Les dessinateurs de rue à la Une sur le mur d’enceinte de l’Ancien évêché

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REPORTAGE VIDÉO – Jean-Pierre Barbier, le président du département de l’Isère, et Éric Piolle, le maire de Grenoble, ont inauguré, ce samedi 4 février, la première exposition hors les murs qu’ait jamais organisée le musée de l’Ancien Évêché. Cinquante-quatre agrandissements de dessins croqués par six dessinateurs de rue professionnels s’offrent désormais à la vue des passants sur le mur d’enceinte de l’Ancien Évêché, côté Très-Cloîtres.

 

 

 

 

Isabelle Lazier, la conservatrice du musée de l'Ancien évêché présente l'exposition. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Isabelle Lazier, la conser­va­trice du musée de l’Ancien Évêché, en train de pré­sen­ter l’ex­po­si­tion. © Joël Kermabon – Place Gre’net

« Les habi­tants, depuis plus de vingt ans, regardent ce mur en se deman­dant ce qu’ils peuvent en faire », a rap­pelé Éric Piolle, le maire de Grenoble, ce samedi 4 février au sujet de d’en­ceinte de l’Ancien Évêché, côté Très-Cloîtres.

 

Des habi­tants désor­mais satis­faits puisque l’é­dile inau­gu­rait jus­te­ment, en com­pa­gnie de Jean-Pierre Barbier, le pré­sident du dépar­te­ment, la toute pre­mière expo­si­tion orga­ni­sée hors les murs par le musée de l’Ancien Évêché sur la véné­rable enceinte de l’an­cien palais épis­co­pal. Une expo­si­tion pour le moins aty­pique qui consiste en une longue fresque murale sur laquelle ont été repro­duits les agran­dis­se­ments de cin­quante-quatre des­sins et cro­quis réa­li­sés par six “urban sket­chers » – ou des­si­na­teurs de rue – pro­fes­sion­nels.

 

 

 

Un espace culturel de rue ouvert sur la ville

 

 

Le mur d’en­ceinte de l’Ancien Évêché, côté rue Très-Cloîtres, qui n’é­tait jus­qu’a­lors qu’une longue muraille haute, grise et triste, offre désor­mais à la vue des pas­sants des scènes de la vie quo­ti­dienne cro­quées in situ par ces des­si­na­teurs de renom. Une manière de confé­rer à ce mur « un nou­veau carac­tère, celui d’es­pace cultu­rel de rue ouvert sur la ville », s’est enthou­sias­mée la conser­va­trice du musée de l’Ancien Évêché.

 

Retour en images sur quelques épi­sodes de cette inau­gu­ra­tion.

 

 


Reportage Joël Kermabon

 

 

Cinquante-quatre dessins retenus sur une centaine

 

 

Cette pre­mière expo­si­tion, qui en pré­fi­gure d’autres, est le résul­tat d’une com­mande du dépar­te­ment de l’Isère. Elle fait écho à l’expo­si­tion « Pic & Bulle, la mon­tagne dans la BD », dans la conti­nuité de la pre­mière sai­son de son opé­ra­tion Paysage > Paysages, l’un des mar­queurs forts de la poli­tique cultu­relle 2015 – 2016 impul­sée par le dépar­te­ment. Une vraie réus­site pour Jean-Pierre Barbier, qui en dresse un rapide bilan.

 

Un extrait des dessins de la fresque. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Un extrait des des­sins de la fresque. © Joël Kermabon – Place Gre’net

« Pendant trois mois, toute l’Isère s’est mobi­li­sée pour ses pay­sages […] Deux cents par­te­naires, cent-soixante ren­dez-vous, 135 000 per­sonnes ont été direc­te­ment tou­chés par cette expo­si­tion », se féli­cite l’élu.

