À Grenoble, les animalistes s’invitent dans la campagne des municipales

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FOCUS – Déterminé à faire entendre sa voix lors des élections municipales, le Parti animaliste a choisi de s’allier à la liste d’Éric Piolle. Quant au Mouvement hommes animaux et nature, il a rejoint la liste du candidat Alain Carignon. Objectif commun de ces ralliements à des listes électorales grenobloises : montrer aux citoyens que la question animale est aujourd’hui éminemment politique. De son côté, la candidate divers droite Mireille d’Ornano avait déjà pris bien plus tôt fait et cause pour les animaux.

 

 

Animaliste © David Clode unsplash

Les ani­maux (domes­tiques ou non) s’in­vitent dans la cam­pagne des muni­ci­pales. © David Clode – Unsplash

La cause ani­male s’in­vite dans la course des muni­ci­pales à Grenoble. En témoigne ce (faux) bureau de vote ins­tallé par l’as­so­cia­tion L214 rue Félix-Poulat, ce samedi 7 mars de 14 h 30 à 16 h 30.

 

L’occasion de décou­vrir, à l’aide de bul­le­tins géants, les can­di­dats aux élec­tions muni­ci­pales enga­gés ou non pour la cause ani­male.

 

L’observatoire Politique & Animaux a en effet recensé les can­di­dats enga­gés (ou non) à réduire la souf­france ani­male via les com­pé­tences muni­ci­pales. En l’oc­cur­rence, parmi les can­di­dats à la mai­rie de Grenoble, seuls Éric Piolle et Mireille d’Ornano ont signé l’en­ga­ge­ment « Une ville pour les ani­maux ».

 

 

Mireille d’Ornano, défenseuse de la cause animale

 

L’ancienne dépu­tée euro­péenne Front natio­nal Mireille d’Ornano, aujourd’­hui can­di­date sans éti­quette, a tou­jours défendu la cause ani­male, de même qu’elle a conduit de nom­breux com­bats pour l’é­co­lo­gie.

 

Mireille d'Ornano animaliste © Joël Kermabon - Place Gre'net

Mireille d’Ornano. © Joël Kermabon – Place Gre’net

 

Elle est ainsi notam­ment connue pour son action contre le tra­fic d’a­ni­maux au Parlement euro­péen.

 

Membre de la Commission Environnement, santé publique et sécu­rité ali­men­taire, elle a éga­le­ment été rap­por­teur de l’avis de la Commission envi­ron­ne­ment sur le rap­port d’initiative « Secteur api­cole euro­péen ». Et a tenté durant des années de faire inter­dire tous les pes­ti­cides toxiques pour les abeilles et la santé humaine. Elle a ainsi demandé, sans suc­cès, l’interdiction sans délai des néo­ni­co­ti­noïdes à l’Union euro­péenne.

 

Sur Grenoble, Mireille d’Ornano pré­voit des actions pour le « bien-être humain et ani­mal ». Notamment par la créa­tion de zones dédiées aux chiens, où ils pour­ront se dépla­cer libre­ment ou faire leurs besoins. Elle trouve en revanche qu’il ne faut pour le moment pas impo­ser trop de repas végé­ta­riens dans les can­tines, dans une logique de pro­gres­si­vité.

 

 

Le Parti animaliste a rejoint la liste d’Éric Piolle à Grenoble

 

Éric Piolle, le maire sor­tant, a quant à lui fait le choix de s’al­lier à un parti défen­dant les ani­maux : le Parti ani­ma­liste (cf. enca­dré). Engagée dans la cam­pagne des muni­ci­pales depuis avril 2019, Sandra Krief, est ainsi désor­mais sur la liste de Grenoble en Commun où elle compte por­ter les valeurs de son parti.

 

Parmi les mesures inté­grées au pro­gramme d’Éric Piolle, « la créa­tion d’une délé­ga­tion à la pro­tec­tion ani­male et à la bio­di­ver­sité au sein du conseil muni­ci­pal » ou encore le fait de « per­mettre aux per­sonnes âgées dans les Ehpad d’accueillir leurs ani­maux domes­tiques, comme dans d’autres struc­tures d’accueil, d’urgence par exemple ». 

 

Conférence de Presse Thouy Piolle _C_ Lise Gaeta Place Gre'net 4

Sandra Krief, Eric Piolle et Hélène Thouy © Lise Gaeta – Place Gre’net

 

Le rap­pro­che­ment a eu lieu au début de l’automne. « L’existence du parti ani­ma­liste va per­mettre de fran­chir un cap dans la prise en compte de la condi­tion ani­male et du bien-être des ani­maux », estime Éric Piolle.

