DECRYPTAGE – Rédigé par un collectif de 17 auteurs, l’ouvrage Sociologie de Grenoble, publié fin août 2025, raconte la « capitale des Alpes ». Un portrait au-delà des représentations positives ou négatives de la ville et des mythes constitués tout au long de son histoire. De quoi mettre en perspective cette « petite grande ville » qui tend à exagérer son propre récit, sans chercher à la déprécier ou à nier ses particularités.
« Une invitation à documenter sociologiquement la ville à distance des représentations du moment ». C’est ainsi que l’ouvrage Sociologie de Grenoble, paru fin août 2025 aux éditions La Découverte, présente sa démarche. Ce portrait de la ville en une centaine de pages tâche de s’en tenir aux données objectives. Un travail réalisé par le collectif Isaure-Périer, lequel regroupe pas moins de 17 autrices et auteurs1Sofia Aouani, Anne-Sophie Béliard, Julien Bertrand, Solène Billaud, Grégory Busquet, Paulette Duarte, Jean Finez, Florent Gougou, Marie-Laure Guilland, Gaëlle Larrieu, Pierre Le Quéau, Pierre Mercklé, Louise Protar, Jean-Michel Roux, Natacha Seigneuret, Maïté Théry et Olivier Zerbib. dont un grand nombre issus du département de sociologie de l’Université Grenoble Alpes (UGA).

La Journée des Tuiles (peinte par Alexandre Debelle en 1890), un événement historique venant nourrir le mythe grenoblois ? DR
De fait, Grenoble, « petite grande ville » au sein d’une métropole « de taille intermédiaire », pour reprendre les termes de l’étude, n’est pas sans véhiculer un certain nombre de clichés, tant à l’échelle locale que nationale.
Ville-laboratoire… ou Chicago des Alpes ? « Il s’agit de prémunir la ville des représentations véhiculées par certains acteurs […] pour la présenter sous un air favorable ou, au contraire, [de] lui accoler des clichés négatifs qu’elle ne mérite pas », expliquent les auteurs.
Mettre Grenoble en perspective
Tout commence, ou presque, par un petit exercice de modestie. « Grenoble se présente comme une ville tournée vers l’avenir, motrice de transformations technologiques, écologiques et citoyennes. Ces formules peuvent toutefois prêter à sourire », raillent gentiment les auteurs.
L’ouvrage ne vise cependant pas à déprécier l’image de la ville mais à la remettre en perspective. Ne serait-ce qu’au regard de son nombre d’habitants – environ 160 000 – qui la place très loin du “Top 10” des villes françaises… et ne lui permet pas de concurrencer sa voisine lyonnaise.
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3 réflexions sur « « Sociologie de Grenoble » : un livre-portrait au-delà des idées reçues sur cette « petite grande ville » »
« Sur le chapitre de l’insécurité, les auteurs estiment qu’elle n’est pas forcément corroborée par les statistiques ». Quelles statistiques ? Celles fournies par la mairie de Grenoble ?
Sont-ils allés à la source en examinant « les données les plus récentes du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) » ?
Parce que ceux qui l’ont fait ont conclu qu’en 2025 Grenoble est « lanterne rouge des 119 plus grandes villes françaises » en matière se sécurité !
https://www.valeursactuelles.com/clubvaleurs/societe/le-palmares-2025-des-villes-les-plus-sures-de-france
« Pourtant, en dépit de résultats encourageants depuis 2025, .… »
On adore la profondeur statistique de cette assertion.…
Toutes les précisions figurent dans l’article en lien sur ce passage…
« En 2024, on dénombrait en effet 34 tentatives d’assassinat et six homicides liés au narcotrafic. Sur les huit premiers mois de 2025, ces chiffres tombent à 11 tentatives et un seul assassinat. »