EN BREF – Le parquet de Grenoble a annoncé, mardi 17 février 2026, l’engagement de poursuites judiciaires contre Pierre Crinon, défenseur de l’équipe de France de hockey sur glace. Une décision qui survient après une nouvelle altercation violente lors des Jeux olympiques de Milan-Cortina. Après un classement sans suite en janvier 2026, le procureur estime que le joueur « n’a pas su saisir l’opportunité » de cesser ses comportements violents. Il sera jugé le 20 avril 2026 pour « violences volontaires ». [Article modifié mardi 24 février à 17h30].
Le procureur de la République de Grenoble a annoncé, mardi 17 février 2026, l’engagement de poursuites judiciaires contre Pierre Crinon, défenseur des Brûleurs de Loups et membre de l’équipe de France de hockey sur glace. Cette décision fait suite à une nouvelle altercation violente lors des Jeux olympiques de Milan-Cortina, survenue dimanche 15 février.
Une exclusion immédiate pour « comportement provocant »
C’est tout d’abord la Fédération française de hockey sur glace (FFHG) qui a décidé de sévir. Elle a annoncé, dans un communiqué publié le 16 février 2026, l’exclusion immédiate de Pierre Crinon du tournoi olympique. Cette sanction condamne une bagarre survenue en fin de match contre le Canada, le 15 février, au cours de laquelle le défenseur grenoblois a été expulsé pour son attitude.
La fédération justifie sa décision en ces termes : « Le comportement provocant de Pierre Crinon à sa sortie de la glace, alors même qu’il venait de se faire exclure de la rencontre pour une bagarre, constitue une violation manifeste de l’esprit olympique et porte également atteinte aux valeurs de notre sport. »
La FFGH veut « rappeler les valeurs de tout joueur portant le maillot de l’équipe de France »
Pierre-Yves Gerbeau, président de la FFHG, a convoqué le joueur pour « rappeler au joueur les engagements personnels qu’il a pris dans le cadre de sa sélection en équipe de France olympique ». Par ce geste la FFHG « entend rappeler les valeurs de tout joueur portant le maillot de l’équipe de France ainsi que son devoir d’exemplarité, notamment à l’occasion des Jeux Olympiques ».

Les Brûleurs de Loups ont annoncé ce jeudi 27 janvier 2022 l’arrivée du défenseur français Pierre Crinon, en provenance du club slovaque du HD Dukla Trencin. © Brûleurs de Loups
La fédération a également précisé que cette exclusion était prise « en plein alignement avec le comité national olympique et sportif français », afin de « ne pas autoriser sa participation pour la/les prochaine(s) rencontre(s) du tournoi olympique ». (Il n’a en effet pas participé au dernier match de l’équipe de France qui s’est tenu mardi 17 février face à l’Allemagne).
Le procureur de Grenoble relance les poursuites : « Il n’a pas su saisir l’opportunité »
Mais les faits pour lesquels le procureur relance les poursuite remontent à l’automne 2025. Le 30 novembre, Pierre Crinon a été impliqué dans une altercation violente lors d’un match de Ligue Magnus entre Grenoble et Angers. Il a frappé le gardien Matthew O’Connor au visage, lui causant une incapacité totale de travail (ITT) de trois jours. À l’époque, le parquet de Grenoble avait classé l’affaire sans suite, estimant que la suspension de sept matchs prononcée par la FFHG constituait « une réponse suffisante ».

Étienne Manteaux, procureur de la République de Grenoble. © Joël Kermabon – Place Gre’net
Après l’incident d’Angers, Crinon avait présenté des excuses, déclarant : « J’ai commis une succession de gestes que je regrette profondément. » Des excuses qui n’ont visiblement pas suffi à éviter une récidive. Le procureur a alors décidé de rouvrir le dossier après les actes des Jeux olympiques 2026.
Une audience fixée le 27 mai 2026 pour Pierre Crinon
Dans un communiqué daté du 17 février 2026, il explique : « Compte tenu de la réitération de faits de violences par Pierre Crinon lors des JO contre un joueur canadien dimanche, le procureur constate que Monsieur Crinon n’a pas su saisir l’opportunité de ce classement pour cesser tout comportement violent. »
Le procureur a donc engagé des poursuites pour « violences volontaires ayant entraîné une ITT inférieure à 8 jours dans une enceinte où se déroule une manifestation sportive, avec arme », précisant dans un premier temps que Crinon avait frappé sa victime « au visage avec un gant renforcé ». Le 24 février 2026, le parquet annonce finalement que Pierre Crinon « a frappé la victime après avoir retiré ses gants, la circonstance aggravante avec arme » n’est donc plus retenue. L’audience initialement fixée au 27 mai 2026 devant le tribunal correctionnel de Grenoble, se tiendra finalement le 20 avril 2026.





