Sadok Bouzaïene : “Tous ces projets sportifs et réalisations, c’est grâce à Piolle”

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ENTRETIEN – « Le sport partout, pour toutes et tous. » Tel est le fil conducteur de la politique sportive menée par la majorité municipale, selon Sadok Bouzaïene, adjoint aux sports à la Ville de Grenoble. L’élu, au franc-parler assumé, a reçu Place Gre’net pendant plus d’une heure dans son bureau situé au premier étage de l’Hôtel de ville. L’occasion de faire le point sur les nombreux dossiers qui agitent le microcosme sportif.

 

 

 

Sadok Bouzaïene, adjoint aux Sports à la Ville de Grenoble depuis mars 2014

Sadok Bouzaïene © SC

Sadok Bouzaïene, Monsieur Sport à Grenoble

 

Arrivé en France en 1972 en tant que réfu­gié poli­tique après avoir été per­sé­cuté en Tunisie, l’ex-libraire de la Villeneuve, connu pour son enga­ge­ment asso­cia­tif dans le quar­tier, est depuis l’élection d’Éric Piolle, en 2014, adjoint aux sports. Un domaine qu’il connaît bien puis­qu’il a été conseiller muni­ci­pal délé­gué au déve­lop­pe­ment socio-spor­tif lors du deuxième man­dat de Michel Destot, de 2001 à 2008.

 

Membre du Rassemblement citoyen, de la gauche et des éco­lo­gistes, Sadok Bouzaïene n’a pas man­qué de détailler les réa­li­sa­tions de la majo­rité – déve­lop­pe­ment du sport fémi­nin, tra­vaux au stade Lesdiguières, construc­tion ou réfec­tion de ter­rains syn­thé­tiques… – et ses pro­jets de réa­li­sa­tions : tra­vaux au Palais des sports, à la halle Clémenceau et à la pis­cine Jean-Bron (qui ont déjà débuté), construc­tion d’un centre spor­tif à la Villeneuve…

 

L’adjoint aux sports de Grenoble est éga­le­ment revenu sur « l’héritage de l’ancienne majo­rité », avec notam­ment la halle de ten­nis qu’il a fallu finir de payer pour res­pec­ter « l’engagement de la ville, la conti­nuité poli­tique ». Cet homme « de ter­rain », plu­tôt dans l’ombre habi­tuel­le­ment mais au franc-par­ler assumé, avait de nom­breuses choses à dire.

 

 

 

Place Gre’net – Vous avez été nommé adjoint aux sports en 2014, après la victoire d’Éric Piolle aux municipales, mais vous êtes loin d’être un novice dans ce domaine…

 

De 2001 à 2008, je sié­geais comme conseiller délé­gué au déve­lop­pe­ment socio-spor­tif de la Ville de Grenoble. Je n’ai, en revanche, pas par­ti­cipé à la majo­rité kitsch de mon cher Michel Destot entre 2008 et 2014. Ça veut dire que j’ai déjà une connais­sance des dos­siers et du ter­rain.

 

J’ai réa­lisé à l’époque quelques pro­jets : le pro­gramme Jeunes en mon­tagne, l’installation de la cel­lule « sports et quar­tiers », la créa­tion de la Caravane du sport, l’été, dans les quar­tiers “poli­tique de la ville”. Cet exemple est unique ! J’ai vu le ministre, pour­tant pas du même bord que moi, qui recon­naît que c’est un exemple de proxi­mité d’une action spor­tive.

 

Grâce aux actions de cette cel­lule “sports et quar­tiers”, on a mis en avant le sport comme outil d’insertion sociale et d’éducation dans les quar­tiers. Aujourd’hui, ce sont des acteurs recon­nus, une équipe de neuf per­sonnes, qui déve­loppe une acti­vité tout au long de l’année et pen­dant les vacances, afin que les gamins trouvent une diver­sité de dis­ci­plines spor­tives et pas seule­ment le foot.

 

 

« Nous avons mis en œuvre un travail assez important dès le scolaire,

jusqu’aux clubs, pour le développement du sport féminin. »

 

 

Quels sont les axes principaux d’une politique sportive dans une ville de la taille de Grenoble ?

 

La poli­tique spor­tive de la ville de Grenoble com­porte une par­tie fonc­tion­ne­ment (clubs, asso­cia­tions spor­tives…) et une par­tie liée à l’é­tat des équi­pe­ments et au tra­vail d’investissement. On ne peut pas tout répa­rer et moder­ni­ser en six mois. Nous avons un plan de charge de réha­bi­li­ta­tion, de moder­ni­sa­tion et d’adaptation des équi­pe­ments aux contraintes nou­velles des dif­fé­rentes dis­ci­plines spor­tives car les choses évo­luent chaque année. Quand nous effec­tuons des tra­vaux, nous englo­bons tou­jours ces contraintes nou­velles.

