Des agents de la fonction publique mobilisés devant la Direccte de l’Isère contre la réduction des horaires d’ouverture

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EN BREF – Une vingtaine d’agents de la Direccte se sont rassemblés mercredi 27 mars devant les locaux fermés de l’administration. Leur objectif : dénoncer des horaires d’ouverture de plus en plus restreints, au mépris selon eux des usagers. Et, en filigrane, dire tout le mal qu’ils pensent des projets de réforme de la fonction publique portés par le gouvernement.

 

 

Avant de se rendre au ras­sem­ble­ment prévu l’a­près-midi devant la per­ma­nence de la dépu­tée de l’Isère Émilie Chalas, une ving­taine d’a­gents de la Direction du tra­vail de l’Isère s’é­taient donné ren­dez-vous devant les locaux de la Direccte de Grenoble*, mer­credi 27 mars. Objectif ? Dénoncer la réduc­tion des horaires d’ou­ver­ture au public. Un ras­sem­ble­ment uni­taire à l’ap­pel des syn­di­cats FSU, CGT et Sud Travail.

 

Rassemblement devant la Direccte, le 27 mars 2019 © Florent Mathieu - Place Gre'net

Rassemblement devant la Direccte, le 27 mars 2019. © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

« Actuellement, nous sommes à quatre heures trente de récep­tion du public : le matin, nous sommes ouverts de 9 heures à 11 h 30, puis de 14 à 16 heures et c’est tout ! », dénonce ainsi Benoît, agent de la Direccte syn­di­qué chez Sud Travail. Conséquence de cette faible ampli­tude horaire : des usa­gers repartent sans avoir pu être mis en rela­tion avec un agent. Et des files d’at­tente se forment le matin, une heure avant l’ou­ver­ture des bureaux.

 

 

Précisément 468 usagers bredouilles depuis le début de l’année

 

Combien d’u­sa­gers sont ainsi repar­tis bre­douilles ? « Nous sommes à 468 depuis jan­vier, ce qui est abso­lu­ment énorme ! », s’a­larme Benoît. Un phé­no­mène d’au­tant plus dra­ma­tique à ses yeux qu’il touche des per­sonnes dans des situa­tions dif­fi­ciles. À savoir, des sala­riés face à une pro­cé­dure de licen­cie­ment, des menaces de sanc­tion ou encore des impayés de salaires. Avec un besoin de conseils rapides, sans avoir les moyens de se tour­ner vers un avo­cat.

 

Rassemblement devant la Direccte, le 27 mars 2019 © Florent Mathieu - Place Gre'net

Rassemblement devant la Direccte, le 27 mars 2019. © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

Le syn­di­ca­liste dénonce aussi le recours pro­chain aux prises de ren­dez-vous en ligne. Avec deux inquié­tudes : d’une part, à quelques jours de la géné­ra­li­sa­tion du sys­tème, la pla­te­forme numé­rique n’est pas encore opé­ra­tion­nelle. D’autre part, Benoît craint que cette pro­cé­dure ne favo­rise in fine les DRH ou res­pon­sables d’en­tre­prise. C’est-à-dire des per­sonnes qui « ont accès à des avo­cats et des conseils juri­diques de qua­lité via leurs orga­ni­sa­tions pro­fes­sion­nelles ».

 

 

Les « débats fumeux » sur la fonction publique

 

Derrière cette action des agents de la Direccte, c’est toute la loi de réforme de la fonc­tion publique qui est contes­tée. Les mots d’Émilie Chalas, rap­por­teure de la loi, qui se dit prête à « per­cu­ter le mode de fonc­tion­ne­ment des syn­di­cats », ne sont pas pas­sés inaper­çus. « Ce n’est pas en met­tant les agents et les usa­gers de coté que l’on va arri­ver à construire quoi que ce soit, sauf à res­pec­ter de simples règles comp­tables pour réduire les effec­tifs », s’a­gace Benoît.

 

Benoît, agent de la Direccte et syndiqué Sud Travail. © Florent Mathieu - Place Gre'net

Benoît, agent de la Direccte et syn­di­qué Sud Travail. © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

Une baisse d’ef­fec­tifs au pro­fit de démarches déma­té­ria­li­sées ? C’est le cau­che­mar d’un autre mili­tant Sud Travail, Pierre Boutonnet. « Il y a besoin d’un rap­port humain qui soit acces­sible faci­le­ment, et tout est fait pour que cet accès soit de plus en plus com­pli­qué ! », déplore-t-il. Résultat, selon lui ? Des usa­gers de plus en plus en colère, à qui est ren­voyée l’im­pres­sion que l’argent de leurs impôts est dépensé en vain.

 

Autant dire que la loi en pré­vi­sion, lar­ge­ment axée sur le “mana­ge­ment”, inté­resse bien peu les syn­di­cats. Benoît moque volon­tiers « les débats fumeux sur la fonc­tion publique » menés par le gou­ver­ne­ment. Et estime que le légis­la­teur prend le pro­blème à l’en­vers : « Ce qu’il faut, c’est repar­tir de la base et du besoin des usa­gers. C’est là-des­sus que l’on construit la fonc­tion publique et ses mis­sions, pas l’in­verse ! »

 

FM

 

 

* Direction régio­nale des entre­prises, de la concur­rence, de la consom­ma­tion, du tra­vail et de l’emploi.

 

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