Chronovélo : les unions de quartier réclament une réunion publique de concertation “dans les plus brefs délais”

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FOCUS – Le Comité de liaison des unions de quartier (Cluq) demande au 

vice-président aux déplacements de Grenoble-Alpes-Métropole Yann Mongaburu  d’honorer sa promesse et d’organiser, « dans les plus brefs délais », une réunion publique de concertation sur le plan des « autoroutes à vélos ». Un temps d’échange nécessaire pour lever toute une série de questions, estiment les militants du Cluq. Et alors que la mise en œuvre du plan a largement démarré…

 

Le Cluq demande une réunion publique de concertation sur le plan Chronovélo, mercredi 10 octobre 2018. De gauche à droite, Marc Chauvel, Guy Waltisperger, Bruno de Lescure, Marie-Laure Loustalot-Forest, Gilles Namur © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Le Cluq demande une réunion publique de concer­ta­tion sur le plan Chronovélo, mer­credi 10 octobre 2018. De gauche à droite, Marc Chauvel, Guy Waltisperger, Bruno de Lescure, Marie-Laure Loustalot-Forest, Gilles Namur. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

« Nous sommes favo­rables au plan Chronovélo, tiennent à rap­pe­ler avant toute chose les mili­tants du Comité de liai­son des unions de quar­tier (Cluq). Et notre démarche est construc­tive. »

 

Cependant, un point chif­fonne ces obser­va­teurs atten­tifs de la démo­cra­tie locale.

 

Le plan Chronovélo métro­po­li­tain, qui cumu­lera une qua­ran­taine de kilo­mètres de voi­ries rapides et de grand gaba­rit des­ti­nées aux vélos, n’a encore jamais fait l’ob­jet d’une concer­ta­tion auprès des habi­tants. Et ce alors même que le vice-pré­sident aux dépla­ce­ments de Grenoble-Alpes-Métropole, Yann Mongaburu, en avait fait la pro­messe en 2015.

 

 

« Des réunions de dialogue » mais pas de concertation…

 

Les mili­tants font réfé­rence à un article sorti dans Le Dauphiné libéré où Yann Mongaburu évo­quant le plan Chronovélo, décla­rait : « Nous n’en sommes qu’au stade de pro­jet. Il y aura bien sûr une concer­ta­tion plus large […], avec les citoyens, […] !  ».

 

Eric Piolle, Yann Mongaburu, Christophe Ferrari Faîtes du vélo © Joël Kermabon - Place Gre'net

Eric Piolle, Yann Mongaburu, Christophe Ferrari Faîtes du vélo © Joël Kermabon – Place Gre’net

Ledit plan a, depuis, été abordé « par tron­çon et par quar­tier » et jamais dans sa glo­ba­lité « mal­gré les demandes répé­tées des dif­fé­rentes unions de quar­tiers concer­nées », déplorent les mili­tants du Cluq.

 

Qui plus est, lors de ces « réunions de dia­logue », le tracé ne semble jamais négo­ciable, alors qu’il n’a jamais été débattu avec les citoyens, s’in­digne le groupe de mili­tants.

 

Très patients jus­qu’ici, les repré­sen­tants du Cluq sont pas­sés à la vitesse supé­rieure et ont adressé, le 5 octobre der­nier, un cour­rier com­mun à la Métropole de Grenoble, la Ville de Grenoble, et au Syndicat mixte des trans­ports en com­mun (SMTC), les enjoi­gnant d’or­ga­ni­ser cette réunion publique de concer­ta­tion « dans les plus brefs délais ». Ils attendent désor­mais une réponse de pied ferme.

 

 

Un plan conçu par une vingtaine de personnes ?

 

Le pro­ces­sus d’é­la­bo­ra­tion du plan Chronovélo inter­roge par ailleurs les mili­tants asso­cia­tifs. Les quatre axes rapides qui forment aujourd’­hui le plan Chronovélo s’a­vèrent le fruit du seul tra­vail d’un comité consti­tué d’une ving­taine de per­sonnes, à qui on a donné carte blanche en 2015.

 

Planning de réalisation des aménagements du Plan Chronovélo version juin-juillet 2018 DR

Planning de réa­li­sa­tion des amé­na­ge­ments du Plan Chronovélo ver­sion juin-juillet 2018. DR

Comment la Métropole a‑t-elle validé ces hypo­thèses de tra­vail ?

 

Y a‑t-il eu des alter­na­tives pro­po­sées et exa­mi­nées depuis ? Visiblement non, sou­tiennent les mili­tants du Cluq.