 

Selon une étude du minis­tère, les équi­pe­ments spor­tifs en France ont vu un essor et une construc­tion assez impor­tante dans toutes les villes depuis les années 1960, en l’oc­cur­rence 1968 pour Grenoble. Nous avons un héri­tage qui consiste à faire les tra­vaux néces­saires pour tout ce qui est pis­cines, gym­nases, équi­pe­ments, en y ajou­tant des ins­tal­la­tions nou­velles à chaque occa­sion.

 

Sadok Bouzaiene est adjoint aux sports de Grenoble depuis 2014. Entre 2001 et 2008, il était conseiller municipal délégué au développement socio-sportif de la ville. © Laurent Genin

Sadok Bouzaiene est adjoint aux Sports de Grenoble depuis 2014. Entre 2001 et 2008, il était conseiller muni­ci­pal délé­gué au déve­lop­pe­ment socio-spor­tif de la ville. © Laurent Genin

 

 

Quelle est votre vision – et donc celle de l’actuelle majorité – de la politique sportive pour Grenoble ?

 

La défi­ni­tion de la poli­tique spor­tive de Grenoble pour cette majo­rité, c’est le sport par­tout, et j’insiste sur le mot, pour toutes et tous. Nous avons mis en œuvre un tra­vail assez impor­tant dès le sco­laire, jusqu’aux clubs, pour le déve­lop­pe­ment du sport fémi­nin. Sur ce plan-là, Grenoble est prise comme exemple – je le dis avec convic­tion – dans dif­fé­rentes villes de France parce que nous avons réa­lisé une avan­cée dans toutes les dis­ci­plines spor­tives, pour réus­sir un bond en avant dans la fémi­ni­sa­tion du sport.

 

Nous sommes par­tis d’une enquête, réa­li­sée avec l’Agence de l’éducation par le sport, pour le déve­lop­pe­ment du sport fémi­nin dans la ville de Grenoble, dès le col­lège. Celle-ci nous donne quelques pistes pour y tra­vailler et avan­cer avec les clubs dans tous les quar­tiers gre­no­blois.

 

 

Comment se traduit concrètement votre plan de développement du sport féminin ?

 

Nous avons impulsé dans ce cadre la créa­tion d’une école muni­ci­pale de foot fémi­nin. Ça fait deux ans que nous l’a­vons réa­li­sée avec l’ensemble des struc­tures d’animation dans les quar­tiers. Nous avons mis en place, chaque mer­credi, un ramas­sage avec un bus de toutes les filles des dif­fé­rents quar­tiers. Et, main­te­nant, la par­ti­ci­pa­tion est très éle­vée. Pendant les mer­cre­dis de vacances, on en est à 97 filles par­ti­ci­pant à cette école, avec le concours du club de foot fémi­nin gre­no­blois pour l’entraînement et l’animation de ces séances.

 

Nous avons en outre conclu, il y a deux mois, l’ho­mo­lo­ga­tion du ter­rain d’hon­neur de Lesdiguières pour l’é­quipe de foot fémi­nin. Par ailleurs, nous allons pour­suivre, de 2017 à 2019, le déve­lop­pe­ment du sport fémi­nin avec des actions concrètes, en par­ti­cu­lier dans les ter­ri­toires de la poli­tique de la ville. Ce 8 mars, par exemple, a lieu la soi­rée  »Elles à vélo » au Palais des sports : les clubs cyclistes de l’agglomération et de Rhône-Alpes par­ti­cipent à une jour­née portes ouvertes pour les cyclistes fémi­nines (minimes, cadets, juniors et seniors).

 

 

« Nous avons choisi de faire porter la baisse des subventions sur les clubs qui ont du sponsoring, qui peuvent accéder à des crédits etc. et d’épargner les clubs naissants, les clubs des quartiers de notre ville. »

 

 

Plus globalement, en quoi votre action tranche-t-elle avec celle de l’ancienne majorité municipale ?

 

Quand nous sommes arri­vés, nous avions la connais­sance du ter­rain de la ville de Grenoble, de la situa­tion du patri­moine du sport et de ce que nous pou­vions démar­rer sur la poli­tique de sport par­tout, pour toutes et tous. Nous avons mis en place des cri­tères de sub­ven­tions aux clubs et asso­cia­tions spor­tives basés sur des règles écrites, défi­nies entre nous et les clubs, afin de défi­nir un nou­veau mode de fonc­tion­ne­ment à ce sujet.

