ENQUÊTE – Alors qu’un important séisme a frappé le Maroc dans la nuit du 8 au 9 septembre 2023 et fait environ 2 500 morts, les risques majeurs sont-ils suffisamment pris en compte sur le territoire isérois? Ce dernier cumule en effet les risques, entre mouvements de terrain, avalanches, inondations et crues torrentielles ou sites Seveso. Les communes, les intercommunalités et les services de l’État ont mis en place des dispositifs de réponse aux événements en se basant sur l’expérience du passé et en procédant à des exercices réguliers. Mais les élus et la population sont-ils pleinement entrés dans la culture du risque, d’autant plus nécessaire avec le changement climatique?
Mouvements de terrain, inondations et crues torrentielles, mais aussi avalanches, tempêtes ou feux de forêt. Les risques naturels à laquelle la région grenobloise est exposée ne manquent pas, comme en témoigne la liste dressée par la Ville de Grenoble. Des risques naturels auxquels s’ajoutent les risques technologiques, dans un secteur où sont historiquement implantées des industries chimiques et, non loin, des centrales nucléaires. Mais la région grenobloise et plus largement le territoire isérois sont-ils prêts à faire face à ces risques?
La question est d’autant plus prégnante que le département a compté parmi les pionniers dans la mise en place d’une certaine “culture du risque”. C’est en effet à Grenoble, sous l’impulsion d’Haroun Tazieff, alors conseiller général de l’Isère dans la majorité d’Alain Carignon (voir encadré), que l’Institut des risques majeurs a été créé en 1988. Un institut dont l’acronyme forme le prénom Irma, référence au prénom associé à la voyance qui ne doit certainement rien au hasard… et tout à l’ironie.
De nombreux risques majeurs en Isère
François Giannoccaro, directeur de l’Irma, revient sur la situation “idéale” du département de l’Isère. Car la liste des risques est longue. Outre les inondations et les mouvements de terrain, la région grenobloise connaît ainsi une activité sismique qui pourrait, potentiellement, entraîner un séisme allant jusqu’à 6,5 sur l’échelle de Richter. De quoi faire de gros dégâts: le séisme qui a touché la Charente-Maritime le 16 juin 2023 affichait… 5,3 sur la même échelle. Et celui qui a touché Marrakech, dans la nuit du 8 au 9 septembre suivant, était de magnitude 6,8.
En matière de risques technologiques, le département de l’Isère compte une cinquantaine de sites industriels classés Seveso. Mais il ne faudrait pas pour autant oublier les centrales nucléaires du Bugey et de Saint-Alban, ni celle de Creys-Malville en cours de démantèlement. La région n’est évidemment pas en reste. Ce sont ainsi 3,5 millions de personnes « qui peuvent être concernées administrativement par du risque industriel en Isère » sur Auvergne-Rhône-Alpes, dénombre le directeur de l’Institut des risques majeurs.
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