas réel mais issu d’un modèle mathé­ma­tique – aussi contes­table qu’il est contesté pour des man­que­ments métho­do­lo­giques – est un chif­fon rouge sorti d’une modé­li­sa­tion sur les méfaits des PM2,5. Il ne concerne pas « la pol­lu­tion » et abso­lu­ment pas le NO2 du tra­fic automobile.

 

 

LA POLLUTION AUX PM N’A PAS BAISSÉ AVEC LE CONFINEMENT - Le confi­ne­ment a fait dis­pa­raître la presque tota­lité du tra­fic auto­mo­bile, mais la pol­lu­tion aux par­ti­cules fines est tou­jours là. Rien d’étonnant, on l’a vu plus haut, mais cela rend le fait que les Grenoblois ont été trom­pés aussi visible que le nez (de Gribouille ou de Pinocchio ?) au milieu de la figure.

 

Tous les pro­jec­teurs ont été bra­qués pen­dant cinq ans vers la pol­lu­tion d’origine auto­mo­bile alors qu’elle n’est pas, loin s’en faut, la source prin­ci­pale des pro­blèmes de santé les plus graves. Pourquoi ? Par dog­ma­tisme pour cer­tains, par haine de l’automobile pour d’autres, par cal­cul politicien.

 

“Le confinement révèle que les Grenoblois ont été trompés".Quel impact a le nouveau plan de circulation sur le flux de véhicules en ville ? © Patricia Cerinsek

CVCM ou le nou­veau plan de cir­cu­la­tion dans l’hy­per-centre de Grenoble. © Patricia Cerinsek

Cinq années pen­dant les­quelles la source de pol­lu­tion réel­le­ment res­pon­sable d’une durée de vie dimi­nuée pour 114 per­sonnes par an*, le chauf­fage au bois, a béné­fi­cié de toutes les clémences.

 

Cinq années pen­dant les­quelles la répres­sion s’est exclu­si­ve­ment abat­tue sur la voi­ture : fer­me­ture des accès, plan de cir­cu­la­tion impos­sible (et illé­gal), sup­pres­sion du sta­tion­ne­ment, inter­dic­tion de cir­cu­ler pour cer­tains véhi­cules mais aucune prime locale pour chan­ger de voiture.

 

Et rien en faveur des trans­ports en com­mun ou du covoi­tu­rage dans le plan CVCM-Chronovélo. Inutile puisqu’il était prévu 100 % de report sur le vélo, un moyen de trans­port qui dépend de la météo et ne convient ni à tous ni à tout. Chauffage au bois, trans­ports moto­ri­sés : deux poids, deux mesures selon le côté où penchent le dogme et les inté­rêts politiques.

 

 

« Le respect du seuil de NO2 a été repoussé de onze ans, en 2026 au lieu de 2015 »

 

CE QUE DÉMONTRE UN MOIS DE CONFINEMENT – Au terme des deux pre­mières semaines de confi­ne­ment, Atmo Aura a écrit qu’en Rhône-Alpes : « la ten­dance est beau­coup plus dif­fi­cile à éta­blir pour les par­ti­cules fines et très fines en milieu urbain sous influences mul­tiples. Pour quelques jour­nées, une baisse peut se faire res­sen­tir, mais sur l’ensemble des deux semaines, on observe une pro­gres­sion de 18 et 25 % pour les PM10 et PM2,5. »

 

Après un mois de confi­ne­ment, nos obser­va­tions des sta­tions de mesures gre­no­bloises le confirment. Le trait ver­ti­cal rouge indique le pre­mier jour du confinement.

 

Les particules fines ne baissent pas pendant le confinement

Les par­ti­cules fines ne baissent pas pen­dant le confinement…

 

... alors que le NO2 a chuté avec l’arrêt du trafic automobile.

… alors que le NO2 a chuté avec l’arrêt du tra­fic automobile.

 

AU MOINS, CETTE HAINE DE LA VOITURE A‑T-ELLE AMÉLIORÉ LA QUALITÉ DE L’AIR ? – Même pas (!), comme l’a écrit Atmo Grenoble dans son bilan pour­tant très com­plai­sant de CVCM. La situa­tion concer­nant la pol­lu­tion d’origine prin­ci­pa­le­ment auto­mo­bile s’est en réa­lité dégra­dée puisque le res­pect du seuil de NO2 a été repoussé de onze ans, en 2026 au lieu de 2015. Ainsi, le pou­voir en res­pon­sa­bi­lité depuis six ans s’est défaussé de l’engagement public du Plan de pro­tec­tion de l’atmosphère que la Ville et la Métro avaient signé en 2014.