 

Dorénavant, nous obser­vons le pour­cen­tage de filles dans les clubs, le pour­cen­tage d’actions avec les jeunes… L’objectif est de créer une trans­pa­rence dans la sub­ven­tion. Ce n’est pas poli­tique ou à la tête des clients, mais par rap­port aux faits, aux actes réels. Avant, c’était une recon­duc­tion sans éva­lua­tion et sans cri­tères.

 

 

Vous avez notamment réduit les subventions attribuées aux trois principaux clubs grenoblois, FCG, GF38 et Brûleurs de Loups, ce qui n’a pas fait que des heureux…

 

Sadok Bouzaiene a dressé la liste des réalisations et des projets de réalisations entre 2017 et 2019 de la majorité municipale en matière de sport. "Tout ça, c'est grâce à Piolle. Et je le signe"! © Laurent Genin

Sadok Bouzaiene a dressé la liste des réa­li­sa­tions et des pro­jets de réa­li­sa­tions entre 2017 et 2019 de la majo­rité muni­ci­pale en matière de sport. « Tout ça, c’est grâce à Piolle. Et je le signe ! » © Laurent Genin

La baisse des sub­ven­tions, ce n’est pas un choix poli­tique de notre ville. C’est lié à la baisse des dota­tions de l’État, qui se tra­duit méca­ni­que­ment par une baisse du bud­get du sport, comme dans toutes les villes de la même caté­go­rie en France. De notre côté, nous avons choisi de la faire por­ter sur les clubs qui ont du spon­so­ring, qui peuvent accé­der à des cré­dits etc. et d’épargner les clubs nais­sants, les clubs des quar­tiers de notre ville – alors que dans d’autres villes de France, on ne donne plus d’argent aux asso­cia­tions.

 

Ce sont donc les gros clubs qui sont concer­nés par cette dimi­nu­tion de l’aide en matière de sub­ven­tions : le FCG et le GF38, un peu moins les Brûleurs de Loups. Ceci dit, il s’a­git d’une baisse en fonc­tion­ne­ment uni­que­ment : en paral­lèle, la Ville prend en charge davan­tage d’investissements puisque nous avons, par exemple, moder­nisé des ter­rains pour une uti­li­sa­tion par ces clubs.

 

 

À propos de la modernisation de terrains justement, qu’avez-vous réalisé ?

 

Depuis notre arri­vée, il y a eu, en 2015, la fina­li­sa­tion des tra­vaux de construc­tion d’un ter­rain de rugby syn­thé­tique sur le site Bachelard, et la construc­tion d’un ter­rain de foot­ball syn­thé­tique sur le Village olym­pique (sec­teur 6), ainsi qu’en 2016, la réfec­tion du ter­rain syn­thé­tique du stade Vercors.

 

 

« La piscine Jean-Bron, c’était un chantier attendu depuis minimum douze ans. »

 

 

Vous avez insisté sur votre action en direction des jeunes. Pouvez-vous nous donner quelques exemples ?

 

Nous avons lancé un grand pro­jet – qui s’a­vère être une réus­site – des­tiné à favo­ri­ser la pra­tique auto­nome des jeunes dans les quar­tiers et les jar­dins : le street wor­kout [lit­té­ra­le­ment “entraî­ne­ment de rue”, sport à mi-che­min entre la gym­nas­tique et la mus­cu­la­tion se pra­ti­quant sur­tout en exté­rieur, ndlr]. L’un se situe au bord du Stade des Alpes, dans l’amphithéâtre au bord de l’Isère, et le deuxième, qui est ter­miné, au Clos d’Or. Et nous pro­je­tons d’en faire deux autres en 2017 : un au Jardin de ville, un autre pour lequel on hésite encore pour l’emplacement.

 

On peut aussi citer la créa­tion d’un mur d’es­ca­lade, le long de l’Isère, dans le cadre d’un pro­jet par­ti­ci­pa­tif avec les jeunes inté­res­sés, ou encore la prise en ges­tion, entre­tien et main­te­nance d’un nou­veau park dans le quar­tier Jean-Macé. C’est un ter­rain de proxi­mité (foot, bas­ket, hand…) ouvert aux jeunes du quar­tier et aux élèves de l’école Jean-Macé – car il faut savoir qu’il n’y avait pas d’équipement spor­tif dans l’école.

