Quartiers sud, Mistral… le nouveau programme de renouvellement urbain sur les rails

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FOCUS – Le conseil municipal de la ville de Grenoble a voté, le 19 décembre dernier, le protocole de préfiguration du Nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU) engagé par l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru). L’objectif ? Valider l’étape de contractualisation d’un nouveau projet concernant les quartiers Mistral, Villeneuve et Village olympique. Un « acte fort » porté par la Métropole, Grenoble, Échirolles et Saint-Martin-d’Hères, qui comptent ainsi « se donner les moyens de concevoir un projet urbain de qualité ».

 

 

 

Réhabilitation urbaine de la Villeneuve à Grenoble par l'Anru. © Christiane Guiraudie

Réhabilitation urbaine de la Villeneuve à Grenoble par l’Anru. © Christiane Guiraudie

À l’ordre du jour du conseil muni­ci­pal du  19 décembre der­nier et bien que quelque peu occul­tée par le vote du bud­get 2017, la déli­bé­ra­tion sur le pro­to­cole de pré­fi­gu­ra­tion du Nouveau pro­gramme natio­nal de renou­vel­le­ment urbain (NPNRU) avec l’Agence natio­nale pour la réno­va­tion urbaine (Anru) a lar­ge­ment ali­menté les débats.

 

 

Désormais de com­pé­tence métro­po­li­taine, la part de ce pro­jet qui revient à la ville de Grenoble reste impor­tante puis­qu’elle concerne notam­ment le Village olym­pique, les quar­tiers de la Villeneuve que sont la place des Géants et la gale­rie de l’Arlequin ainsi que le quar­tier Mistral.

 

Par la place accrue qui sera don­née aux habi­tants, aux asso­cia­tions et aux acteurs éco­no­miques locaux, le pro­jet à venir sera « un éche­lon sup­plé­men­taire pour amé­lio­rer la vie des habi­tants de ces quar­tiers ». C’est du moins ce qu’as­sure Maryvonne Boileau, conseillère muni­ci­pale délé­guée à la poli­tique de la ville et, de fait, por­teuse de la déli­bé­ra­tion.

 

 

 

« Le renouvellement urbain, ce n’est pas simplement rénover des bâtiments »

 

 

« Quand on fait du renou­vel­le­ment urbain ce n’est pas sim­ple­ment réno­ver des bâti­ments, c’est aussi pour amé­lio­rer la vie des gens au quo­ti­dien. Notamment tra­vailler sur la ques­tion de l’é­du­ca­tion, de la for­ma­tion, de l’in­ser­tion et la sûreté des biens et des per­sonnes, la tran­quillité publique dans ces quar­tiers », expose Maryvonne Boileau.

 

Maryvonne Boileau lors de la délibération sur le protocole de configuration pour le programme Anru 2. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Maryvonne Boileau lors de la déli­bé­ra­tion sur le pro­to­cole de confi­gu­ra­tion pour le pro­gramme Anru 2. © Joël Kermabon – Place Gre’net

C’est bien là tout l’ob­jet de la poli­tique de la ville pour les 200 quar­tiers iden­ti­fiés comme prio­ri­taires par le minis­tère épo­nyme. En décembre 2014, l’Anru a décidé de mettre en œuvre le Nouveau pro­gramme natio­nal de renou­vel­le­ment urbain (NPNRU) – appelé éga­le­ment Anru 2 – doté d’une enve­loppe glo­bale de 5 mil­liards d’eu­ros d’in­ves­tis­se­ment.

 

C’est ainsi qu’en 2015 les quar­tiers de la Villeneuve et du Village olym­pique ont été ins­crits comme des opé­ra­tions d’in­té­rêt natio­nal, tan­dis que pour les quar­tiers Mistral – Lys rouge et Champberton – Renaudie la ville de Grenoble obte­nait qu’ils soient clas­sés d’in­té­rêt régio­nal. C’était d’ailleurs l’une des rai­sons pour les­quelles la secré­taire d’État à la Ville, Hélène Geoffroy a choisi de visi­ter le quar­tier de la Villeneuve de Grenoble en février 2016.