 

Selon le maire-can­di­dat, les mesures du Parti ani­ma­liste viennent confor­ter une poli­tique ali­men­taire visant à déve­lop­per les repas végé­ta­riens et végé­ta­liens. Une démarche plus res­pec­tueuse des êtres vivants… dans la mesure où on ne les mange pas. Éric Piolle a éga­le­ment signé la charte du parti ani­ma­liste. L’objectif aujourd’hui : inten­si­fier les mesures dans ce domaine au niveau local. « Nous sommes un des élé­ments de la bio­di­ver­sité en inter­ac­tion avec l’ensemble des espèces ani­males », rap­pelle-t-il.

 

 

Une sensibilité tardive à la cause animale

 

Si le maire exprime aujourd’­hui le désir de s’en­ga­ger pour la cause ani­male, d’au­cuns pour­ront tou­te­fois juger cet enga­ge­ment pour le moins tar­dif, voire oppor­tun en cette période élec­to­rale, le maire s’é­tant jusque-là peu pré­oc­cupé de cette cause.

 

UNE Enfants à la Cantine Crédit Ministère de l'Education

Les lun­dis sans viande ni pois­son n’ont été ins­tau­rés à Grenoble que début 2019, dans le cadre de l’o­pé­ra­tion natio­nale des lun­dis verts. © Ministère de l’Education natio­nale

En 2014, seul l’en­ga­ge­ment 43 de son pro­gramme inti­tulé « Ramener des ani­maux en ville » abor­dait cette ques­tion, et uni­que­ment vue sous l’angle de la bio­di­ver­sité (implan­ta­tions de ruches, nichoirs pour petits oiseaux…). Et l’ac­tion de la muni­ci­pa­lité dans ce domaine s’est sur­tout can­ton­née à cette approche, avec un sou­tien apporté à la Ligue de pro­tec­tion des oiseaux et à France nature envi­ron­ne­ment (ex-Frapna) Isère.

 

Côté végé­ta­risme, rien d’a­vant-gar­diste. La Ville de Grenoble a ainsi attendu l’i­ni­tia­tive du lundi vert – jour par semaine sans viande ni pois­son lancé en jan­vier 2019 au niveau natio­nal par Laurent Bègue, pro­fes­seur à l’Université Grenoble-Alpes – pour pro­po­ser des repas végé­ta­riens dans les can­tines. Pas mieux que les autres, donc.

 

Éric Piolle a, par ailleurs, mis très long­temps à se posi­tion­ner par rap­port à la pré­sence de cirques avec ani­maux, contrai­re­ment à cer­tains maires qui les inter­di­saient sur leur com­mune. Et ce mal­gré les péti­tions qui ont cir­culé durant des années sur Grenoble pour le lui deman­der. Celui-ci s’est ainsi contenté, sous la pres­sion des asso­cia­tions, de faire voter en conseil muni­ci­pal en juillet 2018 un vœu inter­pel­lant l’État sur la condi­tion ani­male. Vœu qui est d’ailleurs resté pieux, dans la mesure où le Grand cirque avec ani­maux de Saint-Pétersbourg, s’est ins­tallé sans être inquiété début décembre 2019 sur le par­king d’Alpexpo… au grand dam des défen­seurs de la cause ani­male.

 

 

Le Mouvement hommes animaux et nature allié à Alain Carignon

 

Le Mouvement hommes ani­maux et nature (Mhan) créé en 1996 a, lui, déjà par­ti­cipé aux élec­tions légis­la­tives de 2004. Aujourd’hui, il espère, en rejoi­gnant la liste Société civile, appor­ter des chan­ge­ments consi­dé­rables à la Ville de Grenoble en matière de cause ani­male. C’est Josiane Hirel, mili­tante asso­cia­tive de ter­rain enga­gée pour la cause ani­male, qui repré­sente le Mhan sur la liste d’Alain Carignon afin de faire por­ter la voix des ani­maux.

 

Alain Carignon animaliste ?

Alain Carignon qu’a rejoint Josiane Hirel © © Equipe de cam­pagne Alain Carignon

Les « hommes », les « ani­maux » et la « nature » étant « indis­so­ciables », le Mhan veut agir pour garan­tir un équi­libre entre ces trois élé­ments. L’objectif : pro­té­ger la bio­di­ver­sité et ins­tau­rer une rela­tion d’é­ga­lité à l’é­gard des êtres vivants.