 

Je sou­ligne éga­le­ment le sou­tien ren­forcé aux acti­vi­tés spor­tives dans le cadre du temps péri­sco­laire, avec la par­ti­ci­pa­tion de l’en­semble de nos Etaps (édu­ca­teur ter­ri­to­rial des acti­vi­tés phy­siques et spor­tives) dans les écoles mater­nelles et pri­maires.

 

 

Quid de la piscine Jean-Bron, dont la vétusté fait débat depuis quelques années ?

 

Nous avons débuté des tra­vaux de réfec­tion tech­nique de la pis­cine qui doivent se ter­mi­ner au mois de mai.

Une réno­va­tion impor­tante coû­tant plus de 1,2 mil­lion d’eu­ros, pour refaire toute l’installation hydrau­lique… et ne pas se deman­der chaque année si elle va démar­rer ! C’était un chan­tier attendu depuis mini­mum douze ans. Les sur­faces vont aussi être refaites et nous allons ins­tal­ler des para­sols.

 

 

 

Passons au dossier important du Stade des Alpes. Quelle position adopte la municipalité par rapport aux deux clubs qui y jouent, le GF38 et le FCG, dont on sait que la cohabitation a été compliquée la saison dernière ?

 

"Quand nous sommes arrivés en 2014, le stade Lesdiguières n’était homologué que pour le rugby. Nous avons fait des travaux nécessaires pour qu’il le soit aussi pour le foot", précise l'adjoint aux sports. © Laurent Genin

« Quand nous sommes arri­vés en 2014, le stade Lesdiguières n’était homo­lo­gué que pour le rugby. Nous avons fait des tra­vaux néces­saires pour qu’il le soit aussi pour le foot », pré­cise l’ad­joint aux sports. © Laurent Genin

Mettons déjà les choses au clair : nous n’avons pas de pré­fé­rence entre le foot et le rugby. La coha­bi­ta­tion entre le GF38 et le FCG a été com­pli­quée l’année der­nière parce que ce sont les gens qui l’ont ren­due com­pli­quée. Elle est com­pli­quée car liée à l’histoire de ce stade. Il a été construit avec l’argent des Grenobloises et des Grenoblois, avec un coût supé­rieur au pro­jet ini­tial.

 

 

Ajoutons à cela le choix de mettre un ges­tion­naire du stade [Carilis, qui a créé une société dédiée Sogestal, ndlr], ce qui ne faci­lite pas la coexis­tence entre les deux clubs rési­dents. C’est la res­pon­sa­bi­lité poli­tique d’un héri­tage de l’ancienne majo­rité métro­po­li­taine.

 

Aujourd’hui, cette ques­tion est tou­jours en débat. Que faire pour en sor­tir, quelle que soit la situa­tion dans laquelle nous nous trou­ve­rons en 2017 – 2018 ? Je prends un exemple : si le GF38 monte [en National, la 3e divi­sion] et le rugby des­cend [en Pro D2], les deux joue­ront le ven­dredi. Nous ne sommes pas hors-sol, nous réflé­chis­sons et essayons d’agir pour arri­ver à arran­ger les uns et les autres.

 

 

« Le stade Lesdiguières n’était homologué que pour le rugby. Nous avons fait des travaux nécessaires pour qu’il le soit aussi pour le foot. »

 

 

Qu’avez-vous prévu si ce cas de figure se produit ?

 

Nous avons com­mencé tout un tra­vail à Lesdiguières. Il accueille le foot fémi­nin. Aujourd’hui, il y a un troi­sième club, en D2, qui peut mon­ter dans l’avenir. Essayons de réflé­chir pour que l’argent des contri­buables gre­no­blois soit très bien uti­lisé. Quand nous sommes arri­vés en 2014, le stade Lesdiguières n’était homo­lo­gué que pour le rugby. Nous avons fait des tra­vaux néces­saires (le bar­rié­rage, la sécu­rité…) pour qu’il le soit aussi pour le foot. Nous l’avons fait pas à pas pour ne pas dépen­ser l’argent. Avec les aléas du sport tels qu’ils sont, il faut essayer d’anticiper, mais pas trop, et agir pour ne pas se trou­ver en retard.

 

 

Le FCG s’interroge sur le fait de continuer ou non à évoluer au Stade des Alpes la saison prochaine. Il réfléchit éventuellement à venir rejouer à Lesdiguières, son stade historique. Comment appréhendez-vous ce sujet ?

 

Aujourd’hui à l’instant t, j’ai des idées, le maire a des idées, nous avons tous des idées mais il faut concré­ti­ser. Si le FCG retourne à Lesdiguières, il faut que je lui pré­pare les condi­tions.

