La Fondation Abbé Pierre organisait ce jeudi 16 janvier au musée de Grenoble une soirée consacrée aux vœux des mal logés aux candidats aux municipales. Après les témoignages de quelques anciens SDF, chacun des candidats s’est engagé par écrit à lutter contre le mal logement à Grenoble.
Lumières tamisées et silence religieux. Hier soir, dans la salle de l’auditorium du Musée de Grenoble, le public n’a pas échappé à l’émotion. Face aux six candidats, plusieurs anciens SDF et mal-logés se sont succédé à la tribune pour livrer des témoignages poignants teintés parfois de colère.
« On ne veut plus de blablabla. Stop les mensonges et les magouilles ! », fustige d’une voix émue Maria qui explique avoir été « obligée de revenir chez ses parents à 60 ans ». Sur scène, l’animateur de la soirée reprend le micro. Les conséquences du mal-logement interpellent. « Cette année en France, 420 personnes sont décédées dans la rue », insiste-t-il.
Et l’agglomération grenobloise n’est pas épargnée par le phénomène. Ces cinq dernières années, les appels au 115 ont triplé, selon les données de l’Observatoire de l’hébergement et du logement.
Denis Bonzy adulé par les mal logés
Sans notes et avec beaucoup de courage, Jean-Philippe monte à la tribune. Au micro, l’homme âgé est au bord des larmes. Il décrit ses trois années passées dans la rue après avoir débarqué du Nord-Pas-de-Calais et « ses portes qu’il a dû enfoncer pour se loger de force ».

A gauche en noir. Jean-Philippe.

De gauche à droite. Matthieu Chamussy, Jérôme Safar, Philippe de Longevialle et Denis Bonzy.

Le serment signé par Jérôme Safar, candidat PS à la mairie de Grenoble.
Chiffres clés sur le logement
En France en 2013, 3,6 millions de personnes sont concernées par le mal-logement. 685 000 personnes n’ont pas de domicile personnel et 85 000 vivent dans une habitation de fortune, cabane, camping ou mobil-home toute l’année, selon le rapport annuel du mal logement 2013 de la Fondation Abbé Pierre.
En Isère, on compte 30 000 logements indignes ou indécents et 2933 assignations à des fins d’expulsion (2933 à Grenoble), selon les chiffres 2013 de l’Observatoire de l’hébergement et du logement.
Xavier Bonnehorgne