 

 

LES GRENOBLOIS ONT LE DROIT DE SAVOIR – Le chauf­fage urbain a brûlé 100 000 tonnes de bois dans la sai­son 2018 – 2019. Une nou­velle cen­trale a été construite pour brû­ler 85 000 tonnes sup­plé­men­taires par an. Elle reven­dique d’être « peu pol­luante » car conforme aux der­nières normes. Mais ces normes disent que les cen­trales à bio­masse récentes peuvent reje­ter 4 à 6 fois plus de par­ti­cules fines que les cen­trales à gaz, sans par­ler des autres polluants.

 

 

« Le bilan de CVCM est désolant »

 

Que pen­ser alors des ins­tal­la­tions gre­no­bloises plus anciennes où dis­pa­raissent 100 000 tonnes d’arbres par an ? Et que pen­ser de toutes les ins­tal­la­tions indi­vi­duelles où le fil­trage des par­ti­cules est presque tou­jours inexistant ?

 

Les Grenoblois ont le droit de savoir : en matière de pol­lu­tion, à com­bien de dizaines de mil­liers de « bagnoles » qui rou­le­raient 24h/24 ce chauf­fage dit « vert » est-il équivalent ?

 

 

NOS POUMONS NE DISENT PAS MERCI – Concernant la pol­lu­tion de l’air, il y a eu faillite du pou­voir gre­no­blois aux mains de mes­sieurs É. Piolle, Y. Mongaburu, C. Ferrari.

 

1. La ques­tion de la pol­lu­tion aux par­ti­cules fines PM10 et PM2,5, pre­mières res­pon­sables des atteintes les plus graves à la santé, n’a pas été trai­tée à la hau­teur du pro­blème sani­taire qu’elles représentent.

 

Les conditions estivales favorisent la pollution à l'ozone. Le Nord- Isère et le Bassin grenoblois sont placés en niveau Information et recommandation.

© Patricia Cerinsek

2. Le carac­tère prio­ri­taire de ce pro­blème sani­taire était par­fai­te­ment connu et docu­menté. Mais les yeux se sont fermés.

3. L’étude scien­ti­fique qui le disait a été tra­ves­tie et ins­tru­men­ta­li­sée pour dési­gner cou­pables l’automobiliste et son véhi­cule, alors que les par­ti­cules fines ont très majo­ri­tai­re­ment pour ori­gine le chauf­fage au bois.

 

4. Les mesures déci­dées selon ce dogme ont créé d’autres pro­blèmes, avec pour résul­tat une deuxième défaillance, cette fois concer­nant la pol­lu­tion d’origine majo­ri­tai­re­ment automobile.

 

5. Pollution aug­men­tée pour des mil­liers d’habitants, hausse record des embou­teillages, échec du report mas­sif sur le vélo, pro­blèmes éco­no­miques, le bilan de CVCM est déso­lant. Il est résumé dans cet article sur Médiapart.

 

6. Pourtant, aucune nou­velle sta­tion de mesure (ni fixe, ni mobile) n’a été allouée à l’évaluation de l’impact de CVCM. Atmo Grenoble a ins­tallé son unique nou­velle sta­tion… au cime­tière !

 

Il se dit que beau­coup de doc­trines seront à revoir après le Covid-19. Pour que Grenoble res­pire, c’est effec­ti­ve­ment très néces­saire. Pour l’instant, les résul­tats des cal­culs poli­ti­ciens et de l’incompétence sont dans les pou­mons des Grenoblois, même pen­dant le confinement.

 

 

Grenoble à cœur

 

* Et même 145 selon les der­niers chiffres des mêmes auteurs.

 

 

Rappel ce que nous avions dit, le 3 février 2017 devant le conseil métro­po­li­tain : « OUI nous avons Grenoble à Cœur, OUI nous vou­lons un pro­jet Cœurs de Ville Cœurs de Métropole réussi », mais aussi que « les bonnes inten­tions ne suf­fisent pas. La réa­li­sa­tion n’a fait l’objet d’aucune étude sérieuse de ses consé­quences. Tout montre pour­tant qu’elles seront néga­tives sur la pol­lu­tion, la santé, la flui­dité des dépla­ce­ments, la vita­lité économique. »

 

Les tri­bunes publiées sur Place Gre’net ont pour voca­tion de nour­rir le débat et de contri­buer à un échange construc­tif entre citoyens d’opinions diverses. Les pro­pos tenus dans ce cadre ne reflètent en aucune mesure les opi­nions des jour­na­listes ou de la rédac­tion et n’engagent que leur auteur.

Vous sou­hai­tez nous sou­mettre une tri­bune ? Merci de prendre au préa­lable connais­sance de la charte les régis­sant.

 

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Patricia Cerinsek

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