 

 

Dans cette hypothèse, le Stade des Alpes serait sous-occupé…

 

La ques­tion c’est ça. Le Stade des Alpes n’a été construit que pour le foot à l’origine, c’est une erreur poli­tique. Nous avons une entente par­faite avec le GF38 et avec le FCG mal­gré ces dif­fi­cul­tés pas­sa­gères d’aujourd’hui. Et nous tenons à ce que ces deux clubs s’améliorent pour le rayon­ne­ment du sport gre­no­blois. Ça, c’est notre volonté poli­tique.

 

 

« Quand vous avez un Stade des Alpes qui a coûté 92 millions d’euros, vous le laissez vide ? Vous en construisez un troisième avec l’argent public ? Non. »

 

 

Où en sont les négociations entre le FCG et le délégataire du Stade des Alpes ?

 

C’est un dos­sier à la charge du pré­sident de la Métropole [Christophe Ferrari, ndlr]. Au moment où je vous en parle [jeudi 2 mars, ndlr], je n’ai pas le retour des ques­tions qui sont posées par tout le monde. Les clubs ont été reçus par le pré­sident. Les maires de droite et de gauche ont fait des sug­ges­tions. Je pense que cette situa­tion-là doit trou­ver une réso­lu­tion avant l’été. Moi j’an­ti­cipe par Lesdiguières. J’ai un bud­get de tra­vaux, je l’oriente indé­pen­dam­ment d’autre chose car ça devient une prio­rité. C’est une ges­tion prag­ma­tique : être tou­jours dans la réflexion pour répondre aux besoins, ne pas subir un calen­drier quel­conque.

 

"Le stade des Alpes n’a été construit que pour le foot à l’origine, c’est une erreur politique", dixit Sadok Bouzaiene. © Laurent Genin

« Le stade des Alpes n’a été construit que pour le foot à l’origine, c’est une erreur poli­tique », dixit Sadok Bouzaiene. © Laurent Genin

 

Le Stade des Alpes est un dossier dont on ne cesse de parler depuis de longues années…

 

Heureusement que je connais­sais l’histoire du Stade des Alpes. Quand je suis arrivé, qu’auriez-vous fait à ma place quand vous avez un stade qui a coûté 92 mil­lions d’euros ? Vous le lais­sez vide ? Vous en construi­sez un troi­sième avec l’argent public ? Vous endet­tez la ville de Grenoble comme cela a été fait avec des prêts toxiques que nous payons quatre fois plus cher ? Non. Ni Éric Piolle ni moi ne sommes pour ce mode de fonc­tion­ne­ment et de ges­tion de l’argent public. Est-ce que notre posi­tion­ne­ment n’est pas sensé et res­pec­tueux de l’argent public ?

 

 

« Au lieu de mettre 12 millions dans une halle de tennis, j’aurais aimé construire des écoles qui nous manquaient, adapter des équipements sportifs… »

 

 

Ce stade, les écologistes n’en voulaient pas. Depuis l’élection d’Éric Piolle, la majorité souhaite qu’il soit utilisé un maximum…

 

Quand vous avez une mai­son qui est déjà construite, qu’est-ce que vous faites ? C’est comme pour le ten­nis. Quand vous avez une halle de ten­nis, la plus grande de France, qui était déjà enga­gée [construc­tion ini­tiée sous l’ancienne majo­rité, ndlr], nous étions obli­gés de payer. C’est l’engagement de la Ville, la conti­nuité poli­tique. Nous avons payé 4,5 mil­lions d’euros à la place de faire des pis­cines ou des équi­pe­ments spor­tifs. Si j’en avais eu la pos­si­bi­lité, au lieu de mettre 12 mil­lions dans une halle de ten­nis, j’aurais aimé construire des écoles qui nous man­quaient, adap­ter des équi­pe­ments spor­tifs pour les moder­ni­ser, les agran­dir, pour l’accessibilité, pour les enfants…

 

Cette halle de ten­nis, c’était le pro­jet de l’ancienne majo­rité mais qui l’a payé ? Quand nous sommes arri­vés en avril 2014, j’in­siste, nous avons payé 4,5 mil­lions. Seul le bâti­ment com­men­çait avec le béton. Elle a été ter­mi­née en 2016. Et encore, l’ancienne majo­rité a oublié quelque chose… Le par­king ! Nous sommes en entente par­faite avec le club pour trou­ver une solu­tion alter­na­tive. Nous avons com­mencé à étu­dier les solu­tions pos­sibles sur le ter­rain à côté ou un bout de ter­rain où il y a déjà une clô­ture et où il faut créer un por­tail avec une caméra pour sécu­ri­ser le sta­tion­ne­ment. Nous avons gardé l’entité spor­tive et trouvé des solu­tions sur le péri­mètre exté­rieur. Ça va se réa­li­ser durant cette année 2017. Et nous étu­dions éga­le­ment la ques­tion du trans­fert du com­plexe de ten­nis à la Métropole.

