FOCUS – Un éducateur de rue a été placé en garde à vue mercredi 25 février 2026. L’homme se serait montré violent envers les policiers lors d’un contrôle des forces de l’ordre à Échirolles, selon la Direction interdépartementale de la police nationale de l’Isère. Le lendemain, jeudi 26 février au matin, une trentaine de personnes se sont rassemblées devant l’hôtel de police de Grenoble pour exiger sa libération sans poursuites.
Un éducateur de rue a fait l’objet d’une interpellation mercredi 25 février 2026 vers 15 heures sur un point de deal, dans le secteur du Gâtinais à Échirolles. Son contrôle aurait dégénéré, selon la Direction interdépartementale de la police nationale (DIPN) de l’Isère. Accusé de rébellion et de violences envers les forces de l’ordre, l’homme âgé de 35 ans a ensuite été placé en garde à vue.
Une interpellation vivement critiquée par les professionnels du secteur
Le Collectif national de la prév’ (Prévention spécialisée) a réagi sans attendre par un communiqué, dénonçant une « atteinte aux droits des travailleurs sociaux« . Le texte précise : « Nous sommes choqué-es d’apprendre qu’un collègue éduc’ de rue a été placé en garde à vue à Grenoble alors qu’il exerçait son activité professionnelle. Ce mépris d’un professionnel en fonction remet en question les droits des travailleurs sociaux exerçant leur métier. Rien ne justifie cette garde à vue ! »

Un éducateur de rue de 35 ans a été placé en garde à vue mercredi 25 février 2026, après un contrôle de police dans le secteur du Gâtinais à Échirolles. © Google Maps
Pour le collectif, l’éducateur était en pleine activité professionnelle, dans le cadre de sa mission de prévention spécialisée auprès des jeunes en difficulté. « Notre fonction est une mission de service public dans le cadre de la protection de l’enfance. Il s’agit d’une action de liens inscrite dans l’aller-vers et la dynamique collective dans les espaces où se manifestent des risques d’inadaptation sociale à destination de tous et toutes sans jugement« , soulignent les signataires.
Pour le collectif de la Prév’, les principes fondamentaux sont remis en cause
Le collectif rappelle que la prévention spécialisée repose sur des principes fondateurs : « l’anonymat, la libre adhésion, le non mandat nominatif… Ils servent à légitimer la confiance des publics auprès des équipes éducatives qui interviennent sur les quartiers. » L’interpellation de l’éducateur de rue, alors qu’il était en situation de travail, est ainsi perçue comme une remise en cause de ces valeurs et une menace pour l’exercice de leur métier.

Baptiste Anglade, tête de liste NPA Révolutionnaires pour les élections municipales de 2026 à Grenoble. © Joël Kermabon – Place Gre’net
Pour les membres du collectif, cette interpellation illustre une logique sécuritaire qui ne répond pas aux besoins des populations en détresse. « Les populations de quartiers sont délaissées, stigmatisées et mises à l’écart, si les travailleur.euses sociaux.ales sont aussi objet de suspicion, quel message est transmis ? Qui va s’occuper des plus vulnérables alors que ces réactions renforcent le rejet des institutions ?« , interrogent-ils.
Une mobilisation pour la libération de l’éducateur de rue
Dès le lendemain de l’interpellation, une trentaine de manifestants, dont des membres du Nouveau Parti anticapitaliste révolutionnaire (NPAR), avec son chef de file Baptiste Anglade, se sont rassemblés devant l’hôtel de police de Grenoble pour exiger la libération de l’éducateur sans poursuites.
Le procureur de la République a finalement décidé de le remettre en liberté, avec une convocation à une composition pénale – une mesure alternative aux poursuites, sous réserve de la reconnaissance des faits.
Le Collectif national de la prév’ maintient pour sa part son soutien inconditionnel et exige l’abandon des poursuites, affirmant que « la solidarité n’est pas un délit et la précarité n’est pas un choix, elle est due à des problématiques systémiques et des choix politiques d’organisation des territoires ».