 

Ce plan ima­giné par un petit groupe de per­sonnes aurait ainsi été repris tel quel par Grenoble-Alpes-Métropole, qui en a fait son pro­jet défi­ni­tif…

 

« Finalement, faire pas­ser des auto­routes à vélos en centre-ville, était-ce la seule solu­tion pos­sible ? Car les conflits d’u­sage vont être très nom­breux », pré­voit l’un des membres du Cluq, met­tant ainsi les pieds dans le plat. Toujours est-il que c’est aux for­ceps qu’il va fal­loir faire pas­ser les Chronovélos sur le cours Berriat ou devant le lycée Champollion.

« 1 900 élèves par jour entrent chaque matin au lycée, cours Lafontaine, témoigne Alain Matton, pro­vi­seur du lycée Champollion. J’observe qu’au­jourd’­hui les vélos ser­pentent sans guère de vigi­lance autour des élèves. Qu’en sera-t-il du flux mas­sif de vélos ? », s’in­ter­roge le pro­vi­seur, qui ne cache pas son inquié­tude.

 

Sollicité en mai par les ser­vices de la Métropole pour une ren­contre, celui-ci a fait savoir qu’il n’é­tait pas dis­po­nible avant juillet. La Métropole a repris contact avec lui le 4 octobre der­nier, « ayant eu vent du cour­rier du Cluq » selon l’Union de quar­tier des habi­tants du centre-ville.

 

 

« Pas de grands projets sans une véritable adhésion des habitants »

 

Autant dire qu’une réunion publique de concer­ta­tion ne sera pas du luxe pour tirer de nom­breuses zones d’ombre au clair. Et, plus lar­ge­ment, pour per­mettre aux élus et aux ser­vices d’ex­po­ser le rai­son­ne­ment qui les a conduits à rete­nir ce plan Chronovélo, et aux habi­tants d’ex­pri­mer leurs avis et pro­po­si­tions. Certains ont en effet potassé des alter­na­tives, aux dires du Cluq, dans l’i­dée de les pré­sen­ter un jour aux élus.

 

L'axe Chronovélo devrait passer sur le Cours Berriat DR

L’axe Chronovélo devrait pas­ser sur le cours Berriat. DR

« Il n’y a pas de grands pro­jets sans une véri­table adhé­sion des habi­tants », mettent en garde les mili­tants du Cluq dans le cour­rier envoyé aux déci­deurs poli­tiques.

 

Une réunion publique de concer­ta­tion s’a­vère donc à leurs yeux « l’é­tape indis­pen­sable à la réus­site du pro­jet ». Une réunion, voire deux ou trois si besoin, sur toute une jour­née s’il le faut, ont-ils sug­géré lors de la confé­rence de presse, mer­credi 10 octobre.

 

 

« On ne va pas repartir d’une feuille blanche »

 

« C’est tout à fait logique que les habi­tants se posent des ques­tions et demandent des comptes aux élus », admet Jacques Wiart, conseiller muni­ci­pal délé­gué Déplacements et Logistique urbaine de Grenoble, qui a pris connais­sance du cour­rier du Cluq. D’accord pour une réunion publique, approuve le conseiller muni­ci­pal, mais il n’est pas ques­tion de reve­nir sur les axes Chronovélo rete­nus, pré­vient-il.

 

Jacques Wiart, conseiller municipal délégué aux déplacements et à la logistique urbaine. © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Jacques Wiart, conseiller muni­ci­pal délé­gué aux dépla­ce­ments et à la logis­tique urbaine. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

« On ne va pas repar­tir d’une feuille blanche, ni réa­li­ser une co-étude avec les habi­tants. Les axes ont fait déjà l’ob­jet d’é­tudes impor­tantes et com­plexes, tenant compte de la cir­cu­la­tion auto­mo­bile, des com­merces, des pié­tons. Nous allons désor­mais de l’a­vant et nous dérou­lons le plan… »

 

 

Séverine Cattiaux

 

 

 

 

 

LES PLANS VÉLO DE SECTEUR

 

Plan vélo secteur 5

Plan vélo sec­teur 5

Parallèlement au plan Chronovélo, les plans vélo de sec­teur se mettent en place.

 

À Grenoble, le quar­tier de l’Ile verte dis­pose de son plan vélo depuis 2016, le sec­teur 5 regrou­pant les quar­tiers Abbaye-Jouhaux, Châtelet, Teisseire et Malherbe vient de fina­li­ser le sien, résul­tat d’un tra­vail de plu­sieurs mois.