 

 

« M. Chanal a vidé le Palais des sports du sport. Il n’avait de “sports” que le nom. »

 

 

La municipalité a repris en gestion directe le Palais des sports. Quid des manifestations sportives dans cette enceinte ?

 

En arri­vant M. (Guy) Chanal [l’ancien direc­teur géné­ral, ndlr] a vidé le Palais des sports du sport. Le Palais des sports n’avait de “sports” que le nom. Les 6 Jours (cyclistes) n’était qu’un évé­ne­ment de res­tau­ra­tion, de mar­ke­ting. Il y avait des spor­tifs qui venaient pour des primes, il faut dire les choses. Désormais, cet équi­pe­ment est ouvert à tous les spor­tifs. Tous les clubs (cyclistes) de l’agglomération gre­no­bloise et aussi de Rhône-Alpes viennent s’entraîner en hiver sur la piste du Palais des sports.

 

 

Prévoyez-vous de faire des travaux à l’intérieur ?

 

 

Une étude est menée entre le Département, la Métropole et la ville de Grenoble pour la réfec­tion du sol afin que l’athlétisme, saut en lon­gueur, en hau­teur, retrouve le Palais des Sports après tra­vaux.

 

Sadok Bouzaiene définit la politique sportive de la majorité municipale ainsi : "le sport partout pour toutes et tous". © Laurent Genin

Sadok Bouzaiene défi­nit la poli­tique spor­tive de la majo­rité muni­ci­pale ainsi : « le sport par­tout, pour toutes et tous ». © Laurent Genin

Ils vont démar­rer cette année afin qu’il retrouve aussi le che­min d’un équi­pe­ment métro­po­li­tain.

 

Actuellement, nous n’avons que les condi­tions de la piste. Et en même temps, nous avons dépensé 110 000 euros pour la réha­bi­li­ter, la mettre en sécu­rité pour les sco­laires et les minimes, cadets, juniors et seniors. La Région nous a aidés à le faire. Elle a consi­déré que c’était un bon pro­jet. Il faut savoir que c’est la seule piste cou­verte dans l’Est de la France.

 

Lors de la cam­pagne élec­to­rale, nous avions dit que nous vou­lions ouvrir le Palais des sports aux Grenobloises et Grenoblois pour qu’il ne reste pas fermé en hiver et que les enfants s’y entraînent. Il y a aussi les cham­pions. L’équipe cycliste AG2R est venue il y a quelques semaines [pour des tests de maté­riels en vue d’épreuves contre-la-montre, ndlr].

 

 

Quelle est la méthode employée et l’objectif final recherché au Palais des sports ?

 

La Métropole, le Département et la ville de Grenoble réflé­chissent ensemble à une réha­bi­li­ta­tion sérieuse pour essayer de diver­si­fier la pra­tique spor­tive à l’intérieur du Palais des sports. C’est un bon che­min. […] Si on veut léguer un équi­pe­ment de qua­lité aux géné­ra­tions futures, je pense qu’il faut mettre le prix néces­saire – c’est un inves­tis­se­ment lourd de plu­sieurs mil­lions d’euros – pour en faire une enceinte mul­ti­fonc­tions.

 

 

« Si nous dépensons 6,39 millions d’euros pour le centre sportif Arlequin, ce n’est pas pour nous épargner quelque 50 ou 60 000 euros pour sécuriser l’équipement ! »

 

 

On fêtera l’an prochain les 50 ans des Jeux olympiques d’hiver de 1968. Que prévoyez-vous pour cette commémoration ?

 

Nous tra­vaillons depuis huit mois sur cet anni­ver­saire. Ce sont des actions que l’on par­tage avec tous les acteurs du sport dans l’agglomération gre­no­bloise. Le 16 mars, nous serons à notre troi­sième copil” (comité de pilo­tage). Il y a des idées qui fleu­rissent, une réflexion menée entre Chamrousse, les Deux Alpes, tous les acteurs du sport d’hiver et le CDOS (Comité dépar­te­men­tal olym­pique et spor­tif) pour essayer de créer un pro­gramme ensemble. Ce ne doit pas être sim­ple­ment la ville de Grenoble qui arrive avec des choses prêtes et déjà déci­dées. Nous vou­lons mettre tout le monde dans la boucle.

