EN BREF – À quelques semaines des élections municipales de mars 2026, des Grenoblois directement concernés par la précarité et l’exclusion ont adressé une lettre ouverte aux candidats à la mairie de Grenoble. Fruit d’ateliers citoyens organisés dans plusieurs villes de France sous la houlette de l’association Les Oubliés de la République, cette lettre vise à faire entendre les revendications de ceux que les institutions « ne considèrent pas.
À Grenoble, des voix souvent ignorées s’élèvent à l’approche des municipales. Une lettre ouverte, rédigée par des personnes en situation de précarité, interpelle les candidats aux municipales de 2026 sur les enjeux de cette précarité. Ce texte s’inscrit dans le cadre du projet « Voix de la rue, une initiative nationale menée par l’association Les Oubliés de la République, qui vise à rendre visibles les réalités souvent ignorées des personnes exclues ou marginalisées.
“Un logement pour vivre, pas pour survivre”
« À Grenoble, nous voulons un logement qui permette de vivre, pas seulement de survivre. […] Nous demandons des solutions de logement pérennes pour les jeunes sortant de l’Aide sociale à l’enfance (Ase) et pour toutes celles et ceux qui n’ont aucune stabilité, avec un accompagnement vers l’autonomie. Le logement doit être un droit réel. »
Ces mots, extraits de la lettre ouverte, résument l’urgence et la détermination des signataires. Parmi eux, des mineurs non accompagnés, d’anciens jeunes de l’Ase et des personnes sans abri. Tous réclament des solutions de logement pérennes, un accompagnement vers l’autonomie et une reconnaissance de leurs droits fondamentaux.

Jeunes majeurs étrangers manifestant à Grenoble pour faire appliquer leur droit à l’hébergement. © Place Gre’net
La lettre met également en lumière la situation des jeunes qui dorment à la rue : « Notre première revendication est simple : être mis à l’abri. Nous demandons que la Ville soutienne les associations qui assurent ce que l’État et le Département ne font pas : repas, accueil, démarches, français, soins, douches, lien social. Aucun jeune ne devrait dormir dehors parce qu’une administration doute de son âge. Nous demandons l’application du droit commun pour tout enfant, sans tests osseux ni évaluations abusives. »
La lettre des Oubliés de la République, une démarche nationale
Arnaud Merle d’Aubigné, délégué général de l’association Les Oubliés de la République, rappelle que cette lettre s’inscrit dans un contexte national. L’association, qu’il décrit comme « le lobby des sans-lobby, travaille avec des acteurs de terrain. Objectif: « accompagner des personnes concernées directement par des situations d’exclusion et de précarité pour qu’elles puissent prendre publiquement la parole. »
À Grenoble, comme à Lyon, Paris, Marseille, Lille, Strasbourg ou Nantes, des forums locaux ont été créés pour interpeller les candidats aux élections municipales sur les réalités de la précarité. Un autre objectif phare de l’association est de « casser les codes des relations institutionnelles classiques à travers des initiatives comme « Chaque pas compte ».
« Cette démarche vise à faire sortir les responsables politiques de leurs bureaux pour les faire marcher dans la rue aux côtés des personnes concernées, créant ainsi une relation plus authentique et une posture d’écoute, conclut Arnaud Merle d’Aubigné.
Dans le cadre de cette initiative, Pierre-Édouard Cardinal fait savoir qu’il marchera lundi 19 janvier 2026 aux côtés d’une ancienne jeune fille de l’Ase dans les rues grenobloises au départ du siège de la Métropole, occupé depuis deux mois par environ 150 personnes sans logement.