Le même tra­vail vient d’être lancé sur le sec­teur 3. Fin 2018, le sec­teur 4 com­men­cera le sien en pen­chant sur les quar­tiers Foch-Aigle-Libération.

 

En quoi consiste un plan Vélo de sec­teur ? Sur le sec­teur 5, par exemple, des asso­cia­tions et col­lec­tifs ont passé au peigne fin tout le quar­tier, repéré les dis­con­ti­nui­tés cyclables, pointé les dif­fi­cul­tés liées à la sécu­rité des cyclistes et pié­tons, notam­ment aux car­re­fours, et pro­posé des amé­na­ge­ments à réa­li­ser (sas à vélo, sta­tion­ne­ments à vélo).

 

Ces plans défi­nissent éga­le­ment les axes pri­maires, secon­daires et ter­tiaires de cir­cu­la­tion en vélo et pro­posent des recom­man­da­tions sur les tra­vaux et amé­na­ge­ments néces­saires. « Certains amé­na­ge­ments vont pou­voir se faire rapi­de­ment, indique Jacques Wiart, conseiller muni­ci­pal délé­gué aux dépla­ce­ments et à la logis­tique urbaine, d’autres plus lourds, comme la reprise de trot­toirs par exemple, se feront à plus longue échéance. »

 

Grenoble Finaliste pour le concours de Capitale Verte
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Commentaires 7
  1. On retrouve tou­jours les mêmes pro-bagno­lards dans les com­men­taires. On les voit moins quand il s’a­git de l’é­lar­gis­se­ment de l’A480… Mais peut-être que la pol­lu­tion et les autres nui­sances liées à l’u­sage irrai­sonné de l’au­to­mo­bile en ville sont leur fond de com­merce.

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    • c’est sûr que le nou­veau plan de cir­cu­la­tion de la mai­rie et metro actuelle n’a abso­lu­ment pas aug­men­ter les bou­chons, ni détour­nés les « voies pol­luées » vers d’autres endroits.

      Il fau­drait des stats, mais je vois 2 fois par mois des « enquê­teurs » sur les entrées de gre­noble à quoi servent ils ..

      Pour moi la majo­rité tra­verse Grenoble pour faire Pays Voironnais > Chambéry / Chambéry > Lyon .

      l’é­vo­lu­tion que j’ai constaté est de plus en plus de bou­chons, et long à énor­me­ment d’en­droit de Grenoble qui n’é­taient pas bou­chés il y a 5 ans. notem­ment sur la rocade sud direc­tion cham­bery ( pas sur l’A480 direc­tion cham­béry ) beau­coup de très gros ralen­tis­se­ments .
      Après, si voies rapides , il y a aussi le fac­teur chauf­fard entre escar­gots et fous du volants qui causent des ralen­tis­se­ments > bou­chons > arrêt

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  2. Ils ont fait tel­le­ment d’é­tudes impor­tantes et com­plexes comme le pré­tend Jacques Wiart que le plan qu’ils viennent de sor­tir est stric­te­ment iden­tique à l’es­quisse qu’ils ont pré­sen­tée il y a trois ans. Et main­te­nant ils disent que ça n’est pas dis­cu­table. Mais concer­ter signi­fie « pro­je­ter ensemble, en dis­cu­tant », y a t‑il quel­qu’un pour leur offrir un dic­tion­naire de la langue fran­çaise ?

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  3. Le Gam a rai­son, trop d’a­mis de l’hô­tel de ville au Cluq tota­le­ment infil­tré poli­ti­que­ment, son pre­sident Namur par com­men­cer, les dés son pipés et les Grenoblois en font les frais avec cvcm et demain avec chro­no­velo.

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  4. La réponse de la muni­ci­pa­lité #piolle à tra­vers Jacques Wiard, au cluq, unions de quar­tiers et gre­no­blois ? Circulez y’a rien à voir😡 Démocrature et co-construc­tion ne font pas bon ménage à Grenoble.

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  5. Comment éjec­ter du CLUQ cer­tains élé­ments insin­cères et ven­dus.

    C’est sain.

    Vous allez voir que ces hypo­crites, pour jus­ti­fier un pro­jet aussi dog­ma­tique et mal conçu que CVCM, vous répondre : « il y a le PDU ».

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  6. La concer­ta­tion ce n’est pas les com­plices muni­ci­pa­lité #Piolle #Smtc et #Metropole qui décident pour ensuite nous expo­ser leurs déci­sions uni­la­té­rales et nous faire choi­sir la cou­leur des pots de fleurs et des mar­quages au sol.

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