REPORTAGE – « On ne peut même plus assurer la sécurité physique des élèves. » À l’école Le Lac, quartier de l’Arlequin, mardi 9 juin 2026, enseignants, parents et accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) se sont rassemblés pour dénoncer la dégradation des conditions de travail et d’apprentissage dans deux établissements grenoblois. Vingt jours d’absence non remplacés, 12 collègues en arrêt, « des enfants traumatisés » par une fusillade : pour les parents des écoles des quartiers populaires, l’État ne remplit plus ses obligations.
« On n’est pas dans du militantisme de privilège. On appelle à l’aide. L’école qu’on propose aujourd’hui au Lac et à Anatole-France, c’est une école indigne. On n’a plus de fierté de notre métier. » Mardi 9 juin au matin, devant l’école Le Lac de Grenoble, les mots de Valérie Favier, représentante du personnel et enseignante dans les écoles des quartiers populaires de Grenoble, ont résonné comme un constat amer. Autour d’elle, enseignants, parents et accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) s’étaient rassemblés pour dénoncer une situation devenue intenable.

De nombreuses personnes étaient rassemblées dans la cour de l’école Le Lac pour dénoncer des conditions devenues « indignes ». © Maureen Dufournet – Place Gre’net
Entre fermetures de classes, manque criant de moyens et traumatismes non pris en charge, les écoles grenobloises Le Lac et Anatole France, qui accueillent les enfants les plus précaires du département, ont atteint un point de rupture.
« On est épuisés de combler les manques » de l’école Le Lac
Elsa, maîtresse de CM2 à l’école Le Lac, décrit un système à bout de souffle : « Il y a trois ans, on avait une décharge exceptionnelle pour la direction. Elle a été supprimée. Aujourd’hui, on ne peut plus assurer toutes les missions. Les familles sont en situation ultra-précaire et on est épuisés de combler les manques. On a des collègues régulièrement en arrêt maladie à cause du stress. Une collègue est absente depuis novembre et sa classe n’a été remplacée que par intermittence. »

Les personnes mobilisées militaient contre la fermeture des classes. © Maureen Dufournet – Place Gre’net
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