FLASH INFO – La Confédération paysanne de l’Isère a dénoncé les retards de paiement des aides de la politique agricole commune (Pac) mettant en difficulté de nombreuses fermes. Une situation qui concerne l’ensemble du territoire national et n’épargne en effet par le département isérois. Ainsi, au 28 juin 2024, date du communiqué du syndicat, 3 % des dossiers Maec… et 34 % des dossiers bio restaient à traiter, alors que le versement aurait dû survenir avant la fin de l’année 2023.
Depuis, la plupart des dossiers Pac ont finalement été traités mais il reste des paiements en souffrance, notamment en raison de pièces complémentaires demandées, indique à Place Gre’net Julien Van Ee, membre du conseil d’administration de la Confédération paysanne 38 et lui-même exploitant agricole à Nantes-en-Ratier. Il est vrai que le 30 juin représentait la date-butoir de versement, comme le rappelait le site national de l’organisation syndicale agricole.
Si le problème est globalement réglé, les retards de paiement des aides de la Pac n’en impliquent pas moins des difficultés pour les exploitants. « Six mois de retard, ça peut mettre à mal la trésorerie de certaines fermes. Il faut faire des avances. Certains ont pris des prêts à court terme mais ça coûte à la personne qui prend en charge les intérêts« , souligne Julien Van Ee. Le tout, ajoute la Confédération paysanne, sans « aucune indication d’un soutien financier » lié à la situation.

La Confédération paysanne dénonce les retards de paiement de la politique agricole commune en Isère, comme sur l’ensemble de la France. DR
Les causes de ce retard? L’organisation pointe notamment du doigt un changement de logiciel destiné à traiter les demandes. « Il aurait pourtant été possible, sachant par avance que le changement de logiciel allait occasionner des retards, de proposer des crédits à taux 0 ou des avances aux aides [et] de soutenir la DDT par des moyens humains pérennes dans cette fonction et notamment au moment de changement organisationnel« , estime-t-elle.
Pas question, en effet, pour les agriculteurs de reporter la faute sur les agents de la Direction départementale des territoires. « La Confédération paysanne, qui ne se trompe pas de cible, a d’ailleurs soutenu la grève des agents des services d’économie agricole de la DDT, notamment en Isère« , souligne le communiqué. Et de juger que le gouvernement aurait dû renforcer les effectifs des DDT pour mieux prendre en charge les demandes. « Ce manque de moyens est une réalité qui ne date pas d’hier« , regrette en conclusion l’organisation.