 

Le chantier Anru du 50 galerie de l'Arlequin. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Le chan­tier Anru du 50 gale­rie de l’Arlequin. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Le NPNRU fera donc suite à l’Anru 1, lancé en 2005 par Jean-Louis Borloo,  actuel­le­ment en phase d’a­chè­ve­ment qui a trouvé sa concré­ti­sa­tion à Grenoble dans un cer­tain nombre de réa­li­sa­tions.

 

« Nous avons déjà fait des tra­vaux aux 40 et 50 de la gale­rie de l’Arlequin, où ce sont envi­ron 200 loge­ments qui ont été réha­bi­li­tés en qua­lité bâti­ment basse consom­ma­tion (BBC) et créé de nou­veaux espaces publics à la place des anciens silos de par­king », se féli­cite l’é­lue en charge des poli­tiques de la ville. Qui pré­cise qu’un nou­veau centre spor­tif, un espace jeu­nesse ainsi qu’un nou­veau centre de santé « seront mis en ser­vice à l’ho­ri­zon 2020 ».

 

 

 

« Il nous faut recoudre ces quartiers »

 

 

Ce nou­veau pro­jet arrive dans ces quar­tiers de Grenoble sud qui répon­dront désor­mais – dimen­sion métro­po­li­taine oblige – à la déno­mi­na­tion élar­gie de « cen­tra­lité sud ». « Un espace en deve­nir éco­no­mique très impor­tant consi­dé­rant les sur­faces qui vont être libé­rées avec un cer­tain nombre de lieux, tant à Échirolles qu’à Grenoble », sou­ligne Maryvonne Boileau.

 

« Il nous faut recoudre ces quar­tier […] là où les poli­tiques pas­sées les ont frac­tion­nés en micro-quar­tiers […] en assi­gnant leurs habi­tants à rési­dence et en créant tou­jours plus de fron­tières », a expli­qué Éric Piolle dans son intro­duc­tion à la déli­bé­ra­tion. Une manière peut-être de rap­pe­ler la for­mule reprise début 2015 par le député Christian Hutin : « Faute de République, la République se meurt dans les quar­tiers. »

 

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Eric Piolle, maire de Grenoble, et Maryvonne Boileau, conseillère muni­ci­pale délé­guée en charge de la Politique de la Ville depuis mars 2016, lors de la réunion du 8 juillet 2016 sur le renou­vel­le­ment urbain de La Villeneuve, salle 150. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Vaste pro­gramme en tout cas. Pour aider à cocons­truire tout cela, la Ville met en avant la concer­ta­tion mise en place avec les habi­tants, notam­ment par l’in­ter­mé­diaire des tables de quar­tier ou, autre­ment dit, les conseils citoyens. Une concer­ta­tion quelque peu cri­ti­quée et dont la Ville se défend. « Les habi­tants peuvent dire que nous ne concer­tons pas suf­fi­sam­ment, or il y a depuis dix ans de la concer­ta­tion à la Villeneuve sur les pro­jets Anru », plaide Maryvonne Boileau.

 

L’élue en veut pour preuve les retours du ter­rain. « Un cer­tain nombre d’ha­bi­tants nous ont exprimé leur satis­fac­tion de voir que nous pour­sui­vons le tra­vail sur l’Anru », objecte-t-elle.

 

Pour autant, concer­nant ce pro­jet, Maryvonne Boileau l’ad­met, on a pris des rac­cour­cis. « Oui, nous avons fait le choix déli­béré de pas­ser le dos­sier en février – mars, parce que si nous ne le fai­sions pas il y avait des risques que notre pro­jet ne soit pas retenu. Or il nous paraît essen­tiel et fon­da­men­tal de conti­nuer à sol­li­ci­ter le finan­ce­ment de l’Anru pour amé­lio­rer la vie dans ces quar­tiers », tente-t-elle d’ex­pli­quer.

