Mila toujours privée de lycée : la Ligue de l’enseignement de l’Isère tape du poing sur la table

sep article

 

FIL INFO — Quand Mila pourra-t-elle retourner au lycée ? La jeune Iséroise de 16 ans n’a plus mis les pieds dans son établissement depuis l’avalanche de menaces de mort faisant suite à ses propos critiques sur l’Islam. Une situation que dénonce la Ligue de l’enseignement de l’Isère : son président rappelle que la critique de la religion est un droit constitutionnel, et appelle la République à protéger Mila et à lui permettre de se re-scolariser rapidement.

 

 

La Ligue de l’enseignement de l’Isère tape du poing sur la table. Depuis bientôt quinze jours, la jeune Iséroise Mila est déscolarisée, pour cause de menaces de mort suite à ses propos critiques sur l’Islam. Si l’adolescente de 16 ans n’a pas été « exfiltrée » de son lycée, comme le précise Libération en réponse aux rumeurs sur la Toile, elle n’est pas en capacité de réintégrer son établissement scolaire… ni aucun autre.

 

Mila face aux menaces de mort sur Instagram © Bellica

Mila face aux menaces de mort sur Instagram © Bellica

 

Une situation d’autant plus absurde aux yeux de la Ligue de l’enseignement Éric Favey que Mila a été “blanchie” par la justice. Le parquet de Vienne avait, en effet, ouvert une enquête pour « provocation à la haine raciale » à son encontre. Procédure classée sans suite le jeudi 30 janvier. Le même jour, la ministre de la Justice Nicole Belloubet reconnaissait avoir commis une maladresse en déclarant qu’insulter une religion était « une atteinte à la liberté de conscience ».

 

 

« La continuité pédagogique est assurée » affirme le rectorat

 

« La fédération de la Ligue de l’Enseignement de l’Isère rappelle que partout en France, (…) il est possible de critiquer ou d’insulter une religion, ou toute autre croyance et conviction philosophique ou politique, sans encourir de poursuites », écrit Éric Favey dans un communiqué. Une garantie de liberté d’expression notamment assurée par les articles 10 et 11 de la Constitution française, poursuit-il.

 

La garde des sceaux Nicole Belloubet a dû rétropédaler en urgence après avoir estimé qu'insulter une religion était une atteinte à la liberté de conscience © Joël Kermabon - Place Gre'net

La garde des sceaux Nicole Belloubet a dû rétropédaler en urgence après avoir affirmé qu’insulter une religion était une atteinte à la liberté de conscience. © Joël Kermabon – Place Gre’net

 

Pourtant, la jeune Iséroise demeure privée de lycée, et l’Éducation nationale semble peiner à trouver une solution pour permettre sa re-scolarisation. « On n’arrive pas à trouver un établissement dans lequel la sécurité de cette jeune fille serait aujourd’hui assurée », a ainsi dénoncé sur BFM l’avocat de Mila, et accessoirement de Charlie-Hebdo, Richard Malka.

 

« Pour Mila, la République ne sera vraiment protectrice de ses droits qu’à la condition qu’elle retrouve rapidement un lycée pour poursuivre dans la sérénité ses études. Ce qui n’est toujours pas le cas à ce jour », écrit pour sa part Éric Favey. Le rectorat de Grenoble a, de son côté, indiqué au Monde que « la continuité pédagogique, à distance, [était] assurée » pour l’adolescente. Tout en « appelant au calme » face aux menaces de mort et de viol dont elle est victime.

 

Florent Mathieu

 

commentez lire les commentaires
6729 visites | 10 réactions
logos commentaires logos commentaires

Commentez ou réagissez

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais, après modération.

