Précarité énergétique : GEG et ses partenaires jouent la carte de la prévention

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FOCUS – Lutter contre la précarité énergétique en misant sur la prévention, tel est le souhait de GEG et de ses partenaires, dont le CCAS de Grenoble. Une philosophie que l’entreprise a voulu présenter à l’occasion d’un point presse organisé le 2 mai dernier au cœur de son vaste siège, place Robert Schuman.

 

 

« Nous ne sommes pas une entre­prise comme les autres. » Mardi 2 mai, Gaz et élec­tri­cité de Grenoble (GEG) conviait par­te­naires et jour­na­listes à un moment de ren­contre autour de la ques­tion de la pré­ca­rité éner­gé­tique. Une opé­ra­tion de com­mu­ni­ca­tion ? Sans aucun doute. Mais qui a pré­ci­sé­ment le mérite de mettre l’ac­cent sur une pro­blé­ma­tique qui peine à per­cer dans les dis­cours et les débats.

 

Parmi les partenaires présents, RSA 38 était représenté par Alain Guézou et Pierre-Louis Serrero © Florent Mathieu - Place Gre'net

Parmi les par­te­naires pré­sents, RSA 38 était repré­senté par Alain Guézou et Pierre-Louis Serrero. © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

« Quand on parle de pré­ca­rité éner­gé­tique, par­fois on ne se chauffe pas. On est loin de l’é­co­no­mie : on est dans la res­tric­tion ! », rap­pelle Vincent Fristot, pré­sident de l’en­tre­prise de ser­vice public GEG et adjoint à la Ville de Grenoble en charge, entre autres, de l’Habitat. Face à ces situa­tions, il voit GEG comme un « acteur mili­tant pour sor­tir les per­sonnes de leurs dif­fi­cul­tés ».

 

 

 

Un Pôle énergie solidaire ouvert aux ménages en difficultés

 

 

Quels leviers d’ac­tion ? En pre­mier lieu, natu­rel­le­ment, les tarifs soli­daires. Ce sont près de 7 000 clients GEG qui béné­fi­cient du Tarif de pre­mière néces­sité (TPN) pour l’élec­tri­cité, et 1 600 du Tarif spé­cial de soli­da­rité (TSS) pour le gaz. L’attribution de ces tarifs est, en prin­cipe, auto­ma­tique. Ce qui n’ex­clut pas le non-recours, contre lequel l’en­tre­prise assure mettre tout en œuvre.

 

Le siège de GEG, place Robert Schuman à Grenoble © Florent Mathieu - Place Gre'net

Le siège de GEG, place Robert Schuman à Grenoble. © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

Pour les ménages en dif­fi­culté, GEG a éga­le­ment mis en place un Pôle éner­gie soli­daire. En plus des pro­cé­dures de recou­vre­ment adap­tée, l’en­tre­prise dit vou­loir « prendre en compte plus effi­ca­ce­ment les publics vul­né­rables », ainsi que l’ex­plique sa direc­trice géné­rale Christine Gochard. Qui décrit « un métier d’ac­cueil, de conseil, de recherche de solu­tions, deman­dant du pro­fes­sion­na­lisme mais aussi du dis­cer­ne­ment et de l’hu­ma­nité ».

 

 

 

Le CCAS partenaire de GEG

 

 

La ques­tion de la pré­ca­rité éner­gé­tique recoupe celle de la pré­ca­rité… tout court. « Ce n’est pas juste la situa­tion d’une fac­ture, mais un envi­ron­ne­ment glo­bal », estime ainsi Alain Denoyelle, adjoint à l’Action sociale de la Ville de Grenoble. « L’année der­nière, sur 153 per­sonnes reçues par les conseillers en éco­no­mie sociale et fami­liale du CCAS, seule­ment 27 avaient uni­que­ment une dette d’élec­tri­cité ou de gaz », pré­cise-t-il.

 

Alain Denoyelle, vice-président du CCAS de Grenoble, adjoint à l'Action sociale © Florent Mathieu - Place Gre'net

Alain Denoyelle, vice-pré­sident du CCAS de Grenoble, adjoint à l’Action sociale. © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

Partenaire de GEG depuis 2009, le CCAS de Grenoble tient en effet per­ma­nence au sein même du siège de l’en­tre­prise, place Robert Schuman, pour suivre les ménages les plus en dif­fi­culté. Avec par­fois, à la clé, une aide finan­cière ponc­tuelle pour les cas les plus pro­blé­ma­tiques, à laquelle GEG par­ti­cipe à hau­teur de 35 000 euros annuels.

