FLASH INFO – Onze ans après la mort tragique d’un pilote de deltaplane lors de la Coupe Icare, la cour d’appel de Grenoble a confirmé, mercredi 16 juillet 2026, la condamnation des organisateurs pour homicide involontaire. De quoi clôturer une longue procédure judiciaire sauf en cas de pourvoi en cassation.
La cour d’appel de Grenoble a rendu sa décision mercredi 16 juillet 2026 : elle confirme la condamnation des organisateurs de la Coupe Icare pour homicide involontaire, après la mort tragique d’un pilote de deltaplane en septembre 2015.
La Cour a en réalité maintenu les peines prononcées en première instance en février 2025. L’ancien directeur des vols a été condamné à huit mois de prison avec sursis et à une amende de 7 000 euros, ainsi qu’à 2 000 euros pour les frais d’avocat de la partie civile. L’association Coupe Icare, en tant que personne morale, a quant à elle écopé d’une amende de 20 000 euros, dont 5 000 avec sursis.
Un contexte marqué par des manquements au règlement de la Coupe Icare
Cette décision met fin à une procédure judiciaire de près de onze ans, initiée après le drame survenu le 20 septembre 2015 à Saint-Hilaire-du-Touvet. Thibault Demange, 30 ans, pilote expérimenté et membre de l’équipe de France de deltaplane, avait trouvé la mort lors d’une démonstration.
Son aile s’était brisée sous l’effet du vent et son parachute de secours s’était emmêlé, le condamnant à une chute mortelle. Originaire des Vosges et installé en Haute-Savoie, Thibault Demange était une figure respectée dans le milieu du vol libre. Sa disparition avait profondément marqué la communauté des pilotes.

La justice a condamné l’ancien directeur des vols de la Coupe Icare à huit mois de prison avec sursis et à une amende de 7 000 euros. © Joël Kermabon – Place Gren’et
L’enquête avait révélé que les organisateurs n’avaient pas vérifié la conformité du matériel utilisé par les pilotes. Alors que le règlement de la Coupe Icare exigeait la présence de deux parachutes de secours, Thibault Demange n’en possédait qu’un seul. Un manquement qui lui a été fatal et a été au cœur des débats judiciaires.
Une famille en quête de justice
Une première plainte déposée par la famille de la victime avait initialement été classée sans suite. Cependant, une seconde plainte avec constitution de partie civile avait permis l’ouverture d’une information judiciaire pour mise en danger de la vie d’autrui et homicide involontaire. Après des années de procédure, la justice a finalement reconnu la responsabilité de l’organisation.
La cour d’appel a suivi les réquisitions de l’avocat général, confirmant ainsi la culpabilité des organisateurs. La famille de la victime, soutenue par son avocate, a salué cette décision de justice, y voyant la reconnaissance des charges suffisantes pour un renvoi devant le tribunal correctionnel. Reste à savoir si la défense se pourvoira en cassation, ce qui prolongerait encore une affaire qui a déjà traversé plus d’une décennie.









2 réflexions sur « Les organisateurs de la Coupe Icare condamnés en appel après la mort d’un pilote en 2015 »
Le premier responsable est le pilote expérimenté.
Expérimenté dans la négligence ?
La famille veut une reconnaissance, le pilote est responsable.
Oui, mais sous « tutelle » la Coupe Icare et son règlement, son matériel devait être contrôlé par une personne dédié. L’erreur de faire de l’accro avec un seul parachute est bien sûr une erreur de pilote. Mais ce jour là, il n’aurait pas du pouvoir rentrer dans le cylindre prévu pour les démos d’accro tel qu’il était équipé, car la sécurité de la manifestation aurait détecté le manquement en amont.