FOCUS – Le campement installé rue Antoine-Polotti, à Grenoble, a été démantelé jeudi 19 février 2026 par les services de l’État, en application d’un arrêté municipal pris trois jours plus tôt. Cette opération, menée conjointement par la Ville et la préfecture de l’Isère, concernait 46 occupants pour lesquels des solutions d’accompagnement social et d’hébergement avaient été préparées en amont. Cette évacuation a fait réagir Alain Carignon, candidat à Grenoble, qui dénonce « le cynisme politique » de la majorité municipale à un mois des élections de mars 2026.
Plus personne n’y croyait mais le squat rue Antoine-Polotti à Grenoble a été évacué jeudi 19 février 2026. La Ville et l’État ont en effet procédé, au démantèlement du campement, en application d’un arrêté municipal pris trois jours plus tôt.
Celui-ci était jusque-là occupé par des dizaines de Roms vivant dans des cabanons de fortune, des familles avec enfants, pour la plupart d’origine roumaine. Une occupation qui était source de nombreuses nuisances pour les voisins qui se plaignaient, notamment du « bruit permanent », de « fumées polluantes« , de « l’insalubrité » mais aussi de la prostitution.
Ce terrain privé, coincé entre les rues Polotti et Diderot, en contrebas de la rue Félix-Esclangon et à deux pas de l’autoroute A480, était squatté depuis environ douze ans. Alors que le site, occupé illégalement, avait déjà fait l’objet de deux évacuations sans succès en 2014 et 2018, les autorités compétentes ont, cette fois-ci, engagé des mesures pour sécuriser le terrain et éviter toute réinstallation des squatteurs.
Une intervention justifiée par des risques sanitaires et sécuritaires dans le squat
La préfecture de l’Isère a précisé, dans un communiqué, que cette intervention visait à « garantir la sécurité, la salubrité et la tranquillité publiques ». Les constats réalisés sur place avaient en effet révélé des « conditions d’hygiène dégradées », ainsi que des « risques d’électrocution, d’intoxication et d’incendie ». À leur arrivée, les services de l’État ont constaté que le campement était déjà vide, les occupants ayant été accompagnés vers des solutions adaptées.

Les 46 occupants du squat rue Antoine-Polotti à Grenoble avaient déjà quitté les lieux lors de l’évacuation organisé le jeudi 19 février 2026. DR
La préfecture a souligné avoir mobilisé, « pendant plusieurs semaines », différents partenaires institutionnels : le centre communal d’action sociale de Grenoble, Grenoble Alpes Métropole, la Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités, ainsi que le Conseil départemental.
Un « diagnostic partagé de la situation individuelle des 46 occupants » avait ainsi été réalisé, permettant de proposer à chaque ménage « une prise en charge adaptée, sur le plan social et en matière d’hébergement ou de logement ».
Le squat rue Polotti, un exemple parmi d’autres d’occupation précaire
Le squat de la rue Polotti n’en est pas à sa première intervention. Installé « sur un terrain privé faisant l’objet d’une occupation illicite depuis plusieurs années », « ce campement avait déjà été évacué par deux fois », précise la municipalité. Mais « faute de sécurisation et d’entretien des lieux par les propriétaires, dont c’est l’obligation, des personnes s’y étaient réinstallées », explique-t-elle. Malgré « les nombreux échanges » et avertissements qui leur ont été adressés, ceux-ci « n’ont pas procédé à l’entretien, au démantèlement et à la sécurisation du site ».

Depuis plus de dix ans le campement rue Antoine Polotti a été démantelé à plusieurs reprises. © Samuel Ravier.
Face à « l’incurie des propriétaires » et « au regard de l’indignité et du caractère illicite de l’occupation », l’État et la Ville ont décidé de procéder à l’évacuation. La mairie de Grenoble a engagé des « opérations de démantèlement du bidonville et de sécurisation » pour éviter toute nouvelle occupation, et « étudie actuellement les actions juridiques à engager contre les propriétaires », dans la mesure où elle a été contrainte de « se substituer à leurs obligations ».
Gestion des squats à Grenoble : Alain Carignon dénonce un « cynisme politique »
Alain Carignon, tête de liste Réconcilier Grenoble, a dénoncé dans un communiqué publié vendredi 20 février « le cynisme politique » de la majorité municipale : « À moins de 30 jours des élections, ce qui était impossible depuis des années est soudainement devenu possible ».
Et le candidat de rappeler que « la municipalité a pris les arrêtés que nous lui demandions depuis 10 ans pour le squat de la rue Polotti. Celui-ci et celui de la Poterne ont été évacués », tout en soulignant que « les habitants de l’immeuble [voisin] ont vécu dix ans dans la pollution, le bruit et le risque d’incendie ».
Il poursuit en demandant à « Éric Piolle de continuer dans ce sens et d’évacuer le squat de Roms qui occupe tous les rez-de-chaussée du 50 place des Géants […] ou encore le squat de l’ultra-gauche qui occupe la villa Kaminski ».

L’incendie survenu à l’entreprise Richardson avait été dévastateur, samedi 20 novembre 2021. DR
Loin d’être un phénomène isolé, ce squat fait partie d’une longue liste de campements à Grenoble. Ces derniers représentent un défi récurrent pour la municipalité, comme l’illustrent des incidents réguliers.
En janvier 2023, un incendie dans un squat grenoblois de la route de Lyon avait gravement blessé quatre personnes, dont un enfant de 12 ans brûlé sur 25 % du corps. En 2021, un autre incendie, parti d’un campement de Roms mitoyen à l’entrepôt Richardson, avait causé plus de 6 millions d’euros de dégâts, dont 3 millions à la charge des contribuables grenoblois. Le squat rue Antoine-Polotti avait lui-même été touché par un violent incendie en 2014 qui avait conduit à l’évacuation des 55 Roms vivant sur place.








5 réflexions sur « Évacuation du squat de la rue Polotti à Grenoble… après douze ans d’occupation illégale »
Les LFIcolos de Piolle-Ruffin mentent quand ils disent qu’ils ne pouvaient pas agir parce que ces terrains sont privés.
Le terrain du squat de Richardson appartenait à la ville et elle ne l’a pas fait évacuer non plus ! Résultat à cause d’eux : un gigantesque incendie, une entreprise mise à l’arrêt, 3 millions d’euros à payer par les Grenoblois.
Et ces irresponsables voudraient qu’on vote encore pour eux une troisième fois pour qu’ils continuent ? Pour les arrêter, il est évident maintenant que l’unique vote utile c’est la coalition de Cardinal et Carignon et qu’il n’y a aucun autre choix possible.
Je crois que les Français en ont ras-le-bol de « voter utile ».
Vous semblez avoir une vision très polarisé de ce scrutin et dramatiser un tantinet la situation.
Si je ne me méprends pas, je compte bien 7 listes candidates pour ces élections, non ?
Neuf, en réalité (sauf surprises de dernière minute) !
Libre à vous en effet de manifester votre raz le bol en votant inutile.
Comme quoi la municipalité a toujours les moyens d’agir chez un particulier, alors qu’elle disait le contraire pour ce squat ou encore à propos des nuisances sonores du jardin Biergarden parce que la terrasse est sur un terrain privé?
Donc la municipalité pouvait vraiment agir avec l’état en securisant le terrain depuis 12 ans, et le fait miraculeusement à un mois des élections!