 

 

Depuis l’incendie du gymnase de la Piste, en 2009, les quartiers sud sont privés d’équipement sportif. Un nouveau projet a été présenté lors du conseil municipal du 6 février dernier…

 

Oui, ce sera un peu la cerise sur le gâteau parmi nos futures réa­li­sa­tions : le pro­jet de construc­tion du centre spor­tif Arlequin à la Villeneuve. Le démar­rage des tra­vaux aura lieu cette année, pour une mise en ser­vice pro­gram­mée en 2019.

 

 

Certains élus de droite ont pointé l’absence de vidéosurveillance dans cette future halle sportive de l’Arlequin. Leurs critiques sont-elles fondées ?

 

Me dire qu’il n’y a pas de vidéo­sur­veillance ou d’alarme à l’intérieur pour les accès à cet équi­pe­ment, c’est faux puisque nous sommes obli­gés de nous confor­mer aux exi­gences des assu­rances comme dans tout équi­pe­ment de la ville. La ques­tion n’est que poli­ti­carde au plus bas mot ! Par rap­port à l’ancien pro­jet, nous avons ajouté un mur d’escalade, une toi­ture éner­gé­tique avec des pan­neaux pho­to­vol­taïques, tout en y inté­grant l’embellissement de l’entrée du quar­tier de la Villeneuve… Si nous dépen­sons 6,39 mil­lions d’eu­ros pour tout cela, ce n’est pas pour nous épar­gner quelque 50 ou 60 000 euros pour sécu­ri­ser l’équipement !

 

 

« La halle Clémenceau est un équipement cher aux Grenobloises et Grenoblois et notre devoir est de la réhabiliter et de ne pas la laisser dépérir. »

 

 

Que pouvez-vous nous dire sur les nombreux autres projets prévus pour la deuxième partie du mandat (cf. liste ci-dessous) ?

 

"Le stade des Alpes n’a été construit que pour le foot à l’origine, c’est une erreur politique", dixit Sadok Bouzaiene. © Laurent Genin

« Le stade des Alpes n’a été construit que pour le foot à l’origine, c’est une erreur poli­tique », dixit Sadok Bouzaiene. © Laurent Genin

Nous pré­voyons notam­ment le début des tra­vaux de réha­bi­li­ta­tion de la halle Clémenceau. D’ailleurs, per­sonne ne nous a obli­gés à y faire des tra­vaux mais, vu l’état du sol, des trous… C’est un équi­pe­ment cher aux Grenobloises et Grenoblois et notre devoir est de le réha­bi­li­ter et de ne pas le lais­ser dépé­rir.

 

Cette halle est his­to­rique et la réha­bi­li­ta­tion était deman­dée par les col­lèges et lycées du centre-ville et tous les pra­ti­quants des dif­fé­rents sports se tenant dans la halle. Nous allons donc com­men­cer en mai, refaire tout le sol qui est très fati­gué. Citons aussi la créa­tion d’activités spor­tives à des­ti­na­tion des per­sonnes souf­frant de han­di­cap. Nous avons ouvert le gym­nase Ampère au rugby fau­teuil et au foot fau­teuil depuis cette année : ils jouent des matches. Nous tra­vaillons éga­le­ment sur la mise en acces­si­bi­lité des pis­cines.

 

 

Êtes-vous fier de votre action depuis votre nomination ?

 

Oui, si nous n’avons pas fait beau­coup de bruit autour de nos actions, nous avons effec­tué un tra­vail au quo­ti­dien, réa­lisé des choses. Il n’y a pas eu de conflits, ni avec les spor­tifs ni avec les clubs. Si nous avons eu la recon­nais­sance du minis­tère, c’est parce que nous avons mis comme objec­tif : le sport par­tout, pour toutes et tous. Tous ces réa­li­sa­tions et pro­jets de réa­li­sa­tions, il faut être hon­nête, c’est grâce à (Éric) Piolle. Et je le signe !