 

En tant que béné­vole sur le ter­rain, Josiane Hirel affirme avoir pris conscience de la misère humaine et ani­male. « Aujourd’hui, il est urgent d’a­gir, de pen­ser et de vivre autre­ment », affirme-t-elle.

 

La can­di­date de la liste d’Alain Carignon déplore de grandes souf­frances dans le monde d’au­jourd’­hui : « insé­cu­rité, sai­sons déca­lées, souf­france ani­male, abat­toir, éle­vages inten­sifs, aban­don… ».

 

 

Des objectifs locaux pour les animaux

 

Le Mhan a créé une liste de pro­po­si­tions au sein du Collectif de la Société Civile. Ainsi, pré­voient-ils notam­ment la « créa­tion d’un fichier des mal­trai­tances et aban­dons ». Mais aussi d”« asso­cier le monde du han­di­cap à la pro­tec­tion ani­male » en créant du lien social.

 

Josiane Hirel et Alain Carignon © Lise Gaeta Place Gre'net

Josiane Hirel et Alain Carignon © Lise Gaeta – Place Gre’net

 

Josiane Hirel sou­hai­te­rait notam­ment mul­ti­plier les centres occu­pa­tion­nels pour enfants han­di­ca­pés, dédiés à la créa­tion de « petites mai­sons ». Ces der­nières accueillent les chats errants afin de les nour­rir, de garan­tir leur suivi, de leur appor­ter des soins et de les sté­ri­li­ser et ainsi d’é­vi­ter leur pro­li­fé­ra­tion. De quoi valo­ri­ser en outre les créa­tions des enfants han­di­ca­pés.

 

Lise Gaeta

 

 

Plus de 5 000 adhérents au Parti animaliste en France

 

Créé en 2016, le parti ani­ma­liste a tout de suite pris part aux élec­tions légis­la­tives. Le parti n’a, depuis, cessé de gran­dir pour finir par prendre une place non négli­geable sur l’é­chi­quier poli­tique. Sa co-fon­da­trice et co-pré­si­dente, Hélène Thouy, évoque ainsi le résul­tat de son parti aux élec­tions euro­péennes, lequel a recueilli « 2,7 % des voix ». Un chiffre encou­ra­geant, mon­trant qu’il existe un élec­to­rat sen­sible à la cause ani­male.

 

Hélène Thouy du parti animaliste _C_ Lise Gaeta Place Gre'net 4

Hélène Thouy © Lise Gaeta – Place Gre’net

Pour ces muni­ci­pales, le parti ani­ma­liste, qui regroupe aujourd’­hui plus de 5 000 adhé­rents, est bien sûr de la par­tie. Sur des listes auto­nomes à Toulouse ou au Havre, par exemple. Mais aussi sur des listes d’al­liances, comme à Grenoble où il a ral­lié la liste d’Éric Piolle, Grenoble en com­mun.

 

Se pré­sen­tant comme mono­thé­ma­tique et trans­ver­sal, le parti ani­ma­liste a consti­tué un grand spectre d’alliances. La ques­tion ani­male est « trans­par­ti­sane », explique Hélène Thouy, et doit « tou­cher toutes les sen­si­bi­li­tés poli­tiques […], dans la mesure où il y a des volon­tés poli­tiques. Évidemment sous réserve de res­pec­ter la charte des valeurs du parti ani­ma­liste ».

 

Malgré une « quasi-absence de média­ti­sa­tion » et de « faibles moyens », ce jeune parti pour­rait tirer son épingle du jeu, juge sa co-pré­si­dente. Qui rap­pelle que « six Français sur dix indiquent que leur choix de vote sera influencé par le posi­tion­ne­ment des can­di­dats sur la ques­tion ani­male »1L’enquête menée les 12 et 13 novembre 2019 par l’Ifop à la demande de L214 montre que 72 % des Français trouvent impor­tant que, dans leur com­mune, les can­di­dats aux élec­tions muni­ci­pales de mars 2020 s’en­gagent sur des mesures concrètes en matière de pro­tec­tion ani­male.

 

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Commentaires 1
  1. Arrêtons de nous lique­fier nos cer­veaux avec ce genre de par­tis !
    A l’heure où la France compte de plus en plus de mal­heu­reux, où la cor­rup­tion et les traf­fics de drogues prennent de plus en plus de place, je pense qu’il y a autres choses à faire que de faire des par­tis ani­ma­listes !!!!!!!

    Bien cor­dia­le­ment,

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