 

La solu­tion semble en tout cas, de l’a­vis de tous, rési­der dans la pré­ven­tion. Des fac­tures trop éle­vées peuvent en effet pro­ve­nir de loge­ments mal iso­lés – les fameuses « pas­soires éner­gé­tiques » décrites par Andrée Démon, pré­si­dente d’Un toit pour tous –, en par­ti­cu­lier dans le privé. Mais aussi des habi­tudes de consom­ma­tion des ménages.

 

Thomas Ballandraud et Marcello Meleses, de Soleni © Florent Mathieu - Place Gre'net

Thomas Ballandraud et Marcello Meleses, de Soleni. © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

Afin que cha­cun, ainsi que le dit Alain Denoyelle, « puisse trou­ver la bonne adé­qua­tion entre ses besoins en éner­gie et ses res­sources », GEG et le CCAS font appel à Soleni,  entre­prise d’in­ser­tion du groupe Ulisse 38, char­gée de réa­li­ser des diag­nos­tics éner­gé­tiques. « Nous don­nons le maxi­mum de conseils, au plus proche de la réa­lité des ménages que nous avons en face de nous », explique de son côté Thomas Ballandraud, enca­drant tech­nique à Soleni.

 

 

 

Vers une multiplication des actions de prévention

 

 

À tra­vers une ana­lyse des bâtis, du sys­tème de chauf­fage, des sani­taires, Soleni pro­pose aux per­sonnes des outils pour les aider à régu­ler leur consom­ma­tion d’éner­gie. Ampoules basse consom­ma­tion, réflec­teurs de cha­leur, éco-sac pour la chasse d’eau… Autant de maté­riel qui, lié à une réflexion sur son mode de consom­ma­tion, peut ame­ner jus­qu’à 20 % de dimi­nu­tion des fac­tures.

 

« On lie une action envi­ron­ne­men­tale et sociale, se féli­cite Vincent Fristot. Nous avons, en tant qu’ad­mi­nis­tra­teurs et élus à la Ville de Grenoble, poussé cette action au niveau du conseil d’ad­mi­nis­tra­tion, pour pas­ser de 10 à 100 visites par an. »

 

En atten­dant plus ? « Nous allons béné­fi­cier d’un nou­veau finan­ce­ment à tra­vers les Certificats d’é­co­no­mie d’éner­gie. Nous allons pou­voir mul­ti­plier les actions », annonce de son côté Alain Denoyelle. Une nou­velle dis­po­si­tion légale sur les CEE s’im­pose en effet depuis 2015 aux four­nis­seurs d’éner­gie concer­nant les ménages en situa­tion de pré­ca­rité éner­gé­tique.

 

 

 

Un programme d’investissement de 85 millions d’euros

 

 

Mais n’est-il pas para­doxal qu’une entre­prise comme GEG fasse tout pour que ses clients consomment moins l’éner­gie qu’elle leur vend ? « Notre objec­tif n’est pas de vendre plus d’éner­gie aux par­ti­cu­liers, mais de tra­vailler à un déve­lop­pe­ment éner­gé­tique ter­ri­to­rial », cor­rige Vincent Fristot. Le but ? « Aller vers l’éner­gie de l’a­ve­nir. »

 

Vincent Fristot, adjoint à la Ville de Grenoble et président de GEG © Florent Mathieu - Place Gre'net

Vincent Fristot, adjoint à la Ville de Grenoble et pré­sident de GEG. © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

Et le pré­sident de GEG d’an­non­cer un grand pro­gramme d’in­ves­tis­se­ment, estimé à 85 mil­lions d’eu­ros sur cinq ans, en faveur de la pro­duc­tion d’éner­gie renou­ve­lable. Première illus­tra­tion, décrit Vincent Fristot : « L’inauguration à Susville d’une cen­trale pho­to­vol­taïque de 5 méga­watts. Soit des cen­taines de mètres car­rés de pan­neaux pho­to­vol­taïques ins­tal­lés sur l’an­cien site char­bon­nier. »

 

De quoi ali­men­ter la Tour Eiffel, dont GEG a décro­ché en 2014 le mar­ché de four­ni­ture d’éner­gie, en plus d’autres mar­chés publics sur le Grand Lyon ou dans le dépar­te­ment de la Loire. Et si, en matière de four­ni­ture d’éner­gie aux par­ti­cu­liers, GEG ne s’a­dresse qu’aux Grenoblois, Vincent Fristot se prend à ima­gi­ner une évo­lu­tion à l’é­chelle de la Métro, le jour où des dis­po­si­tions légales le per­met­tront.

 

 

FM

 

 

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