équipe de scalp © Lucie Soïka

Des salons de coif­fure gre­no­blois s’en­gagent pour popu­la­ri­ser le don de cheveux

Des salons de coif­fure gre­no­blois s’en­gagent pour popu­la­ri­ser le don de cheveux

FOCUS – Certains salons de coif­fure pro­posent main­te­nant à leurs clients de faire don de leurs che­veux. Une géné­ro­sité qui per­met à des per­sonnes malades d’avoir des per­ruques de qua­lité à moindre coût. Plusieurs enseignes de l’ag­glo­mé­ra­tion gre­no­bloise comme Scalp et Egérine sou­tiennent cette cause. Mais il est aussi pos­sible d’en­voyer soi-même ses che­veux aux associations.

C’est un geste ano­din auquel on ne pense pas for­cé­ment mais qui peut rendre un grand ser­vice aux per­sonnes ayant perdu leurs che­veux : don­ner les siens lors­qu’on les coupe. De plus en plus de pro­fes­sion­nels de la coif­fure se mobi­lisent ainsi pour déve­lop­per le don de mèches auprès d’asso­cia­tions spé­cia­li­sées qui les recueillent comme Solidhair et Fake Hair Don’t Care.

Les dons de cheveux peuvent être envoyés en tresse ou dans des petites pochettes plastiques. © Lucie Soïka

Les dons de che­veux peuvent être envoyés en tresse ou dans des petites pochettes plas­tiques. © Lucie Soïka – Place Gre’net

Quelques salons gre­no­blois pro­posent pro­gres­si­ve­ment cette démarche, notam­ment Scalp et Egérine, tous les deux situés dans l’hyper-centre. Il est ainsi pos­sible d’y faire don de ses che­veux à par­tir d’une cer­taine lon­gueur. De quoi per­mettre ensuite de créer des per­ruques des­ti­nées aux per­sonnes malades, en majo­rité atteintes de can­cer ou de pelade.

Don de che­veux : des condi­tions spé­ci­fiques à chaque association

La majo­rité des asso­cia­tions demandent au moins 25 cen­ti­mètres de lon­gueur. C’est le cas, par exemple, de Solidhair, qui récolte les dons depuis 2015. Parmi ses four­nis­seurs, figurent les salons gre­no­blois Egérine coif­fure et Les Fées mèches. Johanna, coif­feuse chez Egérine, explique la façon de faire : « Il faut mettre deux élas­tiques afin de cor­rec­te­ment tenir la mèche. Ensuite, on regarde s’il y a au moins 25 cen­ti­mètres. Le che­veux ne doit pas être abîmé, pas déco­loré, ni avoir des couches de colo­ra­tions ».

Cependant, les per­ru­quiers, de plus en plus expé­ri­men­tés, peuvent aussi tra­vailler avec des che­ve­lures plus courtes. Héloïse Arviset, gérante du salon Scalp, est ainsi heu­reuse de pou­voir tra­vailler avec l’association Fake Hair Don’t Care, qui « accepte les che­ve­lures colo­rées, déco­lo­rées et plus courtes. Les che­veux doivent seule­ment être en bon état et faire au moins 10 cen­ti­mètres ».

Héloïse de chez Scalp a un colis contenant 122 mèches de cheveux. un butin d'un an et demi. © Lucie Soïka

Héloïse de chez Scalp compte envoyer un colis conte­nant 122 mèches de che­veux. Un butin d’un an et demi. © Lucie Soïka – Place Gre’net

Héloïse a décidé de col­la­bo­rer avec Fake Hair Don’t Care pour faci­li­ter le don de che­veux puisque les contraintes sont jus­te­ment moins impor­tantes. Elle lui envoie ainsi, une fois par an, un colis de 7 kilo­grammes. Cette asso­cia­tion compte éga­le­ment deux autres par­te­naires dans l’ag­glo­mé­ra­tion : Jaïna Coiffure (à domi­cile), qui exerce à Grenoble et Seyssinet-Pariset, et Les ciseaux de Caro, à Fontaine.

Une démarche géné­reuse qu’il faut désacraliser

Dans ces dif­fé­rents salons de coif­fure, les pro­fes­sion­nels pro­posent sys­té­ma­ti­que­ment le don de che­veux. Si cer­tains clients se montrent réti­cents à l’idée de voir leurs pointes recy­clées, la plu­part d’entre eux acceptent de don­ner leurs mèches. « On pro­pose, mais on n’impose pas, pré­cise Héloïse. Parfois, ils ne sont pas prêts à ce que leurs che­veux se retrouvent sur la tête de quelqu’un, donc on le res­pecte. Mais la plu­part du temps, bien sûr qu’ils veulent don­ner leurs che­veux ! Ils sont contents de le faire et de par­ti­ci­per à ça. »

Les dona­teurs viennent « à peu près tous les deux ans », explique Johanna. Cela repré­sente « une à deux per­sonnes par semaine ». Marine a déjà donné ses lon­gueurs il y a un an et demi, en venant par hasard au salon Egérine. Sa che­ve­lure ayant repoussé de 30 cen­ti­mètres, elle a décidé de renou­ve­ler l’expérience.

Marine a laissé pousser ses cheveux pendant un an et demi. Elle a fait don de 30 centimètres à l'association Solidhair © Lucie Soïka

Marine a laissé pous­ser ses che­veux pen­dant un an et demi. Elle a fait don de 30 cen­ti­mètres à l’as­so­cia­tion Solidhair. © Lucie Soïka – Place Gre’net

« Je me dis que j’ai des che­veux plu­tôt bien, et je me suis dit que ça pou­vait être utile de faire ce don pour les per­sonnes malades », raconte Marine. « Ma tante a eu un can­cer et a dû avoir une per­ruque. J’ai vu que c’était com­pli­qué et très cher. Moi, ça ne me coûte rien d’aider et de faire plai­sir. » Même si « ça fait tou­jours un petit pin­ce­ment de cou­per autant de lon­gueur d’un coup », reconnaît-elle.

Un peu d’argent et de temps pour la bonne cause

Qu’implique cette démarche pour les pro­fes­sion­nels par­te­naires ? Ils doivent tout d’a­bord adhé­rer à l’une des asso­cia­tions spé­cia­li­sées, à hau­teur d’en­vi­ron 15 euros par an. À cela, s’ajoutent cer­tains coûts à leur charge, comme l’achat de petits sachets pour y recueillir les mèches et l’affranchissement des colis. Pour son der­nier car­ton, Héloïse a ainsi dû payer une ving­taine d’euros.

Au-delà du coût finan­cier, les salons consacrent du temps à cette démarche, notam­ment pour la pré­pa­ra­tion de la coupe et le tri des sachets. « On ne peut pas envoyer tous les che­veux. Tout est re-trié avant l’envoi », sou­ligne la gérante de Scalp. Mais Héloïse, très sen­sible à ce sujet, rela­ti­vise : « Le can­cer, par exemple, touche tout le monde. On connaît beau­coup de per­sonnes qui sont décé­dées à cause de ça. » Un peu de temps donc mais qui se jus­ti­fie à ses yeux pour redon­ner le sou­rire à des per­sonnes malades, grâce à ces nou­veaux che­veux por­tés en toute discrétion.

S’il existe des salons par­te­naires des asso­cia­tions, il est aussi pos­sible de cou­per ses che­veux chez soi et de les envoyer par voie pos­tale. Toutes les infor­ma­tions sont dis­po­nibles sur le site inter­net de Solidhair et de Fake Hair Don’t Care.

Lucie Soika

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