EN BREF – Le quartier des Eaux-Claires et les abords du boulevard Clemenceau à Grenoble sont passés au stationnement payant depuis le lundi 2 novembre 2026. Une mesure, inscrite dans la politique de réduction du stationnement gratuit de la municipalité, qui fait grincer des dents. Des riverains, mais aussi des élus du groupe d’opposition Réconcilier Grenoble, pour qui la maire Laurence Ruffin pratique le « matraquage financier », à l’image de son prédécesseur.
La « chasse » au stationnement gratuit se poursuit à Grenoble. Depuis le lundi 2 novembre 2026, deux nouveaux secteurs sont ainsi payants, en l’occurrence le quartier des Eaux-Claires (qui l’était déjà partiellement depuis 2018) et les abords du boulevard Clemenceau. Une mesure prise pour mettre fin au phénomène des voitures-tampons qui occupent durablement les places gratuites au détriment des riverains, a expliqué la Ville auprès du Dauphiné libéré.
Un argument que la municipalité avait déjà avancé pour mettre fin au stationnement gratuit dans les quartiers Chorier-Berriat et Europole en 2023, puis dans le quartier de l’Île Verte en 2024. Sans déjà parvenir à convaincre.
Et si la Ville de Grenoble affirme avoir rencontré en amont les deux unions de quartier concernées « afin de leur présenter l’extension du stationnement payant et d’échanger sur sa mise en œuvre dans ces deux secteurs », Guy Waltisperger, président de l’union de quartier Exposition-Bajatière, le conteste. Il déplore une mesure prise sans concertation et considère que la Ville n’a pas tenu compte des besoins et les spécificités du secteur.
Réconcilier Grenoble crie au « matraquage financier »
Le groupe d’opposition (centre et droite) Réconcilier Grenoble tire, pour sa part, à boulets rouges sur ce passage au payant dans les deux nouveaux secteurs. « Une nouvelle fois, la municipalité impose une mesure qui bouleverse le quotidien des Grenoblois, sans concertation avec l’ensemble des personnes concernées et sans prendre en compte les conséquences concrètes pour les habitants, les commerçants et les professionnels », déclare-t-il.
Les opposants mentionnent notamment le témoignage d’un garagiste rue Marbeuf, qui ne peut bénéficier du tarif résident et redoute les conséquences du passage au stationnement payant pour lui comme pour ses clients.
« Laurence Ruffin choisit de poursuivre le matraquage financier […] alors que Grenoble est 1re ville de France avec Paris1En vérité, Grenoble est deuxième derrière la capitale, avec un stationnement payant sur voirie de 2,5 euros pour une heure en moyenne, contre 5 euros à Paris, d’après les chiffres du baromètre ZenPark de juillet 2024. pour le prix du stationnement », accusent-ils. Et de feindre de s’interroger : « Comment peut-on prétendre défendre le commerce de proximité tout en imposant de nouvelles contraintes financières à ceux qui font vivre nos quartiers ? »
Pour le groupe d’opposition, la maire Laurence Ruffin reprend la « même méthode, [la] même absence de dialogue et [la] même politique punitive » que son prédécesseur Éric Piolle. Or, « une politique municipale ne peut se construire en opposant les habitants entre eux, ni en ignorant les besoins des commerçants, des artisans, des salariés et des professionnels qui doivent quotidiennement utiliser leur véhicule », affirme-t-il.











