REPORTAGE – Jeudi 9 novembre 2023, l’avant-dernière journée du procès de l’homme de 34 ans, jugé depuis lundi par la cour d’assises de l’Isère pour viols sur trois ex-partenaires, actes de barbarie, zoophilie, sévices envers des animaux et détention d’images pédopornographiques, a été consacrée aux expertises psychologique et psychiatrique. Pervers, psychopathe, sadique, dénué de remords… Les experts ont dressé un portrait inquiétant de l’accusé, réfutant toute altération du discernement. Ils ont aussi évoqué le risque de passage à l’acte sur des enfants. L’Isérois encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Verdict attendu vendredi 10 novembre.
« Le mal est en lui. (…) C’est comme s’il était fait pour être cruel. » Devant la cour d’assises de l’Isère, jeudi 9 novembre 2023, Raphaël Loiselot, expert psychologue, s’efforce « d’analyser le fonctionnement » de l’accusé mais l’avoue, certaines questions restent « sans réponse« . Comment en effet nommer l’innommable ? Car l’homme de 34 ans assis dans le box est jugé depuis lundi pour une multitude d’atrocités : viols avec actes de barbarie, torture, sévices envers des animaux, zoophilie, détention d’images pédopornographiques…

L’avant-dernière journée du procès, devant la cour d’assises de l’Isère, a été en grande partie consacrée aux expertises psychiatrique et psychologique de l’accusé. © Manuel Pavard – Place Gre’net
Le trentenaire est ainsi accusé d’avoir violé une ex-compagne et deux ex-compagnons, imposant à deux d’entre eux des rapports sexuels avec des chiens. Mais également d’avoir mutilé, torturé, tué – et souvent violé – une centaine d’animaux au total (rats, chiens, lapins…). Des scènes qu’il a photographiées et filmées, les enquêteurs ayant retrouvé chez lui plusieurs dizaines de milliers d’images et vidéos de « zoophilie, pédopornographie et cruauté sur des animaux« .
Plusieurs associations de défense des animaux se sont d’ailleurs constituées parties civiles, aux côtés des trois anciens conjoints de l’accusé1dont ne pouvons pas publier l’identité, voir encadré, cuisinier originaire de région parisienne, arrivé en Isère en 2018. Un individu dont la personnalité hors norme a été disséquée, au cours de cette quatrième et avant-dernière journée d’audience, essentiellement consacrée aux expertises psychologique et psychiatrique.
« Il est inconcevable que je sorte de prison »
Raphaël Loiselot et le Dr François Renault, expert psychiatre, l’ont en effet rencontré à plusieurs reprises à la maison d’arrêt de Lyon-Corbas, où celui-ci est détenu à l’isolement depuis juin 2020. Une « incarcération nécessaire« , selon ce dernier, qui a exprimé son « soulagement d’être interrompu« , rapporte le psychologue. « “Il est inconcevable que je sorte de prison, ça va m’empêcher de tuer et de faire souffrir”, m’a-t-il dit. »
Parfaitement « conscient de ses actes« , d’après les deux experts, l’accusé s’est même montré « très prolixe, dans une forme d’exhibition« , raconte le Dr Renault, évoquant une « perversion structurelle polymorphe. Il revendique sa zoophilie et ses sévices sur les animaux, avec des actes de cruauté« , ajoute le psychiatre.

Victime et avocat des parties civiles, de dos, dans la salle des pas perdus du palais de justice. © Manuel Pavard – Place Gre’net
Les deux experts sont tous deux d’abord revenus sur l’enfance de l’Isérois d’adoption. Un enfant solitaire, « déjà impulsif et violent à l’école« , qui assure que le décès de sa mère dans un accident de cheval – alors qu’il était âgé de 9 ans – « ne l’a pas affecté« . Il s’est réfugié dans « un imaginaire de toute-puissance« , précise le Dr Renault. « Une fois jeune adulte, ses comportements violents se sont structurés vers un schéma sadique de torture envers les animaux. »
« Déséquilibre psychopathique, perversion narcissique et psychose »
Paradoxalement, l’accusé, qui a commencé à massacrer des animaux en 2010, a aussi « une sexualité d’abord tournée vers les animaux« , qui l’ont toujours « plus attiré » que les humains. Sa première expérience sexuelle a d’ailleurs été avec une ânesse. « Il utilise la sexualité mais l’énergie initiale, son moteur, c’est la violence« , nuance l’expert psychiatre.
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