La fête du Travailleur alpin dopée par quatre mois de lutte contre la loi Travail

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REPORTAGE VIDÉO – La 87e fête du Travailleur alpin, organisée par le mensuel éponyme, a fait carton plein du 24 au 26 juin. Plus de 7.000 personnes se sont rendues à la “petite fête de l’Huma” iséroise, au parc de la Poya, à Fontaine, pour assister aux concerts, participer aux débats politiques ou encore « boire un coup avec les camarades ». Une fête conviviale, bon enfant, mais pas seulement. La politique y était très présente en cette année de lutte contre la loi El Khomri.  

 

 

 

Bernard Ferrari (premier plan) et Pierre Labriet à la fête du travailleur alpin. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Bernard Ferrari (premier plan) et Pierre Labriet. © Joël Kermabon – Place Gre’net

« La fête du Travailleur alpin c’est la fête d’un journal qui défend le monde ouvrier et le mouvement social et qui ne sera jamais pour la loi El Khomri ! », clame depuis la scène Pierre Labriet, le directeur du mensuel communiste éponyme.

 

Le ton est donné. Le public, acquis à la cause, applaudit à tout rompre. Ce soir-là, comme le précédent, la fête a fait le plein avec une affluence rarement vue, de mémoire de “coco” local.

 

Jean-Paul Trovero, le maire de Fontaine, ne cache d’ailleurs pas son étonnement. « Cela fait des années que, le vendredi soir, on n’a plus enregistré une telle affluence ! C’est fabuleux ! Surtout quand on pense au contexte dans lequel nous vivons », s’enthousiasme l’élu.

 

 

 

Une atmosphère intergénérationnelle et bon enfant

 

 

La fête du Travailleur alpin avec son odeur de frites, ses très nombreuses buvettes, les stands des cellules locales et son atmosphère intergénérationnelle bon enfant fait furieusement penser à sa grande sœur, la Fête de l’Humanité. Ici point de chichis, on est entre camarades, la convivialité est de mise.

 

Compagnie « D'ici et d'ailleurs » à la fête du travailleur alpin. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Compagnie D’ici et d’ailleurs. © Joël Kermabon – Place Gre’net

« C’est notre ADN », nous confie un bénévole des Jeunes communistes de France (JCF). Beaucoup sont venus en famille.

 

De nombreux enfants s’ébattent, un peu excités par l’ambiance. Quelques-uns vont ruiner des ballots de paille dans une bagarre mémorable. Ils seront vite rejoints par d’autres… et de nombreux adultes retombés, pour quelques instants, en enfance.

 

Sur les pelouses, devant la grande scène, de petits groupes attendent l’heure des concerts. D’autres investissent les multiples buvettes, tandis que de vieux copains militants dégustent une barquette de frites autour d’une table ou visitent les stands des autres sections de l’Isère.

 

 

 

Une armée de bénévoles

 

 

Organisée depuis 1929 par la fédération de l’Isère du Parti communiste français et par le mensuel Le travailleur alpin, la fête propose comme chaque année trois jours de débats, d’animations et de concerts… L’essentiel de son organisation repose sur 160 bénévoles, dont 70 sont affectés exclusivement au montage de l’événement en lui-même. Le gros des troupes étant essentiellement constitué de militants des JCF.

 

Stand de la section de Poisat à la fête du travailleur alpin. © JOël Kermabon - Place Gre'net

Stand de la section de Poisat. © Joël Kermabon – Place Gre’net

« Si la fête du Travailleur alpin est la fête des communistes de l’Isère, c’est aussi un événement collectif. De nombreuses autres organisations syndicales, solidaires, internationales s’engagent dans la fête pour amener leur regard », explique Pierre Labriet. Ce dernier endosse d’ailleurs cette année son nouveau rôle de directeur de la publication, Gérard Frydman, l’ancien directeur étant parti à la retraite.

 

 

 

Une grande consultation citoyenne

 

 

Cette année, après quatre mois de luttes, il a bien sûr été essentiellement question, dans les stands des sections et dans les espaces de débats, de la loi El Khomri. Le refus est catégorique, viscéral. Les communistes de l’Isère, très déterminés, ne lâcheront rien. Mais il a été aussi question de stratégie, notamment en ce qui concerne l’élection présidentielle de 2017 et les législatives qui lui succèderont. C’est la raison pour laquelle le Parti communiste français (PCF) a lancé « Que demande le peuple », une consultation citoyenne d’envergure puisqu’elle devrait toucher près de 500.000 Français.

 

Désireux d’en savoir un peu plus et de prendre le pouls politique des militants et des élus communistes, nous nous sommes promenés dans les allées de la fête.

 

 


Reportage Joël Kermabon

 

 

Un remplacement au pied levé

 

 

Très attendu, Pierre Laurent, le secrétaire national du Parti communiste français (PCF) n’a pas pu se rendre à la fête, ce samedi 24 juin. Guillaume Roubaud-Quashie, membre du comité exécutif national du PCF, l’a remplacé au pied levé, pour participer au débat « Pour la construction d’un Front politique populaire et citoyen », en compagnie de l’écrivain et cinéaste Gérard Mordillat, de la sénatrice Annie David et de Marie-Christine Vergiat,  députée européenne Front de gauche (FDG). Il nous explique en quoi il était important pour la direction nationale de venir à la fête du Travailleur alpin.

 


Reportage Joël Kermabon

 

La fête est terminée mais la trêve sera très courte pour l’équipe du Travailleur alpin. Déjà, Pierre Labriet pense à la prochaine édition. « Dès septembre, nous allons nous atteler à la préparation de l’édition 2017 », nous confie-t-il.

 

 

Joël Kermabon

 

 

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