EN BREF – La préfète de l’Isère, Catherine Séguin, a annoncé, le 29 janvier 2026, un durcissement des sanctions administratives dès le 1ᵉʳ février. Les jeunes conducteurs et récidivistes seront particulièrement visés. Ce barème, élaboré avec la justice, vise à renforcer la dissuasion dans un contexte marqué par l’augmentation des accidents impliquant des usagers vulnérables et l’émergence de nouveaux risques, comme le protoxyde d’azote.
La France a enregistré une hausse de 2,1 % de la mortalité sur les routes en 2025, avec 3 260 tués en métropole, selon le récent rapport de la sécurité routière. Face à ce constat, la préfète de l’Isère, Catherine Séguin, a annoncé jeudi 29 janvier 2026 un nouveau barème avec un durcissement des sanctions routières pour les infractions graves.
Ce dernier, applicable dès le 1ᵉʳ février 2026, s’inscrit dans une volonté de renforcer la lutte contre les comportements à risque, responsables d’une part importante des accidents mortels dans le département.
Des sanctions routières plus sévères pour inverser la tendance
En 2025, l’Isère a déploré 41 accidents mortels, dont 30 % liés à l’alcool, 15 % aux stupéfiants et 25 % à la vitesse excessive. Pour inverser cette tendance, la préfète a décidé d’alourdir les suspensions administratives pour plusieurs infractions. Les conducteurs pris en infraction pourront désormais écoper de sanctions plus lourdes :
- Alcoolémie : les suspensions pour taux élevés ou ivresse manifeste passent de 6 à 9 mois (contre 6 mois maximum auparavant).
- Stupéfiants : la durée maximale de suspension passe de 6 à 9 mois (contre 6 mois auparavant).
- Vitesse : un dépassement de plus de 50 km/h sera désormais sanctionné par une suspension de 6 à 9 mois (contre 6 mois auparavant).
- Téléphone au volant : couplé à une autre infraction, il entraînera une suspension de 2 à 4 mois (contre 1 à 4 mois précédemment).
Les conducteurs en permis probatoire seront particulièrement ciblés, avec des durées de suspension systématiquement majorées. La récidive sera également considérée comme un facteur aggravant, prolongeant la durée des sanctions.
Un contexte national et local préoccupant
En Isère, les comportements individuels (alcool, stupéfiants, vitesse) demeurent la première cause de mortalité routière. La préfète a souligné que ces nouvelles mesures visaient à « renforcer la dissuasion et la sanction de ces comportements individuels ». Et a rappelé que plus de 4 000 conducteurs étaient concernés chaque année par des suspensions administratives dans le département.
Cette décision intervient alors que l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) a publié son bilan provisoire 2025, révélant une hausse de la mortalité routière en France, avec une augmentation notable des décès parmi les usagers vulnérables (piétons, cyclistes, utilisateurs d’EDPm), qui représentent désormais 46 % des victimes.
Par ailleurs, l’émergence de nouveaux comportements à risque, comme l’usage détourné du protoxyde d’azote, commence à inquiéter les autorités. Ce gaz, souvent consommé pour ses effets euphorisants, provoque des vertiges et une perte de contrôle, augmentant considérablement les risques d’accidents graves.
Une coordination renforcée avec la justice
Le barème a été élaboré en concertation avec l’autorité judiciaire pour garantir une cohérence entre les sanctions administratives et pénales. La préfète a insisté sur la nécessité d’une approche globale, combinant prévention et répression, pour réduire le nombre de victimes sur les routes.