 

C’est après un “sketch tour”, voyage en bus entre Grenoble, La-Tour-du-Pin et l’Isle-d’Abeau, et un “sketch crawl », mara­thon de des­sin qui s’est déroulé à Grenoble dans le quar­tier Notre-Dame, que les des­si­na­teurs de rue Ben Bert, Emdé, Lapin, Maja, Gérard Michel et Tazab ont pu don­ner libre cours à leur ins­pi­ra­tion. Accompagnés par deux cents par­ti­ci­pants, des­si­na­teurs débu­tants ou aguer­ris, ils ont ainsi livré, au terme de ce périple hors du com­mun, une cen­taine de savou­reux cro­quis dont cin­quante-quatre ont été rete­nus pour figu­rer sur la fresque.

 

 

 

« Casser l’effet frontière avec la rue Très-Cloître »

 

 

Un pro­jet attendu de longue date par les habi­tants du quar­tier Alma-Très-Cloîtres (qui jouxte la place Notre-Dame), appuyés par l’as­so­cia­tion Mosaïque des acteurs du quar­tier (Amaq) Très-Cloître, la Maison des habi­tants centre-ville et la table de quar­tier locale. Le chal­lenge à rele­ver ? « C’était com­ment embel­lir ce mur, com­ment le rendre plus agréable et com­ment cas­ser cet effet fron­tière qu’il y a avec la rue Très-Cloître », a expli­qué Éric Piolle. Mais pas seule­ment « puis­qu’il s’a­gis­sait aussi de sou­te­nir le dyna­misme des com­merces et des acteurs du quar­tier comme la Ville, la Métropole, l’État cherchent à le faire ». Et de conclure : « Comme par­tout en ville, l’art peut vrai­ment chan­ger notre quo­ti­dien, sous toutes ses formes, toutes ses décli­nai­sons. »

 

Le mur d'enceinte de l'Ancien évêché sous ses nouveaux atours. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Le mur d’en­ceinte de l’Ancien Évêché sous ses nou­veaux atours. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Ce n’est pas Jean-Pierre Barbier qui lui a apporté la contra­dic­tion. « L’art est mul­tiple, il n’y a pas d’art majeur, il n’y a pas d’art mineur, l’art c’est l’ex­pres­sion des artistes quels qu’ils soient. Dessinateurs de BD, de rue… Peu importe, l’art doit pou­voir s’ex­pri­mer sous toutes ses formes », a déclaré l’élu lors de son dis­cours inau­gu­ral.

 

Le pré­sident du dépar­te­ment, en sa qua­lité de tuteur de l’o­pé­ra­tion ayant abouti à la renais­sance du mur d’en­ceinte, n’a pas man­qué d’é­vo­quer l’im­por­tante impli­ca­tion du quar­tier et de l’as­so­cia­tion Amaq. Mais aussi l’ef­fi­ca­cité du par­te­na­riat du Département avec son « com­pa­gnon de route » de cir­cons­tance. En l’oc­cur­rence, la ville de Grenoble.

 

L’occasion pour Jean-Pierre Barbier, s’a­dres­sant à Éric Piolle, de glis­ser une de ses petites phrases « à tiroir » : « Compagnon de route un jour, com­pa­gnon de route tou­jours ! », a‑t-il lancé, pro­vo­quant ainsi quelques rires dans l’as­sem­blée.

 

 

Joël Kermabon

 

 

Une plaquette pour en savoir plus

 

Le Département de l’Isère et le musée de l’Ancien Évêché ont éga­le­ment publié une pla­quette de 28 pages, Paysages en Isère. Croquis d’ur­ban sket­chers, pré­sen­tant une par­tie des des­sins réa­li­sés lors du sketch tour et du sket­ch­crawl.

 

Outre le déroulé du tra­vail réa­lisé par les des­si­na­teurs pro­fes­sion­nels repro­duit sur le mur d’en­ceinte, elle donne à voir une sélec­tion des des­sins de par­ti­ci­pants ama­teurs. L’ouvrage per­met ainsi d’apprécier les dif­fé­rents styles et regards des artistes mais aussi d’en savoir plus sur les diverses tech­niques pic­tu­rales mises à contri­bu­tion.

 

La pla­quette est gra­tuite et peut être reti­rée à l’ac­cueil du musée.

 

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