 

 

 

La priorité : engager la rénovation du patrimoine bâti existant

 

 

Qu’en est-il de ce nou­veau pro­jet qui se pro­file et que la Ville n’hé­site pas à qua­li­fier d’am­bi­tieux ? La muni­ci­pa­lité ne cache pas sa volonté d’en­ga­ger des moyens impor­tants. Notamment pour ce qui concerne « l’a­mé­na­ge­ment de l’es­pace public, la pro­preté urbaine ou encore la végé­ta­li­sa­tion des rues et des abords ». Mais le prin­ci­pal enjeu, la prio­rité, est d’en­ga­ger une réno­va­tion du patri­moine bâti exis­tant.

 

Mobilisation contre les démolitions à la Villeneuve le 28 septembre 2016. © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Mobilisation contre les démo­li­tions à la Villeneuve le 28 sep­tembre 2016. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

« Dans ce cadre-là, il y aura l’a­mé­lio­ra­tion des copro­prié­tés des 60, 120, 150 et 170 gale­rie de l’Arlequin, où nous vou­lons aider les copro­prié­taires avec des aides de l’Agence natio­nale de l’ha­bi­tat (Anah) », pré­cise Maryvonne Boileau. L’objectif ? Outre l’a­mé­lio­ra­tion du confort des loca­taires, faire en sorte que les pro­prié­taires de biens sur la gale­rie de l’Arlequin puissent voir la valeur de leur appar­te­ment amé­lio­rée.

 

C’est ainsi que 50 % des dépenses seront prises en charge par cette agence, « ce qui est très excep­tion­nel », sou­ligne l’é­lue. Le reste sera financé par d’autres acteurs dont la Métrople.

 

Pourquoi avoir mis par­ti­cu­liè­re­ment le focus sur ces amé­lio­ra­tions ? « C’est une volonté de notre part. Nous pen­sons qu’il est néces­saire de conser­ver la mixité sociale dans ces quar­tiers en aidant à la reva­lo­ri­sa­tion des pro­prié­tés. Et aussi parce que nous savons très bien qu’il y a une déva­lo­ri­sa­tion qui se pour­suit depuis un cer­tain nombre d’an­nées dans ces quar­tiers. »

 

 

 

Une étape de contractualisation d’un projet de renouvellement urbain

 

 

C’est d’ailleurs pour atti­rer de nou­velles familles et contri­buer au bien-être de ceux qui habitent ces quar­tiers que l’Anru a défini un socle d’o­rien­ta­tion qui devra être pris en compte dans les dis­cus­sions. L’occasion pour la Ville de se livrer à une expli­ca­tion de texte. « Le pro­jet à venir devra plus par­ti­cu­liè­re­ment se don­ner comme objec­tifs d’aug­men­ter la diver­sité de l’ha­bi­tat, favo­ri­ser la mixité fonc­tion­nelle en tra­vaillant sur l’at­trac­ti­vité éco­no­mique du sec­teur ou encore viser l’ef­fi­ca­cité éner­gé­tique et contri­buer à la tran­si­tion éco­lo­gique des quar­tiers. »

 

Fête des moissons à la Villeneuve. © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'Net

Fête des mois­sons à la Villeneuve. © Yuliya Ruzhechka – Place Gre’net

Mais nous n’en sommes pas là… et la Ville prend les devants avant toute réa­li­sa­tion. « Le pro­to­cole de pré­fi­gu­ra­tion [l’ob­jet de la déli­bé­ra­tion, ndlr] n’est qu’une étape de contrac­tua­li­sa­tion d’un pro­jet de renou­vel­le­ment urbain. Il est des­tiné à finan­cer un pro­gramme d’é­tudes et des moyens d’in­gé­nie­rie. Il per­met de se don­ner les moyens suf­fi­sants pour conce­voir un pro­jet urbain de qua­lité et de défi­nir à la fois les condi­tions de leur fai­sa­bi­lité », tient-elle à pré­ci­ser.

 

La déli­bé­ra­tion a été adop­tée par la majo­rité et, bien qu’as­sor­tie de nom­breuses réserves, par les conseillers muni­ci­paux du groupe Rassemblement de gauche et de pro­grès. Le groupe Les Républicains – UDI et Société civile s’est, quant à lui, abs­tenu tan­dis que le Front natio­nal votait contre.

 

 

Joël Kermabon

 

 

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