Épuisés au sortir de la canicule, les Urgences et le Samu de Grenoble de nouveau en grève mardi 2 juillet

sep article



FIL INFO — Au sortir d’une semaine de canicule, les personnels des Urgences et du Samu de Grenoble décrivent des services saturés et à bout de souffle. Et annoncent leur participation au mouvement de protestation nationale du mardi 2 juillet, avec préavis de grève, déambulation dans la ville et grand pique-nique au parc Paul-Mistral à 18 h 30.

 

 

Alors que la vigi­lance Canicule a été levée mardi 2 juillet sur le dépar­te­ment de l’Isère, le per­son­nel des Urgences et du Samu de Grenoble dresse le bilan d’une semaine de fortes cha­leurs. L’occasion pour les pro­fes­sion­nels de santé d’an­non­cer une nou­velle jour­née de grève et de mobi­li­sa­tion, qui vient s’ins­crire dans le cadre d’un mou­ve­ment natio­nal. Objectif ? Maintenir la pres­sion sur le gou­ver­ne­ment

 

Banderole du Samu © Jérôme Diaz - Place Gre'net

Banderole du Samu. © Jérôme Diaz – Place Gre’net

 

« Un pré­avis de grève est déposé pour les urgences de Nord, sud pédia­trie et Samu cou­vrant tous les per­son­nels », écrivent ainsi les sala­riés mobi­li­sés. Après avoir pris d’as­saut la Bastille, les urgen­tistes comptent cette fois déam­bu­ler en ville et réa­li­ser des pho­tos de groupe auprès de dif­fé­rents lieux emblé­ma­tiques, tels la Place Grenette ou la Tour Perret. Avant un pique-nique au parc Mistral à 18 h 30, où « toute la popu­la­tion qui [les] sou­tient est conviée ».

 

 

Une communication ministérielle jugée « mensongère »

 

Les décla­ra­tions du minis­tère de la Santé durant l’é­pi­sode de cani­cule ont ren­forcé la colère des pra­ti­ciens. Un minis­tère jugé « aveugle à la situa­tion » et qui se rend, à leurs yeux, cou­pable d’une « com­mu­ni­ca­tion men­son­gère autour de “tout va bien”, ”les Urgences sont prêtes” ou “les ren­forts sont pré­vus” ». Pour les gré­vistes, le compte n’y était pas et les fortes cha­leurs ont poussé les équipes dans leurs der­niers retran­che­ments.

 

La régulation du Samu 38 a été mise à rude épreuve durant l'épisode de canicule © Joël Kermabon - Place Gre'net

La régu­la­tion du Samu 38 a été mise à rude épreuve durant l’é­pi­sode de cani­cule © Joël Kermabon – Place Gre’net

 

Dans le détail, les pro­fes­sion­nels décrivent une crois­sance d’ac­ti­vité au 15 comme aux Urgences sur toute la semaine du 24 au 30 juin, avec comme paroxysme pas moins de 2 500 appels sur la seule jour­née de dimanche. « La sur­charge n’est pas due exclu­si­ve­ment à la cani­cule mais le sys­tème entier est déjà tel­le­ment en ten­sion que ce contexte crée l’ex­plo­sion », pré­cisent-ils. Les vacances prises par un cer­tain nombre de géné­ra­listes n’ont évi­dem­ment rien arrangé.

 

 

Une situation qui n’est pas propre à Grenoble

 

Mouvement des urgentistes à la Bastille en juin 2019. DR

Mouvement des urgen­tistes à la Bastille en juin 2019. DR

Quid des ren­forts pro­mis ? Le Samu et les Urgences de Grenoble disent n’en avoir pas vu la trace.

 

Et d’a­jou­ter que la satu­ra­tion ne concerne pas que leurs ser­vices, mais a gagné les autres sec­teurs de l’hô­pi­tal : « Pas de place pour de nou­veaux patients, des lits sont tou­jours fer­més, le cycle de la prise en charge est brisé [car] les patients ne peuvent pas quit­ter les urgences pour un ser­vice qui les prenne en charge ».

 

Une situa­tion qui ne serait pas spé­ci­fique à Grenoble, puisque les mani­fes­tants décrivent des Urgences dans la même souf­france à Bourgoin-Jallieu ou encore au Pont-de-Beauvoisin. « Quelqu’un doit remettre des moyens dans la machine pour qu’elle puisse tour­ner cor­rec­te­ment et répondre aux besoins réels de la popu­la­tion », alertent enfin les per­son­nels. Pour qui « la stig­ma­ti­sa­tion des usa­gers » n’est pas une réponse valable.

 

FM

 

Grenoble Finaliste pour le concours de Capitale Verte
commentez lire les commentaires
2095 visites | 1 réaction
logos commentaires logos commentaires

Commentez ou réagissez

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

This site is protected by reCAPTCHA and the Google Privacy Policy and Terms of Service apply.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais, après modération.

Commentaires 1
  1. « Les vacances prises par nombre de géné­ra­listes n’ont évi­dem­ment rien arrangé. ». Détends-toi à force de les payer 150 € pour des astreintes à domi­cile tu m’é­tonnes qu’ils ont de quoi par­tir en vacances sur le dos des coti­sa­tions sociales

    sep article