 

 

Propos recueillis par Laurent Genin et Manuel Pavard

 

 

Les listes des réalisations de la première moitié de mandat et des projets sportifs pour la période 2017 – 2019

 

Liste des réalisations de la majorité municipale de Grenoble en matière de politique sportive depuis son arrivée en 2014. © DR

Liste des réa­li­sa­tions de la majo­rité muni­ci­pale de Grenoble en matière de poli­tique spor­tive depuis son arri­vée en 2014. © DR

 

Projets de réalisations 2017-2019 de la majorité municipale de Grenoble en matière de sport. © DR

Projets de réa­li­sa­tions 2017 – 2019 de la majo­rité muni­ci­pale de Grenoble en matière de sport. © DR

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Commentaires 7
  1. L’aire Piolle, c’est l’a­vè­ne­ment du sport payant, c’est-à-dire que les asso­cia­tions spor­tives paient les occu­pa­tions qu’elles font des ins­tal­la­tions spor­tives de Grenoble. Alors le sport pour toutes et tous, PIPO ? BOBO FO ECOLO ?

    sep article
  2. Bel article, mais qui ne console pas le Hockey Club de Grenoble ( Hockey sur Gazon ) qui se fait pro­me­ner depuis 15 ans et la des­truc­tion de son ter­rain. On peut se réjouir pour les autres et avoir la gorge ser­rée quand on voit cer­tain mon­tant ou pro­jets évo­qués. Mais pour nous tou­jours les mêmes dif­fi­cul­tés d’an­née en année. Pas de lieu de vie pour le club, pas de douche, toi­lette ou point d’eau à proxi­mité du ter­rain. Une belle image pour l’ag­glo­mé­ra­tion gre­no­bloise quand on reçoit les clubs visi­teurs.

    sep article
  3. C’est une blague cette jus­ti­fi­ca­tion de l’ad­joint au sport ?

    Sincèrement, le sport n’est pas la prio­rité de la majo­rité, cher­cher à retour­ner la situa­tion est un peu facile alors même que nos sports his­to­riques ont souf­fert pen­dant ce man­dat.

    J’ai lu avec grande atten­tion le fiches jointes, oui il y a des réfec­tions, des moder­ni­sa­tions, mais sérieu­se­ment quoi de neuf, de nou­veau ? Quel pro­jet, quel pro­gramme, quelle tra­jec­toire ? Rien, on fait au plus urgent en ins­trui­sant des demandes de tout venant.

    Je n’ai rien contre cette pos­ture au demeu­rant, c’est un choix, je cri­tique ici la forme, comme si on fai­sait croire aux gre­no­blois qu’il y avait une vraie feuille de route « ambi­tieuse » en matière de sport alors qu’il n’en est rien. Piolle n’a abso­lu­ment rien pro­grammé en la matière de réel­le­ment struc­turé.

    sep article
  4. Bonjour
    « réfu­gié poli­tique « ?????
    BENYOUB.A

    sep article
    • Où est le pro­blème ?
      1972, c’est la dic­ta­ture du parti des­tou­rien en Tunisie, avec mani­fes­ta­tions et répres­sions.

      sep article
  5. Comment dire ? Comment dire ?

    C’est vrai qu’il n’y avait pas du tout de sport à Grenoble avant Piolle . D’ailleurs Grenoble n’exis­tait pas avant Piolle. C’est connu.

    Le GF38, le FGC, les Brûleurs de loups, l’a­vi­ron (avec des cham­pions olym­piques), l’es­crime, le GUC, la Halle de Tennis, la pati­noire sud, le Stade des Alpes, le Palais des Sports, l’an­neau de vitesse – et tous les clubs de quar­tier, c’est tout Piolle.

    Les Jo de 1968, c’est Piolle aussi.

    Avant Piolle, il n’y avait pas d’his­toire. Et après Piolle, il n’y en aura plus.

    C’est mar­rant cette obses­sion du tout par­tout pour tous : ça marche avec la culture, le sport, la tran­si­tion, le vélo, la végé­ta­li­sa­tion, la mon­ta­gen etc. Les gre­no­blois vont finir surs­ti­mu­lés là…

    Quand aux « réa­li­sa­tions spor­tives », soyons sérieux un ins­tant : celles qui ont été réa­li­sées étaient pré­vues avant 2014 et l’ont été avec retard, comme tout ce qu’a réa­lisé la muni­ci­pa­lité.

    Sauf que là, il n’y plus rien à inau­gu­rer qui date d’a­vant 2014 et les 3 pro­chaines années vont être longues, mornes et vides, car il va bien fal­loir que cette muni­ci­pa­lité se mette au tra­vail et mon­ter des pro­jets. Sauront-ils faire ?
    Quand on voit com­ment l’ANRU a été géré et com­ment c’est parti avec Flaubert, il est per­mis d’en dou­ter…

    sep article
    • Quelle mau­vaise foi ! vous n’a­vez même pas lu l’ar­ticle … même pas l’en­cart sur le pro­gramme prévu des réa­li­sa­tions … 🙁
      C’est vrai qu’à part le Stade des Alpes, il ne reste pas grand chose de l’ère Destot

      sep article