Commentaires 10
  1. Que dire après Gilce ?
    Rien sauf le remercier d’avoir tout dit et si bien.

    sep article
  2. « Le blasphème fait partie des droits de l’homme, pas des bonnes manières » André Comte-Sponville, le 12 mars 2015.

    sep article
    • FM

      04/02/2020
      18:51

      Mais « la liberté d’expression ne s’use que si on ne s’en sert pas » (Paraphrase du Canard, 1917).

      sep article
      • Pas de « mais », cher Florent Mathieu ! « ET » !!!
        Sauf que la formule ne doit pas dater de 1917, puisqu’il s’agit d’un démarquage du célèbre slogan de la pile Wonder (« ne s’use que si l’on s’en sert »…).
        :-).
        Donc blasphème et liberté d’expression – sans modération !
        Et [modération, propos insultants] à Ségolène Bécassine ! Qu’elle retourne voir les pingouins !!!

        sep article
        • Oh là ! J’ai écrit le mot de Cambronne à destination de notre ancienne ambassadrice aux Pôles et me voilà « modéré » (id est : censuré) ????
          « Propos insultants » ?
          Et « zut à Ségolène », ça passe ? « Que Ségolène aille se faire prendre en photo par les pingouins » ? Ou encore « Madame Royal n’a jamais fait montre d’une clairvoyance ni d’une compétence aveuglantes » ?
          Diffamation ? Délit de blasphème ?
          Vive la liberté d’expression, je m’époumone à le répéter !

          sep article
          • FM

            06/02/2020
            8:56

            Que je sache, votre commentaire a été modéré, pas censuré. Outre la retenue langagière que nous préconisons dans notre espace de commentaires, je vous invite (mais c’est à vous de voir), à un tantinet de pudeur.

            sep article
            • « Modéré », pas « censuré » ? C’est jouer sur les mots. Le terme exact a bien été caviardé, non ?
              J’admets néanmoins volontiers que vous restez dans votre rôle.
              Si donc je comprends que vous teniez à ce que vos intervenants fassent preuve de « retenue langagière », j’ai plus de mal à saisir ce que vous entendez par « un tantinet de pudeur »….
              Moins d’esbroufe de ma part ? De cabotinage ?
              « Eh bien oui, j’exagère ! [..] Mais pour le principe, et pour l’exemple aussi, / Je trouve qu’il est bon d’exagérer ainsi. »
              C’est dans « Cyrano ».
              Non, non, je ne me compare pas à l’illustre mousquetaire… Un peu de pudeur, que diable.
              La question est que justement, Mila a EXAGÉRÉ, mais que l’exagération fait partie intégrante de la liberté d’expression à laquelle vous, votre média et moi sommes clairement attachés.
              Cordialement.

              sep article
          • « La bravitude, pour éviter la plantance! » Je m’époumone encore (de rire) au souvenir de ce titre du canard de l’entre-deux tours de 2007 qui reste gravé dans ma mémoire.

            sep article
  3. Retrouver certains auteurs de menaces à l’encontre de Mila, les punir sévèrement et le faire savoir: voilà déjà ce que serait la marque d’une République forte, ainsi qu’un soutien moral.

    Que Mila puisse aller au lycée, quitte à être sous protection policière: voilà aussi la marque d’une République qui choisirait son camp.

    Qu’un cours sur la laïcité et la liberté de conscience et d’expression soit donné à tous les élèves du lycée concerné : voilà encore un moyen de faire comprendre le régime de la liberté d’expression et d’opinion en France, ainsi que la nuance entre droit au blasphème et abus de la liberté d’expression.

    Ne pas mettre en œuvre tous les moyens qui permettraient à cette jeune fille d’aller au lycée, ou au moins de se sentir soutenue moralement, conduit à donner raison aux obscurantistes lesquels pourront alors crier victoire. Que l’Etat ne mette pas ces moyens constitue une honte, une défaite de la pensée, un recul de la République, un renoncement.
    Bref, que la justice passe.

    sep article
  4. l’Islame, la religion de paix 🙂
    Mila: «Je déteste la religion, le Coran il n’y a que de la haine là-dedans, l’islam c’est de la merde, c’est ce que je pense», a-t-elle affirmé face caméra. «Je ne suis pas raciste, pas du tout. On ne peut pas être raciste envers une religion. Votre religion, c’est de la merde, votre Dieu, je lui mets un doigt dans le trou du cul, merci, au revoir.»
    Rien à redire, c’est son droit constitutionnel.

    sep article