EN BREF – Le choix de la Région Auvergne-Rhône-Alpes d’afficher le portrait de Quentin Deranque, jeune militant nationaliste tué à Lyon, suscite la colère des groupes d’opposition de gauche. Pour eux, la démarche équivaut à « la glorification de ses combats » et marque un soutien aux « groupuscules d’extrême droite » qui ont défilé dans les rues de Lyon le 21 février 2026 en hommage à la victime.
Un portrait qui passe mal? Le visage de Quentin Deranque, jeune militant nationaliste battu à mort au cours d’une rixe à Lyon le 12 février 2026, a été affiché sur la façade de l’hôtel de la Région Auvergne-Rhône-Alpes le samedi 21 février suivant, jour d’une marche en son hommage. Un défilé qui a réuni environ 3 000 personnes dans le calme mais émaillé sporadiquement d’injures racistes et homophobes, voire de saluts nazis.
Sans surprise, les oppositions de gauche du conseil régional Aura n’ont pas approuvé l’initiative de la collectivité. Dans un communiqué commun publié le lundi 23 février, les groupes écologistes, socialistes et insoumis – communistes expliquent ainsi « condamner le meurtre de Quentin Deranque et respecter le deuil de sa famille et de ses proches« , mais refuser de « cautionner son instrumentalisation et son héroïsation par Laurent Wauquiez et Fabrice Pannekoucke »1Ancien et actuel présidents de la Région. .
La Région accusée de soutenir les « groupuscules d’extrême droite »
Pour les élus d’opposition, afficher le portrait de Quentin Deranque « n’a rien d’anodin et relève d’un calcul électoral particulièrement cynique et dangereux« . « En faisant le choix d’afficher le portrait de ce jeune homme en amont d’une marche que sa famille ne soutenait pas et à laquelle elle ne participait pas, l’exécutif régional a fait le choix de la glorification de ses combats et du soutien aux groupuscules d’extrême droite rassemblés dans la ville de Lyon« , estiment-ils.

Laurent Wauquiez et Fabrice Pannekoucke concentrent les critiques de l’opposition de la Région. © Région Auvergne-Rhône-Alpes
Appelant le personnel politique à la responsabilité et considérant que « la séquence électorale » n’autorise pas tout, les élus d’opposition jugent qu’il convient de « laisser l’enquête suivre son cours et trouver les moyens de faire société dans cette période de tensions exacerbées« . Pour eux, « il n’est pas ici question d’éventuels désaccords sur des politiques publiques mais des fondements même de notre État de droit« .
Une prise de parole qui suivi l’initiative du conseiller régional grenoblois Stéphane Gemmani. Ce dernier s’est en effet adressé, le 21 février, par courrier à la préfète de la Région Auvergne-Rhône-Alpes pour l’interroger sur la « régularité juridique » de l’affichage du portrait. « Cet affichage […] soulève une question de conformité avec le principe de neutralité du service public […] alors même que cet affichage s’apparente à une prise de position symbolique dans un contexte politique et électoral sensible« , a pointé l’élu.









