FOCUS – Le dispositif Angela se développe en France afin d’aider les victimes de harcèlement dans l’espace public à se mettre en sécurité. Grenoble Alpes Métropole n’y fait pas exception. Après s’être déployé à Grenoble au printemps 2024, le dispositif fait ainsi son apparition dans les commerces, à commencer par la galerie commerciale E. Leclerc de l’espace Comboire, à Échirolles. Un début car dix autres communes ont d’ores et déjà répondu à l’appel pour le mettre en place.
« Huit femmes sur dix ont peur de sortir seules le soir1Selon une enquête du Haut conseil à l’égalité », a rappelé Amandine Demore, maire d’Echirolles, le 17 décembre 2024, à l’occasion de la mise en place du dispositif Angela dans la galerie commerciale E. Lerclerc, à Comboire. Et « neuf femmes sur dix disent adopter des conduites d’évitement des comportements sexistes des hommes », a ajouté Christophe Ferrari, président de Grenoble Alpes Métropole.
Des chiffres qui ont incité la métropole à étendre le dispositif Angela, qui lutte contre le harcèlement de rue et, plus largement, dans l’espace public. Une solution déjà déployée sur Grenoble depuis le printemps 2024. Les cibles de cette action ? Les femmes mais aussi les personnes LGBT. Les lieux visés ? Les espaces les plus fréquentés, notamment les centres commerciaux.

Les gérants de la galerie E. Leclerc Comboire en compagnie de Christophe Ferrari et d’Amandine Demore, lors de la présentation de la mise en place du dispositif Angela, le 17 décembre 2024. © Morgane Poulet – Place Gre’net
Situé au cœur de la zone commerciale la plus active de la métropole grenobloise – avec quatre millions de visiteurs par an – l’hypermarché E. Lerclerc s’engage ainsi à « contribuer à un environnement plus sûr pour tout un chacun ». Les supermarchés ont un rôle à jouer a d’ailleurs rappelé Christophe Ferrari car « c’est un vigile d’hypermarché qui a arrêté Dominique Pelicot ». Des commerçants de la galerie commerciale adhèrent également pour certains au dispositif.
« Où est Angela ? » activera de manière discrète le dispositif
« Où est Angela ?» Une question simple qui pourra être adressée au personnel de la parapharmacie, du pôle de restauration, de l’accueil, des caisses et auprès de l’équipe textile, à côté des cabines d’essayage. Elle activera, de manière discrète, le dispositif Angela qui lutte contre le harcèlement dans l’espace public.

La parapharmacie fait partie des points d’accueil du dispositif Angela. © Morgane Poulet – Place Gre’net
Le personnel formé au préalable – par des sessions en vidéoconférences de trente minutes – pourra, de cette façon, mettre à l’abri la personne harcelée et lui offrir un environnement sûr, le temps d’échapper à son harceleur.
Un dispositif voué à s’étendre
Dans Grenoble Alpes Métropole, onze communes ont d’ores et déjà répondu à l’appel de Christophe Ferrari : Echirolles, Eybens, Fontaine, Grenoble, Meylan, Pont-de-Claix, Saint-Égrève, Saint-Martin-d’Hères, Sassenage, Seyssins et Veurey-Voroize. Différents établissements peuvent prétendre à adhérer au dispositif : les centres commerciaux, mais aussi les équipements publics ou de loisir ainsi que les commerces de proximité.

Le pôle de restauration fait partie des points d’accueil du dispositif Angela. © Morgane Poulet Place Gre’net
Le président de la métropole souhaite toutefois que le dispositif se développe dans toutes les autres communes de l’agglomération grenobloise. « Le service public est aussi mis en place par des acteurs privés. Il faut désormais faire connaître ce dispositif afin qu’il devienne un réflexe pour toutes les victimes de harcèlement », a-t-il conclu.

L’accueil de E. Leclerc fait partie des points d’accueil du dispositif Angela. © Morgane Poulet – Place Gre’net
Les violences sexistes et sexuelles en chiffres
En France, les voyageurs ont signalé 4 091 atteintes sexuelles et sexistes en 2023. Soit une hausse de 15,7 % par rapport à 2022.
40 % des femmes de 20 à 24 ans expliquent avoir fait l’objet de « drague importune ».
Neuf femmes sur dix racontent anticiper les actes et propos sexistes des hommes en adoptant des conduites d’évitement pour ne pas avoir à les subir. Ainsi, 55 % d’entre elles renoncent à sortir et à faire des activités seules. 52 % ne s’habillent pas comme elles le souhaitent.









