Haro sur les sulfites au salon des vins naturels de Grenoble

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REPORTAGE – La 9e édition du salon À la rencontre des vins naturels de Grenoble se tient les 30 avril et 1er mai au boulodrome. L’occasion de faire le point, avec les vignerons et les amateurs présents, sur un breuvage qui se défie des méthodes œnologiques standardisées.

 

 

 

L'art de la dégustation, hautement respecté au salon des vins naturels de Grenoble. © Adèle Duminy

L’art de la dégus­ta­tion, hau­te­ment res­pecté au salon des vins natu­rels de Grenoble. © Adèle Duminy

En se pro­me­nant dans les allées du salon des vins natu­rels de Grenoble, qui a lieu les 30 avril et 1er mai au bou­lo­drome, on croise parmi les néo­phytes quelques afi­cio­na­dos, car­nets en main.

 

De stand en stand, ils notent avec soin les carac­té­ris­tiques des mil­lé­simes, des cépages. Parlent « nez », « tanins », « bou­quets ». Bref, le vin natu­rel attire de fins connais­seurs qui en appré­cient les qua­li­tés gus­ta­tives.

 

Voilà déjà un pre­mier pré­jugé battu en brèche. Oui, les vins natu­rels offrent une palette de saveurs extrê­me­ment riche. Et oui encore, il existe bien des vins de garde, même sans les fameux sul­fites !

 

Car, ce qu’on demande le plus aux vigne­rons pré­sents, c’est de s’ex­pli­quer sur l’ab­sence  – pas tou­jours totale, il est vrai – des fameux sul­fites… Ceux-là même qui causent ces fâcheux maux de tête aux consom­ma­teurs de vins “stan­dards”.

 

 

 

Le soufre, ça sulfite !

 

 

Laurent Fell, vigneron ardéchois. Ici, tous jouent le jeu de l'explication. Et le font visiblement avec envie. © Adèle Duminy

Laurent Fell, vigne­ron ardé­chois. Ici, tous jouent le jeu de l’ex­pli­ca­tion. Et le font visi­ble­ment avec envie. © Adèle Duminy

Zéro sul­fite. Une asser­tion qui en fait bon­dir plus d’un ! « Comment réus­sir un vin sans ce fameux anti-oxy­dant et anti­bac­té­rien ? »

 

Les vigne­rons “stan­dard” appliquent les méthodes trans­mises par l’œnologie actuelle. Laquelle enseigne com­ment maî­tri­ser, de A à Z, l’évolution des fer­men­ta­tions en ajou­tant ici et là divers pro­duits. Qui crée­ront, entre autres, les fameux arômes de banane et autres fruits des bois. Pour faire simple.

 

L’œnologie ? « C’est l’art de cor­ri­ger un vin ! », plai­sante Gilles Vergé, vigne­ron qui offi­cie en Bourgogne. Catherine Vergé, de son côté, ne peut don­ner de défi­ni­tion plus simple du vin natu­rel que la sui­vante : « Pour nous, le vin, c’est du jus de rai­sin fer­menté. »

 

Point d’intrants, donc. C’est-à-dire, aucun ajout de pro­duits d’aucune sorte. Un retour « aux méthodes qui ont cours depuis 6 500 ans. C’est seule­ment depuis soixante-dix ans qu’on s’est mis à faire n’importe quoi », s’a­muse son époux.

 

 

 

Accepter les risques

 

 

Le vin natu­rel, par défi­ni­tion, ignore la tech­nique. Mais com­ment s’as­sure-t-on, dans ces condi­tions, que la sub­stance, ayant fer­menté natu­rel­le­ment, sera gou­leyante ? Ou même consom­mable ? Frédéric Rivaton, vigne­ron dans le Rousillon, répond :

 

 

 

 

 

Camille Marquet, vigneron à Bergerac. © Adèle Duminy

Camille Marquet, vigne­ronne à Bergerac. © Adèle Duminy

 

Le goût des vins natu­rels

 

 

Les palais néo­phytes, habi­tués à des goûts plus stan­dar­di­sés, peuvent par­fois être éton­nés de retrou­ver si for­te­ment le goût du fruit.

 

Ce que confirme Camille Marquet, vigne­ronne à Bergerac.

 

 

 

 

Héloïse et Jean-François, venus pour réap­pro­vi­sion­ner leur cave, nous parlent de ce qu’ils appré­cient dans le vin natu­rel.

 

 

 

 

Et les autres ?

 

 

Ils en pensent quoi les col­lègues vigne­rons qui ne donnent pas dans le vin natu­rel ?

Pour Frédéric Rivaton, le vin natu­rel fonc­tion­ne­rait un peu comme le « poil à grat­ter » des pro­duc­teurs de vins stan­dards… On écoute :

 

 

 

Au salon des vins naturels de Grenoble. La restauration (pain et fromage bio, comme il se doit) est assurée par la ferme de Sainte Lucie. © Adèle Duminy

Au salon des vins natu­rels de Grenoble. La res­tau­ra­tion (pain et fro­mage bio, comme il se doit) est assu­rée par la ferme de Sainte Lucie. © Adèle Duminy

 

 

Adèle Duminy

 

 

 

LE VIN NATUREL QU’EST-CE AU JUSTE ?

 

 

En voici la défi­ni­tion d’a­près l’as­so­cia­tion S‑Prit qui orga­nise le salon des vins natu­rels de Grenoble :

 

« Le vin natu­rel ou vin nature est le résul­tat d’un choix phi­lo­so­phique visant à retrou­ver l’ex­pres­sion natu­relle du ter­roir.

Il est issu de rai­sins tra­vaillés en agri­cul­ture bio­lo­gique, sans désher­bants, pes­ti­cides, engrais ou autres pro­duits de syn­thèse.

Les ven­danges sont manuelles et lors de la vini­fi­ca­tion le vigne­ron s’ef­force de gar­der le carac­tère vivant du vin. Les inter­ven­tions tech­niques pou­vant alté­rer la vie bac­té­rienne du vin sont pros­crites, ainsi que tout ajout de pro­duit chi­mique, à l’ex­cep­tion, si besoin, de sul­fites en très faible quan­tité.

Les doses maxi­males de SO² total tolé­rées sont de 30mg/l pour les rouges, 40mg/l pour les blancs. »

 

 

 

Infos pratiques 

 

9e édi­tion du salon des vins natu­rels de Grenoble

 

Les 30 avril et 1er mai 2016

Samedi de 10 heures à 19 heures – Dimanche de 10 heures à 18 heures

 

Boulodrome de Grenoble

2 bou­le­vard de l’Esplanade, à Grenoble

 

Entrée : 5 euros verre Inao et livret de dégus­ta­tion offerts

Restauration sur place : assiettes de char­cu­te­rie et de fro­mage bio, pain bio

 

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